Société française:diagnostic Le Monde/Le Point

En guise de "riche", ne voila-t-il pas en effet qu'un propriétaire de "pavillon" se confie. Qui est-il ? Un "ouvrier retraité du bâtiment" écrit l'expert es-sociologie-de-terrain du Monde. Ah ?… Un "riche", donc, cela va, à l'évidence, sans dire… Et que clame ce Crésus "issu d'une famille qui a toujours penché à gauche" et qui (frappé sans doute du fameux syndrome, le sentiment d'insécurité…) "se balade aujourd'hui avec un couteau corse dans la poche, une matraque américaine dans sa voiture et il garde un pistolet d'alarme chez lui", que dit-il ce " "Français", comme disent les jeunes " (note notre expert en "ségrégation")?

Ceci : " Comme beaucoup de ses camarades, de gauche comme de droite, il n'exclut pas de voter Le Pen pour protester contre une société " à la dérive"".

Commentaire du journaliste ? None. Rien. Ou alors il faut remonter plus haut dans son texte où, après avoir donc parlé de "ségrégation", il souligne en italique les propos de cet ouvrier en bâtiment tout en faisant mine de dresser un décor (je commenterai entre parenthèses et en italique) :

"Deux univers qui s'ignorent -sauf au moment de faire les courses chez Carrefour-, mais dont la coexistence paraît de plus en plus difficile- (pourquoi ?…En quoi cet ouvrier retraité du bâtiment en serait-il responsable ? Ne serait-ce pas parce qu'il apparaît "Français" donc incarne l'autre, honni, et donc bien entendu responsable, lui, de tout ce qui arrive ? Un peu comme un chauffeur de bus…). Sentiment d'injustice des 3 000 vis-à-vis du Sud (voilà la réponse…), mais aussi colère des "pavillons" à l'encontre du Nord ( "colère", pas d'injustice là…). Un autre "ancien" Max B., 69 ans, arrête sa partie de pétanque, au centre-ville, pour évoquer les 3 000 -là encore de manière anonyme. Il secoue la tête, lève les bras au ciel, lorsqu'il pense à ces jeunes " sans respect " qui peuplent les quartiers nord. Lui, habite depuis cinquante ans à Aulnay et fait partie de ces "petits Blancs" (cette mise en guillemets n'est pas en italique, donc c'est le propos de notre expert, il y ajoute un bémol avec les guillemets, qui n'en est pas un en réalité puisqu'il ne les justifie pas…) qui ont vu la ville se "dégrader" avec le temps. Ouvrier retraité du bâtiment….(…)".

Vous connaissez la suite (voir plus haut). C'est tout en guise d'analyse, l'article se finissant par un commentaire sur la rénovation actuelle du lieu -et ses lenteurs- (ceci expliquant-presque-cela…), tout en finissant sur un résumé de l'angle d'attaque avec un final positif en guise de cerise sur le gâteau digne de l'art réaliste socialiste (nous sommes en période de FIAC…et l'art dit contemporain, qui en est le prolongement, pratique, se répand partout…de peur que l'on ne rate ses chefs d''oeuvre) :

" " Des gamins, il y en a 500 qui poussent tous les ans" rigole un ancien "petit", devenu adulte, donc plus sage. A leur tour, ils prendront le pouvoir de la rue. A leur tour, ils découvriront l'ampleur des ségrégations et la dureté des rapports avec la police. " Ils brûleront aussi des voitures pour faire parler d'eux", anticipent leurs grands frères. Tout n'est pas perdu pour autant. Sur le parking, un jeune homme au crâne rasé passe en silence entre les voitures. " Regardez, c'était l'ancien caïd de la cité. Il est tombé amoureux, et maintenant il est calme".

Fin de l'article. Happy end. Un texte (pseudo) hollywoodien comme celui-ci aurait pu être écrit l'année dernière, il y a vingt ans, sans que l'explication "sociologique" ne change d'un iota. Peut-être que le mot à la mode aurait été "exclusion" et non "ségrégation", il est vrai. Pendant ce temps la situation s'est aggravée…

C'est du moins ce que l'on peut lire dans l'article du journal Le Point (26 octobre, page 48) : " Bobigny, capitale de la France malade" . A vrai dire, il faudrait en retranscrire la totalité tant le contenu détonne avec le politiquement correct de l'article du Monde (ci-dessus). On y apprend…ce que l'on sait déjà, mais au moins on le lit, en substance, en condensé, en synthèse ultime relatant donc les tribunaux débordés, les juges partisans de l'idéologie sociologisante dont (le Monde s'est fait, doctement, le héraut), le théâtre des audiences où les prévenus se lancent sur le public tel des chanteurs de hard rock adeptes de hardcore (page 56), voire, urinent dans les escaliers du Tribunal de Bobigny (page 50) laissé à l'abandon :

" Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il n'y a pas de WC publics. Tous ont été fermés à la suite des dégradations. Un seul fonctionne encore dans le tribunal des mineurs, mais il est dépourvu de papier hygiénique. Côté ascenseurs, ce n'est guère mieux. Comme dans les cités HLM, ceux-ci tombent sans cesse en panne. Récemment, un technicien est mort électrocuté en pleine réparation. C'est l'ex-juge antiterroriste de Paris Roger Le Loire qui a instruit le dossier."

Bizarre non ? Qu'un juge spécialisé dans l'antiterrorisme soit chargé de cet "accident" ?…

Le journaliste fait en tout cas bien son boulot, on en apprend de belles, sauf qu'il ne fait pas de lien, même pas en hypothèse, entre certains crimes effectués par des jeunes issus de l’immigration nord africaine et divers propos d'imams musulmans considérant par exemple qu'il est licite d'agresser des femmes non voilées, (par exemple la plus haute autorité musulmane en Australie, le Cheikh Taj Aldin al-Hilali, et/ou de tuer des homosexuels (par exemple l'imam en chef de Manchester, Arshad Misbahi), ce qui ne peut pas ne pas frapper certains esprits, surtout s'ils ont eux-mêmes été victimes de sévices sexuels et/ou s'effraient d'être sous la pression contraditoire du déni, supposé "viril", de la différence homosexuelle, et sous la pression de sa surmédiatisation idéologisée qui la réduit à un choix de vie ou à une révolte effaçant son orientation originaire qu'un jour l'on ne peut plus contraindre.

Certains surfent sur cette complexité et, plutôt que de comprendre, tranchent dans le vif, aidés en cela par certains discours se réclamant de l'islam. L'article, lui, donne le fait, brut, (page 50) :

" Depuis lundi trois jeunes prévenus comparaissent devant la cour d'assises pour viols en réunion sur une jeune femme et sur un homme homosexuel avec actes de barbarie et tortures. Ils risquent la perpétuité. " Comment s'appelait votre précédente victime ?" interroge la présidente de la cour d'assises, Odile Mondineu-Hederer, devenue célèbre pour avoir mené les débats lors du procès en appel d'Outreau. " Je ne me rappelle plus, j'ai tourné la page "; bredouille Hasid, 24 ans, déjà condamné à onze ans d'emprisonnement pour le viol de celle dont il a oublié le prénom. Petit rappel, donc : " C'était Céline, elle était mineure". Quinze jours plus tard, Hasid a remis ça dans un hôtel de Saint-Ouen. Avec ses deux coprévenus, Ayméric, 24 ans, et Mourad, 28 ans, ils se sont surtout attaqués (je souligne) à un jeune homosexuel de passage. Sept heures de coups et de viols répétés. La victime a eu les parties génitales et les fesses aspergées de produit toxique. Et a été sodomisée avec le flacon. Pour finir, ses agresseurs lui ont tagué dans le dos les noms de leurs cités, (…), avant de lui enfoncer une dernière fois le feutre dans l'anus. Aucune explication. Les agresseurs ont un casier à rallonge mais ni le travail ni diplômes. L'un d'eux écrit en phonétique comme un gamin de 5 ans. Il a lui-même été violé à 13 ans par son père. (…).

20h45. La cour d'assises rend son verdict. Douze ans de prison pour Hasid et Mourad, sept pour Ayméric. Très en deçà des réquisitions du parquet. Seul le viol sur la victime homosexuelle a été retenu, et encore sans la qualification aggravante d'actes de torture. "Une décision scandaleuse, fustige un magistrat du parquet. Pour Hasid, la peine va se confondre. Il a déjà purgé trois années. Avec les réductions de peine, il est dehors avant 2010". La défense relativise le supposé "laxisme" du siège. " Le tribunal a appliqué la jurisprudence. Celle-ci ne retient la torture que dans les cas de souffrance physque aiguë : électricité, brûlures, entailles au couteau…" explique Benoît Dietsch, l'avocat de Hasid, auteur d'une plaidoirie remarquée. (…)" (page 52).

Le pompon d'un tel irréel doit être donc définitivement donné à ce propos entortillé découpant ainsi l'acte de torture…alors que l'on ne prend pas de gants lorsqu'il s'agit de dénoncer dans les prisons militaires américaines des privations de sommeil, la trop forte puissance de projecteurs braqués sur des prévenus en passe de tuer des dizaines à des centaines voire des milliers de civils…en attendant pis…sans oublier, évidemment, la dénonciation des humiliations (sans sévices avérés) photographiés dans la prison d'Abou Greib… Qu'il ne s'agit pas d'excuser, mais observons néanmoins que le crime relaté plus haut, surtout lorsqu'il est justifié indirectement par certaines autorités islamiques, n'est pas un fait divers ou le débordement stupide de soldats en mal de célébrité perverse, là, il ne s'agit pas de faits divers, (comme l'avait noté ici Elisabeth Richard à propos des meurtres dits "d'honneur", c'est aussi ce on l'avait pu remarqué cet hiver à propos de Sherazade aspergée d'essence par un pakistanais éconduit), là, il s'agit d'un crime sacrificiel.

Comme pour Ilan Halimi, sacrifié sur l'autel de la mise en scène médiatico-politique mettant constamment en accusation Israël et par extension tout juif comme ferment du malheur vécu là-bas en Palestine et auquel se réfère également les responsables de tels "faits divers"…

Ainsi, s'il y a désaffiliation affective et "citoyenne" de certains, la nature ayant horreur du vide il s'avère que la réaffiliation s'effectue, aussi et parfois surtout par les discours islamiques et antisionistes les plus durs, ceux désignant, directement, les supposés "coupables", femme sans voile, homosexuel, juif, cette ambiance, cette pression, ne peut pas ne pas être écarté d'un revers de main, même par la Justice.

Plus généralement, le refus d'intégrer ce type de variable à l'analyse multifactorielle des émeutes en France, sans oublier cette autre variable consistant à refuser, en soi, tout ce qui, dans la culture "française" serait incompatible avec les principes islamiques et/ou culturelles du pays d'origine, un tel déni dans l'analyse ne peut qu'accélérer l'erreur d'appréhension et, partant, écarter les outils qui permettraient de l'ajuster et les mesures qui pourraient désamorcer la bombe. Mais le temps presse et la mèche se fait de plus en plus courte: six mois.

27 octobre 2006

Lionel Castériou 21/11/2016

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