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Sur le Groenland, l’Arctique et la température à la surface du globe.

Les lecteurs(trices) savent bien que par ces temps qui courent – sans doute, COP21 oblige – il est difficile, voire impossible, d'échapper à une avalanche d'informations tronquées, déformées ou carrément erronées sur l'évolution réelle des observables climatiques. Tout cela est répercuté au centuple sur les radios, les télés, les journaux et jusque dans les discours du personnel politique.
En réponse au battage médiatique ambiant et à titre d'exemples parmi bien d'autres, il m'est apparu indispensable de regarder d'un peu plus près les évolutions réelles de l'englacement du Groenland, de la banquise arctique et de l'hémisphère Nord ainsi que de la température moyenne du globe qui, nous dit-on, aurait atteint des sommets très inquiétants, notamment en ce dernier mois d'août

C'est l'objet de ce billet qui sera nécessairement illustré par de nombreux graphiques qui sont, pour leur quasi totalité, mis à la disposition du public (et donc des journalistes) par les organismes officiels. A noter qu'il m'a fallu patienter et attendre la fin des périodes de fonte estivale et la publication définitive des indicateurs pertinents pour rédiger ce billet.

En résumé, en ce début d'automne, les médias ont fait beaucoup d'efforts pour nous assurer que le Groenland avait beaucoup fondu, cette année. Vous allez voir que c'est faux. Il a accumulé plus de neige et de glace qu'auparavant.
De même, on nous affirme que l'Arctique aurait beaucoup fondu durant l'été 2015. Les indicateurs montrent que c'est faux. Bien au contraire, il apparaît que la banquise arctique s'épaissit et se reforme depuis quelques années.
Enfin, les médias vous ont assuré que le mois d'août était "le plus chaud jamais enregistré". C'est, selon les différents instituts, soit carrément faux, soit les écarts enregistrés sont inférieurs aux marges d'incertitudes et ne sont pas significatifs.

1) Le Groenland fond ! (affirment les médias). Non ! C'est tout le contraire.

Comme nous le savons, le Groenland constitue une gigantesque réserve de glace (dont la hauteur peut atteindre les 3km) hors d'eau, qui, si elle fondait, contribuerait massivement à la hausse du niveau des mers. Il fait donc l'objet de toutes les attentions.
Il est impossible de citer ici tous les articles, parus dans les médias, qui ont alerté l'opinion publique sur la "situation alarmante du Groenland" ainsi que sur les conséquences apocalyptiques qui résulteraient de sa fonte massive. Parmi ceux-ci, on peut citer, à titre d'exemple typique, celui du Guardian (UK) paru le 9 août 2015

Durant la période de fonte (rapide mais brève voir ci-dessous), le Guardian (UK), n'hésite pas :
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Titre : "Oh, mon Dieu (OMG = Oh My God), les glaces du Groenland fondent rapidement"

En ajoutant que la NASA allait quand même installer 200 stations robot pour en savoir un peu plus et en "oubliant" de préciser que cette fonte "rapide" (mais brève) est survenue avec beaucoup de retard et qu'elle avait été attendue pendant près de deux semaines comme on le voit sur le graphique suivant.
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Par la suite, Le Guardian n'a pas, non plus, jugé utile d'informer ses lecteurs que le regel avait été tout aussi précoce que la fonte avait été retardée et que ce regel était intervenu avec quelques 15 jours d'avance par rapport aux années précédentes comme le montre le graphique ci-contre extrait du site officiel de la Météorologie Danois DMI (DMI : Danish Meteorological Institute). En bref, la période de fonte du Groenland a été étonnamment courte, en cette année 2015 . Ce n'est peut-être pas anodin.

Source du graphique (DMI).

Légende : "Le pourcentage de la superficie totale de la glace où s'est produit la fonte depuis le 1er Janvier jusqu'à aujourd'hui (en bleu). A titre de comparaison, la moyenne pour la période 1990-2013 est indiquée par la courbe en gris foncé. Les variations d'une année sur l'autre pour chaque jour de la saison de fonte sont indiquées par la zone grisée."

 

Les journalistes du Guardian ont également omis de préciser que, cette année, l'accumulation neige/glace a été particulièrement favorable, comme nous allons le voir..

Le graphique suivant, provenant aussi du DMI qui suit de près l'évolution du Groenland, montre l'Acc. SMB (Le budget de la neige accumulée) du premier Septembre 2014 au 31 août 2015. Comme on le voit, durant cette année écoulée, 210 milliards de tonnes de neige (ou d'équivalent en eau) s'est accumulée sur le Groenland au cours de cette année ce qui l'a beaucoup rapproché de la moyenne des 23 années précédentes.
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En ordonnée, le SMB (Surface Mass Balance), le budget de la masse de neige/glace accumulée en Gigatonnes (milliards de tonnes) sur le Groenland à la date indique par l'abscisse

Légende : " Le budget de la masse accumulée en surface du premier Septembre à maintenant (ligne bleue, en Gigatonnes) ainsi que durant la saison 2011-12 (en rouge) qui a connu une fonte très intense durant l'été au Groenland. A titre de comparaison est représentée la courbe moyenne pour la période 1990-2013 (en gris foncé). La même période calendaire valable pour chaque jour aura sa propre valeur pour chacune des 24 années de la période 1990-2014. Ces différences, année après année, sont illustrées par la zone en gris clair. Cependant, pour chaque journée de l'année calendaire.la valeur la plus basse et la valeur la plus haute ont été ignorées."

On voit aussi que depuis le 1er Septembre dernier, l'augmentation de masse accumulée de neige/glace (en bleu) semble, pour l'instant au moins, suivre la trajectoire favorable de l'année Sept 2014-Sept 2015. A noter que la "masse accumulée" (Acc. SMB) ne prend pas en compte les pertes de glace qui se produisent en bordure du continent (vêlage des glaciers, icebergs etc.)
Pour plus de détails et pour situer l'évolution actuelle dans un contexte historique, je renvoie le(la) lecteur(trice) aux différents billets rédigés (2011 et 2012) sur ce sujet, au cours des années précédentes. Entre autres, on y trouvera une étude intéressante qui comparaît des prises de vues aériennes faites en 1933 avec la situation en 2012. Comme on le verra, les différences sont peu perceptibles.

Les lecteurs(rices) qui veulent se faire une idée sur les conditions météorologiques qui règnent, en temps réel, au sommet du Groenland pourront voir cette Webcam (summitcamp) qui visualise, en direct, la base de recherche installée à cet endroit. On a aussi accès (colonne de gauche) à la température et à son évolution, aux vents etc.

2) L'arctique ? C'est la catastrophe, nous répètent les médias… Bien au contraire, ça va dans le bon sens !

Petite histoire des prophéties :
wadhams

Parmi bien d'autres spécialistes, le Professeur Wadhams (de l'Université de Cambridge UK, ci-contre) avait affirmé, en 2007, que leurs modèles prévoyaient que la disparition de la glace arctique en été surviendrait dès 2013, ce qui ne s'est évidemment pas produit.
Pour la petite histoire on peut rappeler qu'Al Gore a cité la prédiction du Professeur Wadhams lors de la remise de son prix Nobel (de la paix). Wadhams a, plus récemment, repoussé ses prévisions apocalyptiques à … 2020.
A noter, également pour la petite histoire, que ce curieux professeur a déclaré craindre pour sa vie après les décès (accidentels) de trois de ses collègues qui travaillaient également sur l'Arctique. Les enquêtes de police ont pourtant montré que l'un est décédé d'une collision avec un camion alors qu'il se déplaçait en vélo, le second d'une chute dans un escalier et le troisième lors d'un impact de foudre en Ecosse. Plus récemment, le Professeur Wadhams a intenté un procès au propagateur de cette nouvelle (The Times (UK)), l'accusant d'avoir déformé ses propos. Aux dernières nouvelles, l'organisme régulateur de la presse anglaise a débouté les protestations du professeur.

sept19Indépendamment de Wadhams, le Professeur associé (~ maître de conf., ci-contre) ) Maslowski de la Naval Postgraduate School à Monterey (Calif. USA) aboutissait, également en 2007, aux mêmes prévisions que Wadhams, c'est à dire qu'il annonçait la disparition de la glace estivale arctique en 2013 ce qui lui valut une grande célébrité et de nombreuses citations dans les médias. Maslowski ajoutait, à l'époque, que ses prévisions étaient certainement encore "trop optimistes"…Lui aussi a été sévèrement démenti par les faits.

Nous sommes actuellement en automne 2015 et comme le savent tous les lecteurs(trices) de PU, rien de tout cela ne s'est produit et l'évolution de la glace arctique va plutôt dans le bon sens comme nous allons le voir.

Dès lors, on peut se demander sur quelles bases reposaient les prophéties aussi ultra-pessimistes qu'invérifiées de nos deux professeurs anglais et américain.
Pour tenter de comprendre la démarche qui les a conduit à avancer des prophéties aussi pessimistes, il faut de se souvenir qu'en 2007, la surface de la banquise arctique avait sérieusement fondu durant l'été et que celle-ci semblait avoir amorcé ce que certains (dont Marc Serreze, directeur actuel du NCDC) appelaient "The death spiral, la spirale de la mort". Une analyse plus approfondie avait pourtant montré que cette fonte estivale prononcée résultait d'une conjonction météorologique assez particulière (des tempêtes sur l'Arctique au moment où la glace est la plus fragile) assez semblable à celle qui s'est produite en 2012 comme je l'avais documenté dans un billet précédent.

Nos deux professeurs avaient donc, à l'époque, simplement extrapolé le graphique de l'anomalie de glace de mer arctique comme cela est symbolisé par le trait rouge que j'ai superposé au graphique de l'anomalie de la glace de mer de l'hémisphère Nord reporté ci-dessous.
Cependant, comme nous le savons, et tout particulièrement en matière de climatologie, la Nature nous réserve bien des surprises. Pour conserver sa réputation intacte, il vaut mieux rester prudent en matière de prédictions, du moins dans les prédictions à court et moyen terme. Pour les prédictions à plus long terme, 50 ou 100 ans, voire 300 ans pour certains, on peut raisonnablement espérer qu'elle seront oubliées…

a) La superficie ou l'extension des glaces de l'hémisphère Nord : sept17

Voici, ci-contre, le graphique des anomalies de la glace de mer de l'hémisphère Nord (par rapport à la moyenne des années 1979 à 2008) en millions de kilomètres carrés, selon cryosphere (Université de l'Illinois USA) , telle que vous pouvez la suivre dans la page "indicateurs", parmi de nombreux autres graphiques.

A noter, qu'il s'agit ici de l'anomalie (par rapport à la moyenne de la période 1979-2008) et non de la superficie totale de la glace de mer. C'est pour cette raison que l'extrapolation envisagée par les professeurs Wadhams et Maslowski (symbolisée en rouge) ne recoupe pas l'axe des abscisses à l'année 2013, mais bien avant.

La Nature a démenti les prédictions catastrophistes des experts et les années suivantes ont montré que la glace arctique avait plutôt tendance à se stabiliser sur une sorte de plateau qui n'est pas sans rappeler celui de l'anomalie de la température moyenne du globe, plus connu sous le nom de "la pause" et dont il est fréquemment fait mention dans les billets précédents.

Apparemment, ce plateau de l'anomalie de la glace de mer de l'hémisphère Nord aurait commencé vers l'année 2006-2007, c'est à dire, il y a environ 9 ans.

sept21

Voici, à présent, le graphique (interactif) du NCIDC représentant l'évolution de l'extension de la glace arctique qu cours des années successives. Ce graphique interactif rassemble les données (annotées par mes soins, en bleu) de l'évolution de la superficie de la glace arctique pour les années 2015, 2011 (qui lui ressemble beaucoup, du moins pour l'instant), et 2012 (en tiretés, c'était le minimum minimorum résultant d'une violente tempête survenue en Arctique en août 2012, comme je vous l'avais expliqué). On peut également y observer la marge d'incertitude (à deux sigmas, c'est à dire quand le signal mesuré est égal au double du bruit) représentée par la zone en grisé.

 


En bref, en 2015, contrairement aux prédictions précédentes et comme on le voit, la glace estivale arctique est bien présente et bien loin de disparaître durant la fonte estivale, d'autant plus que son épaisseur son volume ont singulièrement augmenté cette année, par rapport aux années précédentes comme nous le verrons ci-dessous. Ce qui est le signe de l'accumulation de glace pluri-annuelle, en général plus résistante aux futures fontes estivales.

 

 

 

Le Dr David Whitehouse qui est éditeur scientifique au GWPF, consacre une partie de ses travaux à l'analyse des observations climatique. Il a tracé le graphique suivant tiré des données officielles sur l'évolution des minima successifs de l'extension de la glace de l'hémisphère Nord, en indiquant les marges d'erreur revendiquées (ce qui est souhaitable à défaut d'être courant). J'ai illustré son graphique en le complétant d'un rectangle violet qui permet de visualiser les mesures situées dans la marge d'incertitude de la plus récente évaluation (Sept 2015)

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Comme on peut le voir, et aux incertitudes près, les minima de la superficie de la glace de l'hémisphère Nord n'ont pratiquement pas varié, durant les 9 dernières années. Le raisonnement s'applique tout aussi bien à la glace de mer arctique pour laquelle le graphique est évidemment très peu différent.

Nous avons vu ce qui concerne les superficies de la mer glacée, mais qu'en est-il de l'évolution de l'épaisseur moyenne de la glace arctique ? C'est évidemment un observable important pour estimer l'état de l'englacement de la mer arctique, notamment en été.

b) L'épaisseur de la glace arctique : sept10

Voici un graphique qui retrace l'évolution de l'épaisseur moyenne (en mètre) de la glace arctique selon le Polar Ice Center (PIOMAS)

J'ai complété ce graphique en ajoutant la flèche bleue pour montrer la situation actuelle, sur la courbe en rouge. .

 

Comme le montre ce graphique (l'évolution de cette année est représentée en rouge) l'épaisseur moyenne de la glace arctique durant la période de fonte, a augmenté, en 2015, de près de 30% par rapport aux années 2010 et 2011 et de près de 20% par rapport aux années 2012 et 2013.
Visiblement, la glace arctique s'est épaissie.

 

 

 

 

 

c) Le volume de la glace arctique :

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Connaissant la superficie englacée et l'épaisseur moyenne, il est possible d'avoir une idée de l'évolution récente du volume de la glace arctique. L'extrait ci-contre (à partir de 2006 jusqu'à nos jours) d'un graphique de l'évolution de l'anomalie du volume de la glace arctique (PIOMAS) montre clairement que le volume de la glace de mer arctique (en gris) est passé par un minimum en 2011-2012 et a récupéré depuis lors jusqu'à nos jours où on se retrouve, à peu près, dans la situation de 2007-2008.

 

 

 

 

 

 

 

 


d) Pour tenter de corroborer/expliquer les observations précédentes, on peut faire remarquer que l'année 2007 correspond au commencement d'un net refroidissement de l'Atlantique Nord,
faisant suite à un réchauffement progressif de 1979 à 2006-2007 comme on le voit sur le graphique ci-dessous qui est tracé à partir des données du NCDC (Le National Océanographic Data Center US).sept20

 

 

Voici, en bleu, la zone de l'Atlantique Nord délimitée par les coordonnées 60-0W et 30-65N qui correspond au graphique suivant.

 

 

 

 

 

Le graphique suivant rapporte l'évolution du contenu thermique des 700 premiers mètres de la zone Nord de l'océan atlantique représentée (en bleu) ci-dessus. Elle est relativement proche de la zone arctique et inclut le Sud du Groenland. sept12

 

 

Le refroidissement marqué de l'Atlantique Nord, depuis 2006-2007 pourrait annoncer une reprise progressive de la glace arctique et groenlandaise dans les années qui viennent.

On peut aussi avancer l'idée que ce refroidissement de l'Atlantique Nord peut aussi augurer de futurs hivers froids pour l'Europe de l'Ouest et pour le Nord du continent américain.

Pour sa part et dans le même ordre d'idée, la climatologue Judith Curry qui est une spécialiste de la dynamique de l'Arctique, fait remarquer que l'AMO ( l'oscillation multidécennale atlantique) pourrait être passée par son maximum et avoir entamé sa descente. Si cela se confirme, cela pourrait avoir les mêmes conséquences pour l'englacement à venir de l'Arctique et du Groenland ainsi que pour les futurs hivers européens (et du Nord de l'Amérique). C'est à dire que nous pourrions nous attendre à une succession d'hivers froids et à une mer arctique moins sensible à la fonte estivale.

Mais comme toujours, restons prudents. Wait and See !

Concernant l'Arctique et comme nous l'avons vu à propos des "prédictions" démenties des Professeurs Wadhams, Maslowski et Serreze (La spirale mortelle), il convient également d'être prudent et de se souvenir que nous ne disposons de mesures satellitaires détaillées que depuis 1979. Ce qui, jusqu'à nos jours, ne nous donne qu'une fenêtre temporelle bien trop étroite sur l'histoire de l'évolution de la glace arctique au cours des décennies passées. Cependant, pour les années précédant 1979, nous disposons de récits de navigateurs des pôles qui ne semblent, hélas, pas retenir l'attention des climatologues contemporains.
A ce propos, je ne résiste pas à la tentation de reproduire ce document que le climatologue Richard Lindzen (du MIT) avait (facétieusement) montré lors d'une présentation au FermiLab en 2010.

Voici le rapport d'une agence nationale américaine :

"L'Océan Arctique se réchauffe, les icebergs se font de plus en plus rares et dans certains endroits les phoques trouvent l'eau trop chaude. Tous les rapports pointent vers un changement radical des conditions climatiques et jusqu'à des températures inconnues jusqu'à présent dans la zone arctique. Des expéditions nous rapportent que pratiquement aucune glace n'a été vue au dessus d'une latitude de 81 degrés 29 minutes. D'énormes masse de glace ont été remplacées par des moraines de terre et des pierres tandis qu'en de nombreux endroits, des glaciers bien connus ont entièrement disparu."

On croirait lire/voir/entendre un média actuel mais c'était un rapport officiel du Weather Bureau US en … 1922 !

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Bien entendu, tout récemment, les médias n'ont pas hésité à nous resservir l'antienne du "mois d'août le plus chaud de l'histoire" à l'occasion de la publication des données d'un seul institut (La NOAA)… en oubliant tous les autres qui donnent des résultats peu conformes aux attentes.

4) Le mois d'août le plus chaud de tous les mois d'août ?

C'est ce qu'on pu lire, voir et entendre, à l'unisson,sur d'innombrables médias.

Mais que nous disent les bases de données officielles, à ce sujet ?

Comme vous le savez, il y a, d'un côté, les mesures thermométriques et d'un autre côté, les mesures satellitaires. Assez bizarrement, et sans aucune explication, on observe que le désaccord grandit entre ces deux techniques dévaluation à mesure que le temps passe. Pour la période récente, on observe que les données thermométriques, plus propices aux "ajustements"; ont tendance à accentuer sérieusement le réchauffement de la planète alors que les satellites n'en voit pratiquement aucun. Nous reproduirons les données du GISS de la NASA (données thermométriques) et les données des deux organismes antagonistes et concurrents entre eux qui utilisent les mesures données par différentes flottes de satellites (l'UAH et le RSS).

Voici, sous forme de tableau des représentations de l'évolution de la température moyenne du globe et de la basse atmosphère, pour tous les mois d'août depuis 1997, et, selon notre bonne habitude, accompagnées des marges d'incertitudes correspondantes, revendiquées par les différentes institutions.

Voici les graphiques de la température globale des mois d'août successifs ( de 1997 à 2015 inclus) selon les données officielles, de trois principaux instituts (avec les sources correspondantes) :

-Le GISS (LOTI, thermométriques) de la NASA
-Les mesures satellitaires
RSS
-Les mesures satellitaires
UAH (dernière version V6)


Les données de la NOAA qui ont été sélectionnées par les médias indiquent que la température du mois d'août est de 0,08°C supérieure à celle du mois d'août 2014. Pour ce qui est des données HadCRUT4.4 (parues tout récemment), cette différence est de 0.07°C. Ces très faibles différences sont inférieures aux incertitudes (±0,1°C) revendiquées et donc non significatives.

sept15
sept14 sept13

Comme on le voit, et contrairement aux affirmations médiatiques, les données du GISS de la NASA montrent que le mois d'août 2015 n'a pas été plus chaud que celui de 2014. De manière plus rigoureuse et tenant compte des incertitudes, en réalité, le mois d'Août 2015 est indistinguable des mois d'Août 1998, 2003, 2006, 2010, 2011,2012,2013 et 2014.

Pour ce qui est des mesures satellitaires, comme on le voit, le mois d'août 2015 est loin de battre les records. Pour ces deux organismes, août 1998 a été le mois d'août le plus chaud et le mois d'août 2015 est indistinguable d'une kyrielle de mois d'août dont les marges d'erreur pénètrent dans les rectangles bleus.

En résumé, nous constatons, à partir des graphiques officiels que les journalistes feraient bien de consulter avant de rédiger leurs articles, que ni le Groenland, ni la sept22glace arctique, ni les températures du mois d'août n'inspirent, en cette année 2015, d'inquiétude. Au contraire, l'évolution des observables disponibles montre que l'on peut rester optimiste. S'il est certainement possible que la température globale augmente un peu dans les mois qui viennent du fait du très intense El Niño qui sévit en ce moment dans le Pacifique (ci-contre), il est tout aussi probable que le La Niña qui lui succédera, tôt ou tard, provoquera une baisse équivalente des températures comme il en a toujours été, au moins depuis que nous disposons d'observations fiables.

 

En attendant, chers lecteurs et chers lectrices, restons vigilants et circonspects quant au déferlement médiatico-politique qui accompagne la "mise en condition" du public en vue de la COP21 qui se tiendra à Paris à la fin de ce mois de Novembre et au début de Décembre. Tout cela n'a que très peu à voir avec l'évolution réelle du climat. de notre planète.

Stay Tuned !

 

Pensée unique 25/11/2015

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