Le système néo-fasciste français ou le « fake system »

On comprend soudain bien mieux dans ce cadre d'analyse adéquat pourquoi François Hollande avait annoncé qu'il "n'aimait pas les riches", on avait pris ça pour une diatribe socialisante un brin démagogue et électoraliste alors qu'il s'agissait d'un cri de coeur aristocratique bien français au sens de mépriser  les gens manipulant de l'argent (l'antisémitisme est aussi né à gauche). Car ce qui compte en France c'est le prestige du Pouvoir (et de l'Église, remplacée ensuite par les Figures de L'Artiste et de L'intellectuel). L'argent n'est qu'un pis aller, de la petite monnaie pour continuer à parader dans les salons grandiloquents de la République et ses dorures Second Empire, regardez Dominique de Villepin réclamer ces temps-ci sa "cagnotte" de 100.000 euros au Quai.

Cette "aristocratie" n'en est cependant pas une au sens grec de regrouper les meilleurs (aristos) l'ayant prouvé sur le terrain ; la "nôtre" est plutôt composée de "seigneurs" auto-proclamés qui tirent leur légitimité du fait que les armées de Patton et de Monty, fonçant sur Berlin pour empêcher les soviétiques de s'emparer de toute l'Allemagne, avaient laissé De Gaulle et sa petite armée de campagne libérer Paris puis organiser le pouvoir avec les communistes avant de se faire virer par eux et leurs alliés. Auréolés de cette fausse victoire, ces futurs dirigeants créèrent ce fameux programme du Conseil National de la Résistance qui devint la base sociale de l'État total à la française, c'est-à-dire précisément le néo-fascisme donnant tout le pouvoir au corporatisme, celui des syndicats, avec leur prise en otages de toute la population ou l'obligation de la répartition qui loin de permettre la solidarité en mine les fondements.

Les partis totalitaires ont toujours veillé à soigner cet aspect social en distribuant même gratuitement les subsides nécessaires pour avoir en main une clientèle à leurs bottes. il suffit, pour le néo-fascisme, d'être un peu plus subtil et de maquiller le tout avec de l'humanisme racé et de la vapeur propagandiste colorée s'auréolant de spasmes romantiques ciselés méticuleusement par et dans les mots de solidarité, cohésion, égalité…

L'aspect ouvertement totalitaire de l'étatisme français aujourd'hui arrivé à stance dans ce qu'il faut bien appeler désormais le néofascisme ne transparait que maintenant dans son amplitude ; sans doute parce que ses racines économiques mercantilistes étant en crise, le vernis démocratique se craquèle de plus en plus (écoutes, pressions genre Montebourg) ; et ce d'autant plus qu'il n'avait jamais été vraiment apprécié par les franges issus du léninisme et surtout du maoïsme aujourd'hui dominant dans les rouages de son pouvoir idéologique et culturel depuis 1968 ; restent alors l'appareil de propagande pédagogique avec sa volonté d'améliorer la population via le transgenre et le nihilisme libidinal chic, tandis que l'appareil administratif, quoique mis à mal, permet encore la distribution des prébendes aux clientèles diverses ; dont les copains et coquins ; et malgré le fait (et sans doute parce) le bateau ivre s'enfonce désormais maintenant par la queue, directement (la Commission de Bruxelles l'ayant mis sous surveillance) ; nos "seigneurs" tentent alors de sauver leurs meubles de tout en haut, dans un sauve qui peut généralisé et après moi le déluge (la plupart de leurs dirigeants sont déjà à la retraite depuis leur 55 ans et tournent autour des 14.000 euros mensuels, payés par la Dette).

Ce qui reste de l'appareil répressif veille encore au grain (mais la misère, qui résulte d'une politique économique et fiscale obsolète, s'étend) du moins tant qu'il reste assuré de toucher sa part  ; ce qui va être de moins en moins le cas si les capacités de s'endetter se retournent, comme les experts le prévoient, surtout si la FED resserre les écrous.

Ainsi, le système néo-fasciste français, qui se dévoile peu à peu au grand jour avec ses affaires qui en deviennent le fumet, tout en le niant bien sûr (principe de base : nier que l'on nie) a réussi le tour de force de fonctionner en parfait Canada Dry pendant des lustres : le goût, l'allure, la face même de la démocratie. Sauf que tout cela n'était qu'illusion, simulacre disait Jean Baudrillard, puisque même les systèmes totalitaires savent fonctionner avec le multipartisme. Qu'est-ce en effet le fascisme "classique" (il faut bien rassurer nos Dupont et Dupond Duhamel A et Duhamel O) ? Le parti unique, le mythe du passé, l'idée de supériorité ; qu'est-ce que le néo-fascisme français ? Le parti multi-unique (le PS et l'UMP se réclamant du CNR, de la "protection" sociale qui est un nom de code pour camisole ouatée), le mythe du passé de 1789 pour les uns, 1793 pour les autres, la monarchie absolue pour d'autres encore (alors qu'elle a failli contre l'Angleterre), enfin l'idée de supériorité supposée qui n'existe désormais qu'à l'état de réalité virtuelle exposée dans les musées branchés en installation "in" et "on".

Même dans le fascisme, voire l'État totalitaire, comme il a été dit, l'on peut vaquer à ses occupations à partir du moment ou le Code est appris et formulé quand il le faut et comme il convient. Orwell l'avait bien démasqué : il suffit de réciter les expressions clés lutter contre les inégalités (alors que le système en fabrique de plus en plus); lutter pour la justice (alors qu'elle n'a jamais été aussi manipulée), s'ouvrir au monde (puisqu'il n'y a plus de dedans pourquoi y aurait-il un dehors ?) ; construire un nouvel être multi-genre cyber-compatible. Et, le nec le plus ultra, sera de dénoncer au fin fond de l'Amazonie, en Afrique, ailleurs, un "ethnocide" qu'aurait effectué la civilisation occidentale en imposant sa culture, alors que le même ethnocide s'effectue, à dose homéopathique, à savoir ce "grand remplacement" dont parle Renaud Camus puisque l'on impose la présence de l'Autre, totalement, peu importe si celui-ci ne veut pas précisément devenir lui aussi un autre indifférencié mais rester lui-même et donc entrer naturellement en expansion.

Le néo-fascisme aura alors le culot d'énoncer que tous ceux qui s'opposent à cette nouvelle pacification sont des "racistes" voire des "fascistes", il sera alors "antifa" il défendra même la cause de cultures et d'espèce menacées, sauf celle dont il est issu parce qu'il faut effacer les traces, oublier, et "oublier l'oubli de l'oubli", tout en "doutant du doute qui doute du doute", toute une confusion conceptuelle qui permet la préparation, la précipitation, toute cette nouvelle chimie politique qui dissout les singularités, les genres, les identités, car tout doit devenir flux, fleuve sans fin ni commencement du mouvement sans but puisqu'il est le but, un peu comme ce couteau sans lame qui n'a pas de manche.

Pendant ce temps, les néo-fascistes masquent leur forfait en Village Potemkine : il y a des élections, des élus, et même des disputes dans les émissions à la mode. Mais il y avait aussi des élections, des élus, et aussi des disputes dans les émissions à la mode en Chine maoïste. En URSS. En France, "cette Union Soviétique qui aurait réussi", disait-on sous cape dans "les milieux autorisés" s'esclaffait Coluche. Autorisés par qui ? Mais par vous ! Nous ! Le néo-fascisme n'est pas "hors sol", il provient du fait que nous ne nous autorisons pas à dire "non", stop, assez !… Nous préférons nous gargariser, tout en restant persuadés d'être les "meilleurs"…

Bonjour chez vous.

 

13 mars 2015

Lucien SA Oulahbib 12/2/2019

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