D-Day ou un sentiment de malaise

Rien à faire ! Autant généralement le fait de rappeler le sacrifice de gamins anglo-saxons m'a toujours habité, bien plus que le front de l'Est tant la politique communiste m'a toujours dégouté, y compris dans ma jeune époque gauchiste (tendance "ploum ploum" c'est-à-dire assez Groucho Marx) -parce qu'ils défendaient Moscou et non pas la France ou l'Italie ou la Grèce, autant cette année, 2014, quelque chose en moi s'est cassé ; sans doute depuis les jeux d'hiver en Russie lorsque certains s'en sont pris aux Russes non pas pour ce qu'ils avaient fait en Tchétchénie ou ce qu'ils n'avaient pas fait en Syrie, mais uniquement parce qu'ils avaient osé émettre l'idée qu'ils n'avaient pas envie de servir de courroie de transmission à la propagande LGBTQI durant ces jeux d'hiver. Or, dès qu'ils ont émis des réserves, cela a été l'hallali, le délire passionnel de toute une lie désireuse non seulement de se répandre (ce qui est son droit après tout) mais de l'imposer comme le seul chemin de "progrès" à paver de bonnes intentions, puis à suivre.

Ensuite, l'affaire de Crimée puis celle de l'Ukraine ont été plutôt le prétexte ou le révélateur de ce côté du monde que je croyais mien, et qui soudain voulait imposer, de manière totalitaire qui plus est, une vision tronquée, mortifère, au moment même où leurs orateurs prétendaient le contraire en plus…

Mais en fait, cette cassure avait commencé bien avant…Cela aurait débuté pour moi quand j'ai vu tous ces faux pacifistes anglais, les descendants de ceux-là mêmes qui n'avaient rien fait contre la montée d'Hitler en voulant éviter le déshonneur et la guerre et qui ont récolté les deux comme leur disait Churchill, eh bien j'ai senti ce côté énervé en vain de la poule mouillée qui s'est mise ainsi à chercher des poux à Tony Blair puis à Georges W. Bush sur des armes de destruction massive qui étaient en fait passées en Syrie comme on l'a su puis vu par la suite. Obama a fait partie du camp de ces pleureuses du dimanche, cherchant à se déresponsabiliser (malgré le "surge") du fait qu'une pacification demande 20 à 30 ans comme ce fut fait au Japon en Corée ou en Allemagne. D'où son départ impromptu d'Irak. Heureusement que la partie kurde, elle, se maintient et se développe, même un Thomas Friedman le concède (Dans " Iraq's best hope "). On pourrait dire la même chose en Libye en fait puisque tout l'Est est aujourd'hui contrôlé par des forces berbères plus malignes que celles du MNLA touareg (quoique ce dernier s'est rattrapé depuis). Mais il est vrai que Bush, sous la coupe de Rumsfeld et Cheney, ne savait pas où il allait à l'exception de créer un foyer de tension pour attirer tous les ennemis des USA puisqu'il n'est pas vrai qu'avec 130.000 hommes on pouvait tenir l'Irak là où il aurait fallu le double, au moins.

Donc ce combat sur les moeurs ; révélant qu'en fait la génération 68 était devenue ce qu'elle avait dénoncée dans la génération du Conseil National de la Résistance : un pouvoir politique, symbolique, culturel, absolutiste écartant tous ceux qui ne marchaient pas dans leur combine de parler au nom de l'intérêt général afin de s'approprier l'appareil d'État en y visant bien plus le prestige que des fonds sonnants et trébuchants.

Le malaise se situe alors là, j'y pensais en lisant cet excellent livre d'Olivier Véron, L'avenir du printemps (Les provinciales, 2014, j'en ferai une recension prochainement mais j'ai celle de Pierre-André Taguieff à faire avant sur la diabolisation en politique, excellent livre là aussi, il y a aussi ceux des éditions Tatamis avec Jean Robin, excellent également) en me demandant si les gars qui s'étaient faits trouer la peau le 6 juin l'auraient fait pour une civilisation qui veut désormais empêcher un gosse d'avoir un père et une mère (non pas tous les gosses bien sûr, mais quelques-uns, quand même, des cobayes en quelque sorte), une civilisation qui veut effacer la différence entre l'humain et la machine aussi, fabriquant du gosse comme l'on fabrique du poulet avec ou sans hormones selon que l'on milite en Europe et aux USA.

Je sais bien que j'exagère. Mais en définitive pas vraiment. Il y a là en sourdine la mise à mort de l'Amérique de "chantons sous la pluie" et de Sinatra avec  " I love spring time in Paris " et aussi "This girl is a tramp" et tant d'autres choses encore qui ont accompagné l'arrivée dans le monde urbain, techno-urbain, la soif de liberté, le désir d'être quelqu'un d'abord à ses propres yeux et non pas ceux du groupe d'où l'on est issu, route 66, le rock et ses racines R&B, jazz, qui nous a sauvé des totalitarismes, et puis, brusquement, aux alentours des années 70, lorsque le désir d'universalisation façon Beatles s'est éreinté devant la réalité des refus au son du canon, l'implosion puis la décadence ont été prônées par les nouveaux maîtres panseurs désireux de détruire par l'intérieur ce qu'ils étaient incapables d'instruire de l'extérieur.

Il faudrait faire la genèse de cet effondrement. Olivier Véron l'esquisse et remonte à la Révolution pour y arriver, mais d'où vient la Révolution elle-même que l'on prétend remonter pour réparer enfin l'horloge du temps perdu puis retrouvé sinon de cette même décadence provenant de faux aristocrates croyant qu'il suffit de se dire meilleur ou d'avoir un nom qui l'indique pour l'être ? Nous en sommes là non ?  Puis des jeunes héros se sont fait trouer la peau un peu partout en Europe, puis sur les plages de Normandie. Tandis que ceux qui parlaient en leur nom, au nom du peuple, étaient bien planqués à Moscou ou s'encanaillaient dans les salons mondains qui au fond n'ont jamais fermé leurs portes, surtout à Paris.

Il faut donc recommencer : les Français étaient 177 durant le D-Day. 177. Même pas 300. Voilà d'où il faut partir. Le reste n'est que bavardages. Aussi que les adeptes transis ("indignés") du fameux Conseil National de la Résistance se taisent ; surtout lorsque l'on voit l'état spirituel actuel de la France. Abandonnée aux copains et aux coquins. Violée, donnée, aux nouveaux collabos.

Mais une chasse aux sorcières ne servira à rien. Avec ou sans poing américain. Il faudrait juste prendre le pouvoir pour le rendre à tous. Vraiment. Mais le "vrai" ne ment-il pas toujours ? Non. Pas toujours. Aussi faut-il savoir trier le grain de l'ivraie. Quelques-uns savent. Leur tâche (s'ils l'acceptent) sera "mission impossible" : face au débarquement spirituel à faire sur les plages denses du nihilisme ambiant, il s'agira d'avoir comme devise "qu'impossible n'est pas français". C'est tout. Es-tu Français? Veux-tu l'être ? Alors fais ce qui est "impossible" : bouter la décadence hors de France, y compris ceux qui prétendent que le Musée juif de Bruxelles serait une officine "anti-européenne", ces gens, là, ces Miliciens, ne sont que l'envers grimaçant du miroir qu'ils prétendent briser. Et, c'est bien pour nous débarrasser de ces gens là que les boys sont venus mourir sur nos plages. Sauf que le travail a été à moitié fait. L'autre partie, la fin de partie, est toujours là et nous nargue avec sa culture rouge (de sang versé) et haute comme trois pommes. Voilà l'impossible à atteindre, il nous attend. Qui "nous " ? Peu importe, il faut que la Vieille Garde arrive à se reconstituer. La Jeune Garde suivra…ou précédera, qui sait…

5 juin 2014

Lucien SA Oulahbib 6/6/2017

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