Lu dans la newsletter de ReSPUBLICA n°457 – Mardi 11 juillet 2006 :

Raciste, le bleu blanc rouge ?

Par Bruno Ledoux

Décidément, dans ce pays, certains ont des problèmes avec le drapeau bleu blanc rouge. Ils ne voient aujourd’hui dans ceux qui le brandissent dans les victoires de l’équipe de France que de vulgaires racistes nationalistes, qui en plus chantent un hymne guerrier, La Marseillaise. Pour eux, le verdict est terrible, ces gens là sont des lepénistes en puissance !
Peut-on leur rappeler que la composition de l’équipe de France, sa négritude, a fait réagir le leader du Front national ? Ont-ils oublié que le premier mai 2002, le drapeau bleu blanc rouge était aussi dans tous les cortèges qui voulaient montrer que la rue ne voulait pas du Front national ? Mais pour certains, et notamment l’extrême gauche, qui avait sifflé les Républicains, en 1996, quand ils manifestaient à Paris contre la venue du Pape, avec les drapeaux de la République et la Marseillaise, le bleu blanc rouge, c’est Le Pen, la Nation, c’est l’extrême droite. D’où leur incompréhension totale, vu leur méconnaissance du peuple, devant les événements contre les victoires de la France en 1998 et en 2006, et les liesses populaires qui les suivent.

Cela ne signifie pas que l’analyse de ces fêtes ne doit pas être approfondie, ni qu’il faille nier le racisme, incontestable, mais très minoritaire, qui sévit dans le football. Les cris de singe contre les joueurs de couleurs, cela existe au football, dans trop de pays d’Europe. Les insultes racistes sur les terrains de football, cela existe également, à tous les niveaux, et il faut les combattre. Mais elles ne sont pas toujours dans le sens de l’antiracisme politiquement correct, où les « Blancs » sont forcément coupables, et les gens de couleur les victimes.

Dans certains quartiers, les joueurs blancs peuvent aussi se faire insulter et traiter « d’enculés de ta race », tout comme des insultes racistes peuvent être échangées entre Africains et maghrébins, sans oublier les équipes communautaires antillaises ou portugaises qui existent dans certains villes.

Enfin, pour continuer, on ne peut passer sous silence les incidents qui, dans de nombreuses villes de France, ont émaillé les fêtes joyeuses où par milliers, les citoyens descendaient dans la rue parce qu’ils avaient envie de se retrouver. Comment ne pas comparer l’attitude des voyous à celle de ceux qui, pendant les manifestations contre le CPE, agressaient étudiants et cortèges syndicaux ?
Le message est le même : on vient vous pourrir la fête, et on considère qu’on a le droit de vous dévaliser et de vous piquer votre portable, voire de vous agresser gratuitement.

Dernière chose, ce qui fut bien pendant cette période, c’est que la majorité de la France s’est retrouvée derrière ses joueurs, et que pour la plupart, c’était d’abord des joueurs français, les meilleurs, qui évoluaient. Personne ne regardait, ni ne voulait une discrimination positive pour mettre plus de blancs, par exemple. En athlétisme, on ne pose pas de questions, dans les relais, si ce sont les Antillais qui courent le plus vite, on les aligne. Au rugby, pour d’autres raisons, les équipes sont plus blanches, on fait jouer les meilleurs.
Mais comment juger les propos d’un Besancenot, qui s’est dit supporter de l’équipe de France parce qu’elle était très colorée ? Cela signifie-t-il que si l’équipe de France n’avait été constituée que par des joueurs comme Willy Sagnol, le candidat de la LCR ne l’aurait pas supporté, ou que, tel Jean-Luc Mélenchon, il l’aurait appelée l’équipe des petits blancs ?

On ne peut non plus occulter le fait que chez certains, heureusement minoritaires, le message autour de l’équipe de France n’était pas des plus positifs. Pour ceux qui se délectent dans le racisme anti-blanc et la haine de la France, ce n’était pas le Français Zidane qui gagnait, c’était l’Algérien (bien que kabyle) Zidane qui faisait gagner la France, et c’était donc la victoire des enfants du colonisés, et elle ne pouvait appartenir au pays colonisateur (suivez mon regard du côté des Indigènes).
Enfin, dernière curiosité, les gauchistes qui gémissent contre le présence du drapeau bleu blanc rouge n’ont jamais eu un mot contre la présence massive de drapeaux algériens brandis par ceux qui veulent instrumentaliser Zizou, et qui refusent de le voir tel qu’il est : le capitaine de l’équipe de football d’un pays de 60 millions d’habitants, dont un Français sur trois a un grand-parent issu de l’immigration (dont les trois plus grands footballeurs français de tous les temps, Raymond Kopa, fils de polonais de Noeux-les-Mines, Michel Platini, fils d’italien de Marseille, et Zinedine Zidane, fils d’Algérien de Marseille).

La République et le bleu blanc rouge, c’est vraiment tout sauf du racisme.

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Régulariser les sans-papiers ?

Par Françoise Mériou

T
ravaillant comme chargée d’insertion au sein d’une association hébergeant et accompagnant de personnes en situation d’exclusion, je reçois beaucoup de « sans papiers » et je voudrais livrer quelques réflexions sur cette question :

Demander la « régularisation des sans papiers » est une revendication idéologique et compassionnelle, qui amalgame des situations très différentes.

Le « droit d’asile » a été depuis des années détourné de son objet et utilisé comme mode d’entrée sur le territoire français. L’association France Terre d’Asile avait – avant 2002 – tiré le signal d’alarme, mais la gauche au pouvoir a laissé pourrir une situation que la droite s’en empressée de régler avec les conséquences que l’on connait. Il faudrait donc revoir la question du droit d’asile, l’élargir, le dégager des relations de la France et des Etats étrangers…. et alléger les procédures. Mais il faut le préserver et non pas le galvauder comme cela a été fait pendant tant d’années, avec la complicité d’Associations soutenant les « sans-papiers ».

Il y a place en France pour une immigration économique, puisque nombre de sans-papiers travaillent, et occupent donc des postes dont notre économie a besoin.
Pourquoi ne pas reposer cette question – en la dissociant du droit d’asile – et en la réglementant (possibilité d’aller-retour entre la France et le pays d’origine « comme avant »…, contractualisation avec les pays d’origine …et en s’attaquant au patronat qui emploie au noir dans nombre de secteurs.

Les personnes ayant des titres de séjour pour raison de santé ont de plus en plus de mal à obtenir des titres de séjour (de 3 mois renouvelables)….
Parfois elles risquent l’expulsion lorsque la Préfecture estime que le malade peut se soigner dans son pays d’origine (Cf le SIDA pour des personnes Russes).
Il faut se battre pour le maintien du soin pour les personnes étrangères.

Les enfants sont parfois instrumentalisés par les adultes qui les font venir (hors de tout cadre légal) ou qui imaginent que faire un enfant en France leur permettrait une régularisation. Le discours compassionnel vis à vis des enfants scolarisés (puisque c’est d’actualité) ôte toute possibilité de responsabilisation des familles, et là aussi crée un amalgame entre toute les situations.

Enfin le discours de l’extrême gauche (et autre LDH…) dessert les « sans-papiers », car il ne permet pas de poser les vraies questions politiques et économiques.
Les « sans-papiers » ne sont considérés que comme des victimes – certaines personnes le sont – pas toutes, alors qu’elles pourraient aussi envisager leur futur autrement et refaire des projets dans leur pays d’origine. En ce sens, l’aide au retour n’est pas scandaleuse…
L’exil et l’acculturation sont sources de souffrance psychique et sociale et le regroupement familial (pour les familles avec papiers) peut être vécu comme une violence, pour les enfants et les familles qui ne savent pas comment accueillir ces enfants qu’elles ne connaissent plus.
La question de l’immigration n’est pas simple, celle de l’intégration non plus, et elles ne peuvent être résolues à coup de slogans qui occultent des problématiques multiples et complexes.

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Remarques « mal-pensantes »


Par Robert Albarèdes

Il est pour le moins étrange de voir Madame Adjani, qui s’est réfugiée en Suisse pour ne pas payer des impôts à la France, donner des leçons d’humanité et de solidarité aux citoyens français rivés à leur pays et attachés à leur nation, obligés de supporter la dette publique et les dérives d’une politique migratoire laxiste car élément de variable économique du libéralisme triomphant . . . (…)

Le texte de B. Ledoux (Respublica 456) est remarquable, il pose le problème de l’immigration dans sa vraie dimension, loin de tout affect pleurnichard qui empêche d’y voir clair. Les flux migratoires incontrôlés qui ont suivi les politiques menées par la droite comme par la gauche n’ont aucune justification économique (ni humanitaire) au regard des intérêts de l’ensemble de notre population ; ils servent tout bonnement à fournir au BTP et TP (grandes entreprises comme petits artisans) , à l’agriculture ( grands propriétaires comme petits agriculteurs) , aux services ( et le monde du spectacle n’est pas le dernier à s’en servir), une main d’œuvre souple et muette qui permet de peser sur les salaires et qui offre l’avantage de susciter des tensions inter-sociales se substituant à la pratique revendicative . . .

Cette politique de « fluidisation » de la main d’œuvre s’inscrit parfaitement dans le choix économique européen que le traité constitutionnel précisait parfaitement, ce qui rend les « humanitaristes » bien-pensants d’aujourd’hui les meilleurs soutiens d’un libéralisme qu’ils prétendent combattre .
Poser le problème de l’immigration pour le résoudre demande, d’abord , un moratoire, et, en même temps , une lutte efficace contre toutes les réseaux d’immigration « clandestine », tout en mettant en place des moyens d’intégration dans l’espace public laïque de notre pays de tous ceux qui le souhaitent et qui sont prêts à l’effort de clarification de leur situation individuelle et économique, à l’effort de l’apprentissage de notre langue, à l’effort de l’acceptation des valeurs fondamentales que notre histoire a élaborées . Pour les autres, il conviendra d’assurer leur retour dans leur espace originel qui n’est pas toujours, loin s’en faut, un espace ravagé par la guerre ou l’oppression.
D’une manière plus générale, et pour prendre un exemple, les problèmes du Mali se règlent au Mali . . . et ceux qui quittent le Mali affaiblissent, de fait, le pays qui doit trouver en lui les ressources pour se développer. Certes, la solution est géo-politique, politique et économique. . . Certes, elle ne peut intervenir qu’internationalement . . . Certes, il faut peser sur les pouvoirs des pays développés comme sur les dirigeants des pays non-développés. . . Mais dévier de cette perspective d’action revient à entériner l’état de fait existant .
Pour conclure, une suggestion, qui ne peut tout résoudre mais qui pourrait permettre des résultats positifs ponctuels et vérifier le degré d’honnêteté intellectuelle des « pleureuses humanitaristes ». . . Pourquoi tous ces artistes, tous ces sportifs, tous ces grands patrons, tous ces politiciens , tous ces journalistes (j’en passe, et des meilleurs) qui veulent nous culpabiliser en permanence, ne développeraient-ils pas des « Fondations », qu’ils abonderaient chaque mois d’une part de leurs revenus indécents à force d’être exorbitants, et qui permettraient de conduire, ici ou là, des programmes de mise en valeur de terres, de construction de réseaux d’enseignement et de formation, d’équipements publics divers. . . au Mali ou ailleurs ? Cela serait autrement plus efficace qu’une signature sur un texte sous les « sunlights » de la télévision. . . Chiche ?

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LA CHARIA NE PASSERA PAS

De la sentance du « crime d’honneur » à l’honneur de la sentance juidicaire d’une démocratie

Par Catherine Deudon

D’ordinaire dans un « crime d’honneur » on ne punit que l’exécutant du crime, alors que celui-ci est le bras armé par toute une famille et ses complices, qui ont pisté et traqué la victime comme dans une chasse à cour avec meute.

Un petit pays déjà célèbre pour ses caricatures de Mahomet (dont l’une comportait une bombe tristement d’actualité de terroriste islamiste dans son turban), le Danemark, vient d’étendre sa justice non plus au seul meurtrier directe, mais à tous ceux qui ont armé son bras. Cette justice s’est dressée contre tout un clan pakistanais, (une famille riche, considérée, et influente au Pakistan comme au Danemark) coupable de meurtre prémédité contre une jeune femme de 18 ans, Ghazala. Et de tentative de meurtre sur celui qu’elle voulait épouser contre la volonté de sa famille, Elam Khan également pakistanais.

Cette justice, une première en Europe, a été écrite le 27 juin 2006, c’est dire combien la sentence est récente, appliquée par douze jurés d’un Tribunal de Grande Instance de l’Est du pays, qui a pris ses distances par rapport aux éxécutions inter-familiales qui souvent suprème cruauté font d’un frère le tueur de sa sœur. Le frère, Akhtar Abbas a donc tué le 25 septembre sa jeune sœur. Copenhague ne veut plus tolérer ces « sociétés parallèles » qui font une justice à caractère ethnique. C’est une victoire judiciaire qui confirme la Démocratie danoise gouvernée par la Loi commune à tous. C’est aussi la victoire de tous les nouveaux danois qui ne bénéficient pas des mêmes droits et des même chances que les autres.

Ce n’était pas la première affaire de « crime d’honneur » au Danemark, mais l’impudence avec laquelle elle a été conduite (coups de feu en pleins jour et en pleine rue sur la victime) a particulièrement frappé les esprits. De très nombreux témoins ont refusé de collaborer à l’enquète de la « Mobile Task Force » réputée la meilleure équipe de police.
Le procureur est parvenu à faire condamner non seulement le frère meurtrier, mais le père, qui avait donné l’ordre, la tante qui avait piégé le couple en fuite, trois oncles, deux amis de la famille qui avaient fourni de l’aide, ainsi qu’un chauffeur de taxi qui avait participé à la poursuite.

Les éditorialistes qui d’habitude louent le multiculturalisme n’ont pas trouvé grand chose à redire.

Le verdict : perpétuité pour Ghulam Abbas le frère meurtrier, huit et seize ans pour les autres complices, pour la tante qui avait roué de coup la jeune victime, quatorze ans.

De nombreux crimes d’honneur sont camouflés en accident, de nombreuses femmes d’origine pakistanaise, se font piéger et assassiner au Pakistan, et plusieurs centaines d’enfants danois d’origine pakistanaise sont envoyés au Pakistan pour ré-éducation et empêcher qu’ils deviennent trop danois. Il faut savoir que les crimes d’honneur sur le sol danois ne concernent pas que les pakistanais, mais aussi des pays du Moyen orient et de Somalie.

Aussi certains craignent que ce verdict exemplaire ne fasse que déplacer les crimes d’honneur dans les pays ou ils font loi, et font parti des mœurs. Ces personnes avec un raisonnement fallacieux et stupide voudraient-t-elles que nous les acceptions, donc étendions à l’Europe ? Et ainsi préparer la fin des règles de nos démocraties ?

Le respect de ces règles démocratiques grâce à ce verdict danois, par contagion serviront d’exemple à toute l’Europe, mais aussi encourageront la résistance des démocrates qui partout ailleurs luttent aussi pour des libertés démocratiques qui ne sont pas notre propriété culturelle. Le croire n’est rien d’autres que du racisme : la liberté et la démocratie sont l’affaire de tous les peuples du monde, et elles ne sonnent pas la fin de la diversité des cultures, qui les adapteront pour chacune d’entre elles pour que toutes nous enrichissent aussi de ce qui les distingue sur d’autres bases que le crime et la tyrannie de traditions qui ont fait leurs temps, et briment les individus.

à partir d’un article intitulé : « Les horreurs du multiculturalisme » écrit par Lars Hedegaard et Helle Merete Brix


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Grosdidier (UMP) veut intégrer l’islam dans le concordat Alsace-Moselle


Par
www.fairelejour.org

Le député UMP François Grosdidier a annoncé avoir déposé deux propositions de loi pour promouvoir l’égalité de culte entre l’islam et les autres religions en intégrant notamment l’islam dans le concordat Alsace-Moselle, lundi dans un communiqué. La première proposition de loi « vise à modifier la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat et permettre aux collectivités locales de construire des lieux de cultes pour répondre aux besoins de leur population ». La deuxième a pour objectif d’« intégrer le culte musulman dans le droit concordataire d’Alsace et de Moselle ». « Comment la République peut-elle exiger des musulmans de France le respect des mêmes devoirs en leur refusant les mêmes droits qu’aux pratiquants des autres grandes religions ? », s’est interrogé le député.

Etant allemandes au moment de la loi de 1905, l’Alsace et la Moselle ont continué à être soumises au concordat signé en 1801 par Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII qui reconnaissait la religion catholique comme celle de la majorité des Français. Depuis, ce concordat a été étendu aux protestants et juifs qui bénéficient, comme les catholiques, d’avantages matériels comme l’enseignement obligatoire à l’école publique et le financement par les communes des lieux de culte.
Commentaire FLJ : Encore une attaque contre la laïcité et la loi de 1905 !

Au lieu de supprimer le concordat d’Alsace-Moselle qui fait de trois départements de France métropolitaine (la Guyane est le quatrième) des départements sous occupation vaticane, on cherche à développer ce système théo-politique arriéré. On commence par vouloir aider ces pauvres musulmans, puis ce sera aux pauvres témoins de Jéhovah, puis aux pauvres scientologues et aux pauvres raéliens… N’a-t-on pas mieux à faire de l’argent public que d’aider tous les illuminés de la terre à venir vendre leurs délires en Alsace-Moselle ? On se rend bien compte que quand il faut trouver de l’argent pour les religions, l’UMP sait comment faire. Il faudrait apprendre à Grosdidier que l’argent public doit servir au service public et non au financement de croyances plus crétines les unes que les autres. Une seule solution : la suppression du concordat, la libération de l’Alsace-Moselle !

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La proposition de loi visant à «promouvoir la laïcité dans la République»

du député socialiste Jean Glavany n’est pas une bonne proposition de loi !


Par communautarisme.net

Le député socialiste Jean Glavany, responsable au sein du Parti socialiste d’une bien discrète « Université Permanente de la Laïcité », a déposé le 29 juin 2006 une proposition de loi visant à « promouvoir la laïcité dans la République ». Cette proposition de loi fourre-tout propose pêle-mêle la création d’un « Observatoire national de la laïcité » (énième autorité administrative indépendante financée par le contribuable), celle d’un « Centre de la mémoire de l’immigration » (qui existe pourtant déjà – sic) et la création d’un « service civique obligatoire » (quel rapport avec la laïcité ?). L’Observatoire du communautarisme démontre ici en prenant quelques éléments de cette proposition en quoi elle lui paraît mauvaise.

Les deux premiers articles de la proposition de loi proposent de créer un « Observatoire national de la laïcité », qui serait chargé de rédiger une « charte de la laïcité ». On connaît le rôle délétère et le coût important des autorités administratives indépendantes : les politiques ne devraient-ils pas plutôt cesser de s’abriter derrière des autorités indépendantes et assumer leurs prises de positions politiques ? De plus ne s’agit-il pas précisément du rôle des parlementaires et non d’un « observatoire national de la laïcité » que de rédiger une « charte de la laïcité » ?

La création d’un « centre national de la mémoire de l’immigration » (article 6) est étonnante : quel rapport entre la « mémoire de l’immigration » et la laïcité ? Il y a une certaine ambiguïté à cette proposition, comme s’il fallait compenser l’application de la la laïcité y compris aux « immigrés » en leur donnant « en échange » un centre mémoriel. De plus, signalons à Jean Glavany qu’une « Cité nationale de l’histoire de l’immigration » sera en place au début de l’année 2007 au musée de la Porte dorée (cf : www.histoire-immigration.fr) : ignorait-il son existence ? Présidée par Jacques Toubon, elle semble pour le moment éviter le principal écueil qui est celui de l’hyper victimisation des immigrés. Au contraire, on trouve d’ores et déjà sur son site Internet des ressources pédagogiques intéressantes.

Jean Glavany pêche aussi par immodestie en suggérant d’appliquer au niveau de l’Etat les recettes initiées au PS : « Si l’on se réfère au travail réalisé publiquement par la « Commission Stasi » en 2003, cet Observatoire serait une « Commission Stasi permanente »….ou bien une transposition au niveau de l’Etat de ce que le Parti Socialiste a mis en place depuis quelques années avec son « Université Permanente de la Laïcité ». » Mise en place en 2003, l’ »université permanente de la laïcité » du PS s’est manifestée par la production de quelques notes affirmant, contre l’évidence, que le traité constitutionnel européen ne contredisait pas le principe de laïcité (1) ou encore qu’il n’était pas nécessaire de légiférer contre le port de signes religieux dans les établissements scolaires publics (2) ! Avec une telle « université permanente de la laïcité », on comprend qu’un « observatoire national de la laïcité » soit une nécessité !

Au final, cette proposition bâclée, constelée de non-sens (« l’immigration est au cœur de l’application du principe de laïcité », p.3, sic), témoigne de la confusion d’un certain nombre de responsables politiques et de la volonté de récupérer le thème de la laïcité qui peut s’avérer porteur électoralement (3).

1/Note de l’Université Permanente de la Laïcité du PS sur la laïcité et le projet de traité
2/Note sur la loi concernant le voile
3/L’Observatoire du communautarisme suggère aux rédacteurs de la présente proposition de loi de réviser les principes républicains sur son dossier dédié : Laïcité, communautarisme et principes républicains

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Message au président Jacques Chirac suite à l’inauguration d’un mémorial musulman à Verdun,

Par Stéphane Arlen


Bonjour,

Je tiens à dire que j’ai été profondément choqué par l’inauguration d’un mémorial à Verdun pour les musulmans. Bien évidemment, je le suis déjà par la présence de mémoriaux chrétiens ou juifs.
Les combattants qui sont morts à Verdun sont tous morts pour défendre la France, c’est ça qui les a rassemblés, jusque dans la mort. Les séparer au nom d’une religion n’a non seulement aucun sens, mais est clairement une atteinte à leur honneur, d’autant plus que les soldats venus de pays où l’islam domine n’étaient pas forcément croyants et que les livres prétendument sacrés contiennent de multiples appels au meurtre justifiant toutes les guerres.

www.fairelejour.org

Faycal Souteï 11/7/2006

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