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Genre et climat : mutation et moyenne

De même qu'il existe désormais un climat "moyen" (ce que conteste Marcel Leroux) d'autant que localement les températures baissent en tendance depuis une dizaine d'années (avec quelques pointes de chaleur en été), de même il existe dorénavant un sexe "moyen": dénommé "le" genre, une sorte de masque, de loup (pour fête façon Sade), jusqu'au corps que l'on peut ajuster selon l'identité désirée à la façon d'un smoking loué pour l'occasion (qui fait le larron ou la "larronne")  ; idem pour l'enfant que le génie génétique pourrait d'ici quelques années fournir en options le tout payable dix fois sans frais.

Ce n'est pas tout :  l'implosion généralisée de toute originalité (sexuelle comprise) dans une soupe primordiale indigeste fait qu'à l'ère supposée du "développement durable" les identités et les relations exclusives sont paradoxalement montrées du doigt : une mariée devient une non divorcée, un hétéro un homo refoulé (car nous sommes tous "bi" martèle Almodovar dans son dernier film fait sur le tard) ; mais un polygame dans ce cas ? Un progressiste assurément puisqu'il passe de 1 à plusieurs, ce qui en fait avalise une réalité non officielle bien perçue dans le dernier film de Jaoui et Bacri : la polygamie officieuse se prénomme "vie privée" et l'amoureuse exclusive a tôt fait d'être recadrée puisque l'auberge espagnole est devenue le seul cadre autorisé. Étatisme spoliateur en économie, anarchie ploutocratique dans les moeurs, voilà pourquoi votre fille est muette dans l'Oise avec un FN qui frôle l'exploit au second tour de législatives partielles.

La nouvelle uniformité exige donc que l'on se plie aux vérités de l'heure ; sauf que ce côté obligatoire dérange de plus en plus, on l'a bien vu dimanche 24 mars avec cette foule immense rassemblée à Paris et qui refuse le fait accompli du suicide collectif même assisté par feu État Providence. Les commentateurs s'empressent de souligner les "fauteurs de troubles" et le tour est joué. Pas de compassion : un RER D est pris d'assaut sans ce que cela suscite une réaction similaire. Ou la banalisation du mal. Aussi quelques gaz lacrymogènes viennent rappeler qu'il a été décidé en haut lieu de changer de peuple puisque celui-ci ne se tient pas bien.

N'avez-vous pas ce sentiment d'irréalité de plus en plus poignant ? Il paraît qu'en 40, lors de la défaite, c'était ainsi : cela s'appelait le "lâche soulagement " ou comment retirer son épingle du jeu en allant, soliloque, dans les claques à la mode, s'alimenter de simulacres, jouer à se faire mâle. Pendant ce temps la France brûle…mais les sociologues officiels, tels les médecins de Molière, jureront qu'il n'en est rien; ils aimeraient bien d'ailleurs que plus rien, sauf leur vie, ne soit "privé"; alors qu'il serait préférable, au point où en sont l'Université, l'enseignement, la recherche, les médias publics, faire basculer tous ceux-ci au contraire dans le domaine civil au sens de société civile, de liberté, puisqu'il n'est pas possible de désigner le caractère nuisible de tel ou telle, autant vaut mieux-t-il laisser faire la concurrence ; sauf que la ploutocratie totalitaire au pouvoir a horreur de cette dernière, aussi préfère-t-elle la peindre des couleurs de l'enfer pour mieux terroriser le peuple placé ainsi sous sa serre profondément enfoncée dans sa gorge ; et le peuple en redemande : servitude volontaire. En attendant Godot.

Lucien SA Oulahbib 25/3/2013

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