Mélanchon aboie, AAA, Hongrie.

Mélanchon avait besoin de faire oublier son côté "petit garçon affable", souligné par Marine Le Pen, mais que lui reproche Valérie Trierweiler (compagne de François Hollande) lorsqu'il croisa Marine Le Pen dans les couloirs du Parlement européen.

En effet, pour la gauche genre Trierweiler lorsque quelqu'un a la marque de l'infamie celle-ci le poursuit dans l'intimité, même si cette gauche est aussi totalitaire dans divers domaines, en particulier sur la liberté d'entreprendre, et les moeurs. Cette gauche est absolutiste, néo-léniniste, sous des oripeaux bcbg dont Anne Saint Clair est la quintessence (d'où ce besoin de celle-ci de revenir dans l'arène pour affermir son visage). Aussi Mélanchon avait besoin de montrer patte blanche, d'autant que sa cible et ses points de programmes tournant autour d'un Etat fort font concurrence au FN. Mélanchon en traitant Marine Le Pen de "semi-démente" a cru ainsi donner des gages au nouveau Kerensky de la gauche "molle" afin d'en être ensuite le Lénine : mais n'est-ce pas trop tard pour une nouvelle révolution bolchevik au vu des résultats, réels, qui surnagent encore en…Corée du Nord ?…

AAA, que dire de plus sinon que pour l'instant l'effet ne se fait pas sentir pour le moment comme une mauvaise nouvelle dont les répercussions soulagent même au début puisque l'attente est finie, un lâche soulagement la remplace comme l'expliquait De Gaulle dans ses Mémoires lorsqu'il relata comment l'ambassadeur italien vint expliquer dans divers salons parisiens qu'après le défilé nazi sur les Champs Elysées le plus dur était passé et qu'il suffisait d'obéir pour que tout aille bien, d'ailleurs ne fut-ce pas le cas ? Les salons parisiens ne désemplirent pas ou à peine, Picasso rencontrait Jünger dans son atelier, Sartre peaufinait l'Être et le Néant…Le séminaire de Kojève battait son plein en réunissant les grandes lumières de l'époque… Regardez aujourd'hui : les élites françaises s'enfoncent dans le déni de réalité, puisque, tel le capitaine du Costa Concordia , elles sont déjà sauves, à quai.

Hongrie : ce que l'on reproche à la nouvelle Constitution hongroise consiste -dans le rappel à l'ordre (public…) de certains médias…publics (ce qui peut se comprendre lorsque l'on voit où on en est en France sur France Inter, France Culture, la 2…) -dans ses réticences à propos de l'avortement (ce qui peut se comprendre lorsque l'on sait que sous les soviétiques cela équivalait à prendre la pilule) -dans ses mesures à la fois libérales (la flat tax) et souverainistes (la restriction de l'indépendance de la banque centrale) ; enfin ses refus civilisationnels (le refus du mariage gay) bref le fondement actuel de l'Union Européenne précisément en crise…Car le cas hongrois est en réalité symptomatique non pas d'un nationalisme strictement dit façon nazisme (hormis quelques groupes présents dans tous les pays en réalité) mais plutôt de l'aveuglement des élites postmodernistes vis-à-vis de cette crise réduite à celle des finances publiques alors que l'Europe se trouve transformée par ces élites en une zone de transit, un espace sans portes ni fenêtres, sans dedans ni dehors ; tandis que les valeurs sont abaissées à des points de vue ou des opinions souvent considérées comme réactionnaires si elles ne permettent pas l'ouverture aux nouvelles normes dites progressistes comme la disparition des frontières, des préférences nationales non seulement l'emploi mais aussi à termes la citoyenneté, la langue (pourquoi en effet imposer le français sinon par jacobinisme clament certains ?…), également la gaytidude (comme protection salutaire contre la mère castratrice cause de l'autisme?…).

Ces élites ne peuvent pas comprendre que les mouvements de fond qu'elles nomment "populistes"officiellement, nationalistes et réactionnaires généralement, sont en réalité comme le disent Zemmour et Rioufol des réactions au sens positif de fonctions immunitaires qui rejettent des déviations destructrices d'une identité non pas "essentialisée"  (rigidifiée) mais affinée par sédimentations historiques articulant dialectiquement du permanent et du nouveau : de nouvelles traditions s'affirment au fil du tri de quelques dizaines d'années néanmoins à l'encontre de traditions anciennes aux réponses cependant périmées (la place de la femme, de la relation dirigeant-dirigé) ; d'où d'ailleurs le débat, intéressant, avec les fondamentalistes (à ne pas confondre avec les intégristes) qui eux oui sont essentialistes au sens où ils pensent que face aux dérives de la modernité (que condamna Soljenitsyne malgré le courroux de BHL) seul le retour aux sources pourrait protéger alors qu'il raréfie plutôt comme on le voit ces temps-ci avec la ségrégation envers les femmes opérées également par certains orthodoxes juifs. Sauf que ce n'est pas parce que leur solution n'est pas bonne qu'il faille y réduire toute critique de la modernité ; celle-ci étant d'ailleurs accaparée paradoxalement par ceux-là mêmes qui en nient la dimension démocratique et ouverte d'où leur désir du "post" qui veut dire en réalité "absolutiste" au sens de monopoliser un seul point de vue et d'en faire une tyrannie. Voilà où nous en sommes, semble-t-il… (j'en parle dans mon livre).

21 janvier 2012

Lucien SA Oulahbib 11/4/2017

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