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Mali:comment tuer l’espoir Touareg en l’accusant d’islamisme

Qui croire ?  La plupart des journaux s'affolent, par exemple le Télégramme qui écrit :

" À Tombouctou, conquise dimanche dernier par des Touareg indépendantistes associés à des islamistes, la victoire a changé de camp dès lundi : les islamistes d'Ansar Dine (défenseurs de l'islam) et des membres de l'Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamiste) ont chassé les Touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad. "

 

Ou le site Tamazgha qui révèle :

"  Le scénario est toujours le même : une dépêche de l’AFP qui s’appuie sur une information vague non vérifiée et qu’elle transforme en vérité, puis les médias reprennent la pseudo-information en boucle. Voilà comment est entretenue une désinformation organisée. Cette désinformation quasi-systématique qui a commencé avec le déclenchement des hostilités entre le MNLA et l’armée malienne vise à discréditer le MNLA que les commanditaires de cette désinformation veulent coûte que coûte associer aux islamistes.

Le lundi 2 avril, l’AFP et un journal arabophone mauritanien « Akhbar » diffusent l’information selon laquelle des éléments de l’Aqmi et les combattants d’Ansar Dine auraient pris Tombouctou et ont chassé le MNLA . Les faiseurs de l’information sont très précis dans leurs déclarations qu’ils attribuent à des témoins (certainement imaginaires).

Bien entendu, ce que dit l’AFP n’est pas tout à fait faux. En effet, des éléments de l’organisation criminelle d’Ansar Dine et des milices arabes de Tombouctou ont effectivement tenté de contrôler un quartier du centre ville de Tombouctou en essayant d’effrayer la population et en osant même menacer les combattants du MNLA. De là à dire qu’ils ont chassé le MNLA de la ville, au-delà du mensonge il y a le culot, car c’est réduire une organisation qui a mis à genoux l’armée d’un Etat organisé à une bande de trouillards qui se font chasser par des groupuscules criminels.

Essayons de faire un peu de pédagogie médiatique même si nous sommes loin d’avoir les compétences de la machine qu’est l’AFP.

En effet, suite à la libération de Tombouctou, des éléments du groupuscule djihadiste touareg Ansar Dine et des milices arabes ont voulu, lundi 2 avril, prendre certaines positions de la ville de Tombouctou. Les éléments d’Ansar Dine, en présence de leur chef Iyad Ghali, sont arrivés tôt le matin de ce lundi avec une cinquantaine de véhicules et ont effectué un défilé bruyant dans la ville ce qui a d’ailleurs choqué les citoyens. C’est sur place qu’une alliance entre Ansar Dine, des milices arabes et un certain Ag Erlaf, un Touareg corrompu envoyé par Bamako, s’est conclue. Ils ont formé une délégation qui a été à la rencontre de l’état-major du MNLA croyant pouvoir le rallier à leur « cause ». Le chef d’état-major du MNLA les a invités à se retirer de la ville sans délai. N’ayant pas entendu l’appel, les hommes du MNLA se sont retirés du lieu de la rencontre. Avant la tombée de la nuit, les malfaiteurs furent encerclés par les combattants du MNLA et ordre leur a été donné de déposer les armes pour éviter toute effusion de sang. Des membres du Bureau politique du MNLA se sont rendus mardi auprès des chefs des bandes de malfaiteurs pour les ramener à la raison. Au moment où nous rédigeons cette dépêche les groupes criminels sont complètement cernés par les combattants du MNLA qui sont prêts à donner l’assaut et les neutraliser dans le cas où ils ne veulent pas entendre raison, déposer les armes et quitter la ville.

La ville de Tombouctou est donc bel et bien sous le contrôle du MNLA qui est confronté à la résistance de groupuscules qui seront d’un moment à un autre neutralisés d’une manière ou d’une autre.

Le MNLA montre par son action qu’il ne saura tolérer sur la terre de l’Azawad que des groupes islamistes tentent d’imposer leur loi et leur foi sur une population qui n’aspire qu’à vivre en paix et dans la liberté.

Et voici les détails de taille de l’information qui n’intéressent vraisemblablement pas l’AFP qui préfère verser dans l’intox et la manipulation de l’information : ça simplifie les choses et ça stigmatise les Touaregs. Oui ces hommes bleus loués de toutes et tous deviennent subitement les méchants du désert car ils veulent être libres… Ils veulent récupérer leur Terre…

Enfin, un détail de taille : à la demande de la France, le Conseil de sécurité s’est réuni et la France a d’ores et déjà obtenu un "accord de principe" de ses partenaires du Conseil de sécurité sur une déclaration sur le Mali. D’ailleurs, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a déclaré que la France veut mobiliser contre le "péril islamiste" au Sahel et contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). "C’est dans cet esprit que nous avons souhaité que le Conseil de sécurité s’exprime", ajoute-t-il en précisant que "La France souhaite attirer l’attention sur le péril islamiste", et rappelle que le groupe qui a pris le contrôle de Tombouctou depuis lundi "est étroitement lié à Aqmi". Et voilà comment une information comme celle fabriquée lundi 2 avril par l’AFP et reprise en boucle par la quasi-totalité des médias a été très utile pour influencer, voir manipuler, le Conseil de Sécurité qui donnera, peut-être, le feu vert pour une intervention militaire dans l’Azawad. Bravo Monsieur Juppé !

La Rédaction

 

 

 

 

 

 

 

Rassemblement de solidarité avec l’Azawad : le 7 avril 2012 à Paris

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Je préfère croire en cette dernière version, jusqu'à preuve, effective, du contraire/

Voire également cette excellente table ronde organisée par France 24, impressionnante sur cette affaire :

Crise au Mali: un pays au bord de la sécession?

 

 

 

 

Les rebelles touareg contrôlent la moitié du Mali. La ville de Tombouctou est tombée. Quel est maintenant leur objectif? A Bamako, il n'y a plus de président élu. C'est une junte qui est au pouvoir. Les rebelles touareg vont-ils faire sécession? Que peut faire la Cedeao pour ramener la stabilité au Mali? Quels sont les risques pour la sous région?

 

 

 

 

Emission préparée par Pauline Heilmann, Marc Rognon et Maud Roubeaud.

Nos invités:

  • Moussa AGH ATTAHER, responsable des relations extérieures du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad
  • Pierre BOILLEY, directeur du CEMAF (Centre d'études du mondes africains)
  • Romain NADAL, porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères
  • Bakary MARIKO, porte-parole de la junte à Paris
  • Melissa BELL, envoyée spéciale à Bamako, Mali
  • Tatiana MOSSOT, correspondante France 24 à Dakar, Sénégal

Regardez la première partie

Regardez la deuxième partie.

 

 

 

 

 

 

 

Lucien SA Oulahbib 4/4/2012

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