Lorsque la Halde outrepasse le Droit

Plus encore, pourquoi ne pas exiger que ces étrangers régularisés puissent voter, non seulement aux municipales mais aux législatives et à la présidentielle afin de ne pas être "discriminés" ? La sortie récente de Françoise de Panafieu, et les confidences de Sarkozy spécifiant qu'il est "minoritaire" dans son camp sur cette question (du vote aux seules municipales il est vrai…du moins pour le moment), ne sont pas innocentes.

Elles dévoilent d'une totale mécompréhension de ce qui a fait la France, de ce qu'est la France, au-delà de son jacobinisme à dépasser en effet. Car de quoi il s'agit ? De faire en sorte que l'on sente en France chez soi mais en partageant ses valeurs et son Histoire, ou que l'on transforme la France comme si l'on était chez soi, y important non pas ses racines mais sa façon de voir et surtout en l'imposant ?

En éliminant peu à peu tout ce qui différencie un étranger d'un citoyen on prétend éviter l'erreur grecque ou romaine séparant les deux groupes alors qu'en réalité on l'accentue : les étrangers se diront en effet qu'au fond le fait de demander leur naturalisation ne sert à rien puisque tout est donné.

Donc l'intégration à la française et tout ce qui est le fondement même de la France que la République a par la suite maintenu, s'évapore en fumée au profit d'une conception abstraite, idéaliste, idéologique, de 'l'homme", de l'humanité, ectoplasme éthéré qui n'a plus aucune forme. Et que même l'étranger ne veut pas. Dans ces conditions en effet il préférera préserver son identité ethno-culturelle de départ, plutôt que de la fondre dans ce rien qu'est devenue la citoyenneté française.

C'est très grave. gravissime même. Et non seulement la Halde devrait être poursuivie en justice, mais également le gouvernement actuel qui vient d'enteriner cette demande dite "anti-discrimination" alors qu'elle va accentuer cette dernière et mettre en danger la notion même de citoyenneté.

Il est de plus en plus clair que le gouvernement actuel devient de plus en plus électoraliste, qu'il séduit certes par son verbe et quelques détails, mais ne va pas au fond. Celui de l'avenir de l'identité française, à faire évoluer certes, non à dissoudre !

Les élites actuelles ont en fin de compte pris au mot la formule d'Ubu : puisque le peuple ne veut pas, eh bien il faut dissoudre le peuple ! Voilà ce que, au sens littéral du terme, et sous nos yeux, font nos dirigeants "que-le-monde-entier-nous-envie".

28 octobre 2006

Lucien SA Oulahbib 29/4/2019

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