Israël : Quand la démocratie tue la démocratie

Ils sont arabophones. Musulmans, chrétiens, druzes ou autres. Oui, et autres, parce que dans une démocratie on a le droit de croire, mais aussi de ne pas croire. Ils constituent près de 20% de la population de l’Etat d’Israël et leur taux de croissance démographique est nettement supérieur à la moyenne nationale du pays.
Ils sont représentés au Parlement, dans les assemblées municipales, ils ont à plusieurs reprises été chargés de portefeuilles ministériels. Ils pratiquent librement leurs religions, entretiennent leurs lieux de cultes sans besoin d’autorisations comme dans certains pays limitrophes.
Ils peuvent aussi organiser des manifestations hostiles au pouvoir sans que ce dernier les poursuive avec la lourde artillerie de fabrication russe.
Il arrive souvent à certains « activistes » (pour rester dans le politiquement correct) de leurs communautés de soutenir ouvertement des groupes armés palestiniens responsables et revendicateurs de massacres de paisibles citoyens civils issus de la communauté majoritaire.
Il arrive même à certains de leurs respectables députés de justifier le processus de terreur massive orchestré par des milices palestiniennes contre leurs compatriotes issus de la communauté majoritaire.

Paroles de députés


Ainsi lors d’une cérémonie en Syrie marquant, en juin, le premier anniversaire de la mort de l’ancien président « père du fils », en présence des gourous en soutane du Hezbollah, Azmi Bichara (alors député israélien) a appelé les Arabes à adopter une position unifiée pour « poursuivre la résistance » contre Israël.
Le 5 juin 2001, à Oum el-Fahem, dans le nord d’Israël, le haver Knesset a déclaré : « Le Hezbollah a vaincu et, pour la première fois depuis 1967, nous avons goûté à la victoire. C’est le droit du Hezbollah d’être fier de son succès et d’avoir humilié Israël. » Ce discours avait été prononcé pour le trente-troisième anniversaire de la guerre des Six Jours (Juin 1967), qui avait vu la victoire d’Israël sur les armées égyptiennes, jordaniennes et syriennes.
Suivant le chemin de Bishara, Taleb al-Sana a justifié, lors d’une interview faite par une chaîne de télévision à Abou Dhabi, les actes d’un terroriste qui avait ouvert le feu devant les bâtiments du commandement général de l’armée à Tel-Aviv au début de la deuxième Intifada.
Député arabe israélien et ancien conseiller politique de Yasser Arafat (oui, il exerçait les deux fonctions en même temps !), Ahmed Tibi est allé rencontrer des représentants du FPLP (l’organisation qui venait de revendiquer alors l’assassinat de l’ancien ministre du tourisme, Rehavam Zeevi dit Gandhi), peu après son assassinat du ministre.
Le député Issam Makhoul, quant à lui, a proposé en janvier 2002 un projet de loi, à la Knesset, demandant que « les attaques "palestiniennes" contre les soldats israéliens ne soient plus considérées comme du terrorisme. »

Le 30 juillet 2001, à l’occasion de la solennité juive du 9 av, dont la signification est connue, les Juifs se sont trouvés empêchés de prier devant le kotel. Ils ont été lapidés du haut du Mont du Temple / Har Habayit.
Selon le témoignage des journalistes présents sur place, les manifestants étaient excités par deux députés arabes israéliens : Ahmed Tibi et Abdelmalek Dahamché. Bel exemple de dictature, où la minorité paralyse la société et perturbe la vie de la majorité !
En 2004, à la même occasion, on empêchait toujours les Juifs de se rendre sur le premier lieu saint du Judaïsme, libéré en 1967. Dans l’Etat Juif, seuls les Juifs n’ont pas le droit d’exercer pleinement leur religion.
Le 4 février 2002, le leader du parti Hadach, le député Muhamad Baraké, a déclaré que « le terrorisme était l’enfant légitime de l’occupation israélienne. » Baraké a tenu ces propos au cours d’une conférence de presse commune tenue avec le représentant de l’OLP au Brésil, lors d’un congrès des Organisations Non Gouvernementales qui a eu lieu dans ce pays. Baraké a ajouté que « les ‘Palestiniens’ poursuivraient leur lutte pour obtenir leur liberté et leur indépendance. »
Le 28 février 2002, le député Abdulmalik Dahamché, leader du parti arabe Ra’am et vice-président de la Knesset à cette époque a annoncé : « Nous créerons un Etat ‘palestinien’ indépendant avec pour capitale, Jérusalem. » Si je ne me trompe, Monsieur Dahamché est député israélien ! Le « nous » peut susciter chez le lecteur des interrogations légitimes.

Démocratie arabe versus dictature israélienne


Il est d’autant plus étonnant que nombre de ces députés parviennent à détourner leur statut, avec les droits et les immunités qui lui sont attachés pour s’allier avec les ennemis déclarés de la démocratie qui les reconnaît et qui les promeut, pour endosser leur antisémitisme viscéral et leurs projets belliqueux. Quelle démocratie au monde accepterait une telle situation ?
Leurs coreligionnaires arabes des pays alentours, notamment de tendance islamiste et nationaliste pan-arabe, se font des défenseurs de la démocratie, de la liberté d’expression et du pluralisme !
Quel Etat arabe, n’ayant pas signé une « paix » avec Jérusalem, tolérerait qu’un de ses représentants se rende en Israël pour manifester sa solidarité avec l’Etat Juif ? Même Le Caire et Amman exercent de lourdes pressions sur leurs ressortissants afin de les empêcher de se rendre chez l’immédiat voisin israélien.
Ainsi, l’écrivain et cinéaste égyptien Aly Salem n’a pas été autorisé à quitter l’aéroport international du Caire pour se rendre à Tel-Aviv, où il devait recevoir récemment un prix pour la paix.

Une question devrait être posée à ces démocrates arabes :
Quelle minorité au Moyen-Orient jouit-elle de la moitié des droits accordés à la minorité arabe en Israël ?
En Egypte, où les derniers pogromes reflètent l’incapacité de l’Etat à garantir la sécurité de ses citoyens de confession chrétienne ?
En Syrie où la langue kurde est interdite et ou plus d’un demi-million de Kurdes vivent sans papiers et sans droits depuis plusieurs décennies ?
En Arabie Saoudite où les chiites n’ont pas le droit de célébrer leurs fêtes ?
L’Etat d’Israël n’est pas un modèle démocratique parfait. Mais ce modèle imparfait constitue la seule démocratie de la région.
Lors du Congrès organisé le mois dernier à Bruxelles par le réseau Voltaire « afin de constituer l’Axe pour la Paix », où a été invitée une centaine de personnalités représentant une trentaine de pays, le député arabe israélien Ahmed Tibi a appelé la communauté internationale à considérer les Arabes israéliens comme une « minorité nationale opprimée ».
Monsieur Tibi et ses amis devraient certainement faire un tour dans les pays voisins, cela leur changerait les idées.

28 décembre 2005

Notes :


[1] Des journalistes, des universitaires, des militaires et des diplomates ont répondu à l’appel et ont participé à cette Conférence qui s’est déroulée les 17 et 18 novembre derniers à Bruxelles.

Masri FEKI
Opposant égyptien et Président de l’AFEMO
Co-auteur de « A l’ombre de l’Islam, minorités et minorisés »
Avec Lucien-Samir Oulahbib et Moïse Rahmani
E-mail : masri.feki@afemo.org – Website : www.masrifeki.com

 


Masri 20/6/2017

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