A propos de la frappe à Cana et de la résolution 1559

Cependant la responsabilité de ces morts n’incombe en rien à l’Etat hébreu gravement agressé et dont la population au nord du pays est soumise à des tirs incessants d’une centaine de missiles au quotidien. Mais on trouve rarement de compte-rendus des conditions dans lesquelles près d’un million d’Israéliens subsistent ou du fait qu’un hôpital israélien, entre autres, ait été bombardé, par exemple, ou qu’une partie de la ville de Naharya ait été détruite, les populations civiles étant délibérément prises pour cibles par le Hezbollah. Et s’il y a eu moins de morts côté israélien, ce que d’aucuns soulignent avec des sous-entendus scandaleux, c’est que depuis des décennies ces populations du nord d’Israël sont soumises à des tirs venant du Liban et toute une série d’abris et de systèmes d’alerte ont été construits au fil des ans.

De plus, une grande partie des habitants d’une région sur laquelle plus de 4000 missiles ont été tirés à ce jour, depuis l’enlèvement de soldats sur le territoire israélien tandis que d’autres étaient tués et que des missiles étaient tirés sur le nord d’Israël pour faire diversion, ont fui vers le centre et le sud du pays.

Israël agressé a répliqué. Tout autre pays en aurait fait de même. Mais, fait unique, par le biais de milliers de notes lâchées sur les régions concernées, par des appels à la radio, par mille autres moyens, l’armée israélienne enjoint sans cesse les populations civiles libanaises à quitter les régions où s’est implanté le Hezbollah depuis le retrait israélien.
Hezbollah qui a construit aussi, mais pas des abris, car il sait très bien qu’Israël n’aurait pas attaqué s’il n’avait été gravement agressé. Mais ce que le mouvement terroriste a construit, ce sont des tunnels militaires, avec entrepôts d’armes venues de Syrie et d’Iran, véritable arsenal de guerre totalement dévoilé aujourd’hui, postes de commandements, de communications, etc. faisant de la région un gigantesque camp militaire dont le seul but était, à terme, de détruire Israël. Le chef de ce mouvement se vantant urbi et orbi se sa puissance militaire et affichant sa haine d’Israël. Suffit de voir les programmes de sa télévision, Al Manar, dont la diffusion a été autorisée un temps en France…

Implantation méthodique d’un Hezbollahland surarmé sous les yeux d’une FINUL installée par les Nations Unies pour observer la situation et en rendre compte.

Or, les termes de la résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies du 2 septembre 2004 sont d’une clarté absolue : le Gouvernement libanais devait prendre le contrôle plein et entier de tout son territoire, les milices devaient être désarmées. Le tout sous le contrôle du Conseil de Sécurité des Nations unies et de son Président.
-(Voir le texte de la résolution plus bas)-.

Et cela fait plus de 22 mois que le Conseil de Sécurité et son Président avaient été mandatés pour agir dans l’urgence. Mais n’en a rien fait laissant le Hezbollah mettre sur pied une armée redoutable bien protégée alors qu’Israël s’était retiré en totalité du territoire libanais, la petite zone inhabitée dite des Fermes de Sheba – vestiges de trois ou quatre fermes utilisées autrefois pour la transhumance- étant un territoire syrien. Retrait israélien reconnu par l’ONU.
Ce sont donc le Liban, le Conseil de Sécurité et son Président, ainsi que les puissances étrangères qui isntrumentalisent le Hezbollah qui sont totalement responsables, à la fois moralement et dans les faits, de la situation actuelle dans son entier et responsables des morts civils et des destructions des deux côtés.
Et il leur appartient de prendre et d’exercer leurs responsabilités et de cesser de blâmer la victime qu’est Israël.


Resolution 1559 (2004)

United Nations S/RES/1559 (2004)
Conseil de Sécurité
2 septembre 2004
04-49892 (E)
*0449892*

Adoptée par le Conseil de Sécurité lors de sa 5028ème réunion, le
2 septembre 2004
Le Conseil de Sécurité,

Rappelant toutes ses résolutions précédentes sur le Liban, en particulier les résolutions 425
(1978) et 426 (1978) du 19 mars 1978, la résolution 520 (1982) du 17 septembre
1982, et la résolution 1553 (2004) du 29 juillet 2004 ainsi que les déclarations de son
Président quant à la situation au Liban, en particulier la déclaration du 18 juin 2000
(S/PRST/2000/21),

Réaffirmant son profond soutien pour l’intégrité, la souveraineté et
l’indépendance du Liban dans ses frontières reconnues par la communauté internationale,

Notant que le Liban est déterminé à assurer le retrait du Liban de toutes les forces
qui ne sont pas libanaises,

Très préoccupé par le maintien de la présence de milices armées au Liban,
qui empêchent le Gouvernement libanais d’exercer sa souveraineté pleine et entière
sur la totalité du territoire libanais,

Réaffirmant l’importance de voir le contrôle du Gouvernement du Liban étendu
à la totalité du territoire libanais,

Attentif aux élections présidentielles qui doivent avoir lieu et soulignant l’importance délections libres et justes dans le respect des règles constitutionnelles libanaises organisées sans interférence ni influence étrangères,

1. Réaffirme son appel pour le strict respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de l’indépendance politique du Liban sous l’autorité exclusive du Gouvernement du Liban dans le Liban tout entier;
2. Demande à toutes les forces étrangères qui restent au Liban de s’en retirer;
3. Demande que soient désarmées toutes les milices libanaises et non libanaises;
4. Soutient la nécessité d’étendre la souveraineté du Gouvernement du Liban à la totalité du territoire libanais.
2
S/RES/1559 (2004)
5. Declare qu’il soutient un processus libre et juste dans les élections libanaises à venir conduites selon les règles constitutionnelles libanaises établies sans interférence ni influence étrangères;
6. Appelle toutes les parties concernées à coopérer à fond et d’urgence avec le Conseil de Sécurité pour que cela soit totalement appliqué et que soient appliquées toutes les résolutions pertinentes concernant la restauration de l’intégrité territoriale, de la souveraineté pleine et entière et de l’indépendance politique du Liban.
7. Demande que le Secrétaire Général fasse un rapport sous trente jours sur l’application de cette résolution par les parties et décide de rester activement saisi de cette question.


Hélène Keller-Lind 30/7/2006

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