Les grands penseurs juifs algériens

Ribach (1328-1408) naît à Barcelone. Il étudie avec les grands maîtres Perez HaCohen et Nissim Gérondi. Arrivé à Alger à la suite des pogroms de 1391, ses ordonnances régleront (avec celles de Rashbash) la vie civile et religieuse d'Alger.

Rashbash (1361-1444) dont la famille est originaire de Provence, fuit Majorque en 1391 et devient dayan à Alger à la mort du Ribach. Jusqu'à la fin du 18° siècle les descendants du Rashbash ont fourni des chefs spirituels à la communauté d'Alger.

Jules Ayache fut au 18° siècle la figure la plus marquante des dayanim d'Alger. Excédé par les dirigeants laïcs qui tentent d'influencer ses décisions juridiques au profit des intérêts de leur négoce, il finira par s'installer à JERUSALEM.

CONSTANTINE: Au 14° siècle Rabbi J Ben Menir, à sa mort Rabbi Maïmon Nadjar devient dayan de Constantine. Au 16° siècle Samuel Ibn Danan fut l'un des 200 rabbins qui accordèrent la Smiha (ordination) à Rabbi Yossef Karo.
Au 18° siècle Messaoud Zerbib est l'auteur d'un ouvrage érudit "Zéra Emeth" (Livourne 1715).

TLEMCEN : Venant de Tolède, rabbi Ephraïm Ankaoua (1359-1442) s'installe à Tlemcen, dont il devient le chef spirituel; de nombreuses légendes content sa grandeur et sa sainteté.
Remarquons aussi Sadia Elie Chouraqui célèbre rabbin et philosophe auteur d'un traité de mathématiques.

Rabbi Joseph Alashkar ( Er-kièsse ) : Expulsé d'Espagne en 1492 , il s'installe à Tlemcen où il prend la tête d'une yéchiva. Des récits légendaires sont associés à son nom. Cet illustre rabbin décéda le vendredi à midi. Avant son dernier soupir, il ordonna à ses disciples, dans un moment de lucidité, d'enfoncer un clou au mur de la maison et de ne l'ôter qu'après ses funérailles.
Tous se demandèrent si le temps qui restait jusqu'au Chabbat suffirait pour l'inhumation. Miracle!
Tout se passe en plein jour; les funérailles terminées, on retira le clou du mur; grande fut la surprise générale car la nuit tomba d'un seul coup. On admit alors que le maître, par sa sainteté avait arrêté le cours du soleil, comme l'avait fait Josué.

Il composa plusieurs manuels, dont le plus connu est le Tsaphnat Peaneah, achevé en 1528.
Ce livre constitue un vaste commentaire cabalistique des six tomes de la Michna. Un soucis de sa part de concilier la Kabale et le Talmud; recentrer la mystique juive dans ses racines bibliques et talmudiques.

ORAN: Rabbi E Ephrati , exilé d'Espagne après les persécutions de 1391. Contemporain de Ribach et Rashbash, il échangea avec eux des consultations rabbiniques. Vers la fin de sa vie il s'installa à Grenade.

Au 16° et 17° siècle, les familles d'origine espagnole Sasportas et Cansino donnèrent des rabbins et des poètes à la communauté d'Oran.

On peut citer: Rabbi Messaoud Darmon, dayan à Oran auteur d'un ouvrage sur le Talmud "gour Arié" édité à Livourne en 1846; en 1855 Rabbi F Karsenty écrit un commentaire sur le Yad de Rambam et qui fut imprimé à Livourne. En 1845 les consistoires sont rattachés au consistoire central des Israélites de France et d'Algérie.

Le 20° siècle connut également de grandes figures:

Rabbi Sidi Fredj Halimi de Constantine ; Rabbi Itshak Morali d'Alger; Rabbi Yakov Chouchena de Bône; Rabbi Rahamim Naouri de Bône,(bien connu de tous les juifs de Paris); Rabbi Haïm Bliah de Tlemcen; Rabbi Itshak Draï de Sétif.Sans oublier (Manitou) Yehouda Askenasi.

A partir des années 50, le séminaire Israélite de France accueillera de plus en plus d'élèves rabbin originaires d'Algérie. Ils ont beaucoup contribué à développer et à consolider le Judaïsme en France.

Publié le : 30 novembre 2006

Shirley Loral 6/5/2018

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