Les familles des soldats kidnappés par le Hamas et le Hezbollah viennent demander l’aide de la France

Il y a Eyal Regev, frère de Eldad enlevé il y a deux semaines au nord d’Israël, alors qu’il était près de la frontière avec le Liban et dont on est depuis sans nouvelles. Une famille composée de 4 frères et du père, Zvi. La mère est morte d’un cancer il y a 8 ans. Eyal raconte que lorsqu’il a appris qu’il y avait eu « un incident près de la frontière, » il avait appelé son frère « sur son portable, sans avoir de réponse. » Et depuis la famille attend dans un même appartement de Kyriat Moshkin, une banlieue de Haïfa pilonnée depuis par les roquettes du Hezbollah. Sans avoir eu la moindre nouvelle, la moindre indication, sans savoir « s’il est sain et sauf. »
Eyal espère aujourd’hui que « le gouvernement français pourra obtenir un signe de vie dans un premier temps, grâce à ses contacts avec le Liban. »

Même espoir exprimé par Malka Goldwasser, mère d’Ehud, qui se trouvait en Afrique du Sud lorsqu’elle a appris la nouvelle. Dans un premier temps sa belle-fille, Karnit, n’avait pas trouvé la force de lui dire que son fils avait été enlevé. Sachant que ce jour-là Ehud devait être démobilisé, Malka avait appelé, pensant le trouver à la maison. Un fils qui travaille dans la protection de la nature, qui « rêve d’un monde meilleur, aime la photographie, la littérature, la poésie, les paysages, » qui « n’est pas un guerrier. » La guerre, d’ailleurs, Malka « n’en veut pas, » elle veut « ses trois fils à la maison, des petits-enfants, » « comme beaucoup de Libanais, » elle en est sûre. D’ailleurs, dit-elle, « il y a eu de longues périodes de paix entre le Liban et Israël. » Ajoutant que s’il y a cette situation aujourd’hui, « c’est qu’il y a eu une embuscade pour enlever ces soldats, puis ces tirs sur des villages israéliens et que s’il n’y avait pas eu ces tirs et ces missiles il n’y aurait pas eu de guerre. » Embuscade au cours de laquelle d’autres soldats ont été tués sur le territoire israélien.

Faits avérés que d’aucuns semblent perdre de vue aujourd’hui. Car ce sont bien ces actes non provoqués qui ont initié la situation actuelle. Actes «prémédités, planifiés des jours à l’avance qui ne pouvaient être improvisés, » comme le soulignait Omri Avni, père de Karnit, l’épouse d’Ehud Goldwasser, et qui parle avec émotion du « garçon merveilleux » qu’est son gendre.
En effet, « Israël n’a pas cherché la guerre, » affirmait le député UMP Claude Goasguen, de retour d’Israël, « qui préparait sa saison estivale, » présent à Haïfa lors d’un tir du Hezbollah de 12 Katushyas. Israël « qui a pour ministre de la Défense un syndicaliste, » soulignait-il.

Autre élément apporté par Eyal Regev : « ceux qui détiennent ces 3 soldats ne respectent aucune des conventions signées. » Or, il y a au sein du gouvernement libanais des membres du Hezbollah et le distinguo entre branche armée et branche politique ne saurait tenir.
David Kornbluth, ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, et qui a fait partie des équipes qui ont négocié avec Syrie, Egypte, Jordanie et Palestiniens, a reçu ces familles avec son épouse. Il soulignait, pour sa part, que à la différence de ces 3 soldats à ce jour, « les prisonniers faits par des pays arabes ont toujours reçu la visite de la Croix Rouge. »

Quant aux ravisseurs, ils « sont responsables de leur vie puisqu’ils ont été pris vivant, » ajoutait Malka Goldwasser. Qui représente aussi la famille de Gilad Schalit, enlevé, lui, il y a un mois par le Hamas, en territoire israélien près de la Bande de Gaza. L’un des frères d’Ehud, âgé de 23 ans, voyageait en Inde, comme le font beaucoup de jeunes Israéliens après leur service militaire. Il réalisait là l’un de ses rêves. Et, soudain, « tout s’est écroulé » lorsqu’il a appris la nouvelle de l’enlèvement. Et est rentré aussitôt en Israël.

C‘est en allant rendre visite à ces familles qu’un ancien député israélien, Mordechaï El Grabli, aujourd’hui homme d’affaires, a eu l’idée de demander l’aide de la France. Idée partagée avec Ouzi Dayan, ancien général et Chef du Conseil de Sécurité Nationale israélien, qui a dirigé les diverses négociations avec les pays voisins d’Israël et la Syrie et travaillé avec David Kornbluth sur ces dossiers. Une idée qu’il adoptait aussitôt. Car, dit-il, « la France est le pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. » Valeurs qu’il veut voir appliquer à ces soldats aujourd’hui. Liberté, car si ces familles demandent un signe de vie de ces soldats dans un premier temps, dans un second elles espèrent leur libération. Car, « ce sont aussi des victimes. » Egalité car Ouzi Dayan réclame que « ces prisonniers soient traités de la même manière que sont traités les prisonniers faits par Israël. » Et fraternité, car, dit-il, « les hommes politiques doivent se souvenir qu’au-delà de la politique il sont, eux aussi, des êtres humains. »

Cet ancien Général rappelle que « Israël, qui a quitté le Liban et la Bande de Gaza et voulait évacuer des parties de la Judée et de la Samarie continue pourtant à être attaqué par le Hamas et le Hezbollah qui sont les deux côtés d’une même pièce. » Il souligne également que « le Hezbollah est particulièrement fort, a une capacité stratégique comme des missiles avec une portée de 100 ou 200 kms ou des missiles terre mer que possèdent bien peu de pays et s’emploie à faire dérailler tout progrès, menant une guerre pour le compte de l’Iran. Mais ne pourra pas détruire Israël qui est plus fort. »
Sur la présence iranienne au Liban, avérée avant ce conflit et à ses débuts, tout au moins, il précise que ce sont des membres des Gardiens de la Révolution iranienne qui servent drones et missiles longue portée.

Il ajoute que « tout pays a le devoir d’assurer la sécurité de sa population et qu’aujourd’hui la moitié d’Israël subit des tirs de roquettes. » Il faut, dit-il, « repousser le Hezbollah loin de la frontière entre le Liban et Israël, attaquer ses infrastructures et aider le Liban a exercer sa souveraineté sur la totalité de son territoire, appliquant la Résolution 1559 des Nations unies. » Notant, par ailleurs, qu’il « pourrait facilement y avoir la paix entre le Liban et Israël, à l’instar de la paix entre Israël, l’Egypte et la Jordanie, qui fonctionne très bien. »
Ouzi Dayan prévoit un conflit « qui prendra du temps » et avertit que le Hezbollah qui va « chercher à agrandir son champ d’action en Israël, cherchera aussi à attaquer des cibles juives et israéliennes en Europe. »

Ces familles de soldats kidnappés par les proxy de l’Iran et de la Syrie ont été reçues à l’Elysée par l’ancien ministre Nicole Guedj, aujourd’hui chargée de mission auprès du Président de la République et à la demande de celui-ci. Elles devaient également rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, des députés et personnalités appartenant à diverses partis politiques.
C’est Roger Pinto, Président du mouvement SIONA – qui milite pour la communauté juive et pour l’Etat d’Israël au-delà de tout clivage politique-, entouré de toute son équipe, qui n’a pas hésité un seul instant à rendre possible la venue de ces familles. Une démarche qu’il qualifie de « strictement humanitaire. »

Notons enfin que l’Elysée s’est fendu d’un communiqué. Plutôt positif en l’occurence…

Hélène Keller-Lind 27/7/2006

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