La guerre, une fois encore

La guerre en cours n’est pas tant le résultat de l’évacuation par Israël du
Sud-Liban que de l’incapacité totale du gouvernement libanais de maintenir l’ordre sur son propre territoire, dont toute une fraction est aux mains d’une organisation islamiste terroriste, le Hezbollah. Le fait que la
branche politique de cette organisation fasse partie du gouvernement
contribue à expliquer cette situation et constitue une circonstance
aggravante : les naïfs ou les imbéciles qui voudraient croire encore que la
participation de terroristes à un gouvernement change leur nature de
terroristes feraient bien de revoir d’urgence leur copie s’ils ne veulent
pas apparaître trop clairement comme ce qu’ils sont en réalité, des idiots
utiles.

Le gouvernement israélien a, en tous cas, pleinement raison de placer

l’Etat libanais face à ses responsabilités et de le considérer comme complice actif ou passif du casus belli dont il a été victime.

L’agression menée par le Hezbollah n’a aucune autre justification que la

haine et le fanatisme, elle constitue un acte de guerre non conventionnel,
et montre, s’il en était encore besoin, que l’ONU ne sert strictement à rien puisque ses casques bleus sont là pour constater les crimes, pas pour les empêcher.

La guerre en cours n’est pas tant, non plus, le résultat de l’évacuation de

Gaza par Israël que d’une relative absence de fermeté israélienne vis-à-vis
du terrorisme palestinien depuis l’évacuation de Gaza. Depuis l’été 2005,
plus de mille roquettes ont été tirées de Gaza en direction d’Israël, de
nombreuses attaques ont été menées contre des citoyens israéliens, sans qu’une riposte suffisamment dissuasive ait été menée.

La victoire électorale du Hamas, la fanatisation croissante des populations, l’atmosphère de chaos et de guerre civile, l’installation d’Al-Qaïda sur le territoire de Gaza constituaient des signes avant-coureurs d’une crise qui devait éclater tôt ou tard et que le kidnapping sanglant de Gilad Shalit n’a fait que précipiter.
Là encore, le gouvernement israélien a pleinement raison de placer les

dirigeants palestiniens face à leurs responsabilités. Ou ils sont
responsables, et ils doivent assumer leurs responsabilités, ou ils sont
irresponsables et quelqu’un doit assurer la sécurité à leur place. Les
déclarations tant des dirigeants du Hamas que de ceux des autres factions, dont celle de Mahmoud Abbas, suffisent à montrer qu’on a affaire à des « responsables de l’irresponsabilité », à des manipulateurs opaques.

L‘issue de la guerre ne peut être un retour à un quelconque statu quo.

Il ne peut être le recommencement de pourparlers. Il ne peut être qu’un
changement de la situation. La population israélienne aspire légitimement à la paix et à une existence normale : or, on ne peut atteindre ces buts à
proximité de barbares actifs, armés et qui souhaitent votre destruction. Ou tout au moins on ne peut l’envisager avant d’avoir fait preuve, de manière claire, nette et tranchée, de dissuasion.

Les factions palestiniennes et le Hezbollah ne seront dissuadés que si,
selon l’expression d’Ehud Olmert, ils « paient un prix très lourd pour leurs
actions ». Il est regrettable que des populations civiles en subissent,
elles aussi, les conséquences, mais il importe de ne jamais oublier que la première population à avoir payé le prix est la population israélienne. Le Liban pourrait être paisible, Gaza pourrait être prospère si on y employait l’argent à entreprendre plutôt qu’à détruire et tuer.

Comprendre la guerre implique de bien voir, de surcroît, que derrière le

Hezbollah, le Hamas et les factions palestiniennes, il y a la Syrie, et
derrière la Syrie la république islamique d’Iran.

Tant que la Syrie pourra abriter impunément divers mouvements terroristes, déstabiliser le Liban, servir de courroie de transmission à l’Iran, aucune dissuasion ne sera efficace dans le moyen terme, aucune stabilité ne sera concevable. Tant que l’Iran pourra téléguider le Hezbollah, le Hamas, la Syrie, et travailler à se doter de l’arme nucléaire avec la bienveillance de la Chine et de la Russie, et la contribution de la Corée du Nord, aucune dissuasion ne sera envisageable, aucun équilibre ne pourra être réalisé, même fugitivement.

La guerre enclenchée a été définie très précisément par Yossi Klein Halevi comme « guerre contre l’islamisme génocidaire ». La définition me semble exacte. Israël n’est pas le seul pays concerné. Les déclarations de George W. Bush et des membres de son administration montrent qu’on comprend cela aux Etats-Unis.

Celles de Jacques Chirac, et plus encore, de Philippe Douste-Blazy ne

peuvent que conduire à s’interroger sur ce que sont les positions de la
France. Les actes de guerre et de terrorisme du Hezbollah sont, dit
Douste-Blazy, seulement des « actes irresponsables ». Les ripostes
israéliennes sont par contre, des « actes de guerre disproportionnés ». Le
Liban est qualifié de « pays ami de la France », Hezbollah inclus, Israël ne
bénéficie pas de ce qualificatif.

L‘unité et l’intégrité territoriale du Liban doivent être préservées, a poursuivi le ministre français, qui n’a rien dit sur l’intégrité territoriale d’Israël. Douste-Blazy, bien sûr, a parlé du « cycle de la violence » : ni responsable ni coupable selon la tradition diplomatique française concernant la région. Il a appelé à « revenir à la raison de part et d’autre ». Il lui reste à définir comment un terroriste, un fanatique, un totalitaire, ou quelqu’un qui est tout cela à la fois, peut « revenir à la raison ».

Ces propos se passent de tout autre commentaire. Face à l’islamisme

génocidaire, la France [le gouvernement, la diplomatie et les élites
français, E.B.] a, semble-t-il, choisi son camp.

Guy Millière 18/7/2006

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