J’ai regardé Mots croisés sur France 2

Marine Le Pen a parlé, elle, du syndrome des femmes battues, lorsque celles-ci, continuent à vivre avec leur bourreau et même lui trouve des circonstances atténuantes…Parce que lorsque l'on a entendu ce commerçant souligner qu'il ne peut guère déclarer sa femme, qui travaille donc gratuitement dans sa boutique, parce que s'il le faisait, il serait grevé de charges, cette souffrance, là, Hollande, l'adepte de l'impôt-punition, l'a écoutée sans broncher, en s'en étonnant même, tandis que Fillon semblait vouloir en récupérer l'énergie protestataire alors qu'il soutient un gouvernement qui continue à envenimer la situation, même si Chirac a promis de raser gratis dans le futur lors de ses voeux…

De qui se moque-t-on ? Lorsque j'ai été déposer à la Chambre du Commerce de Lyon, l'immatriculation de La Poule déchaînée, (que les lecteurs de Resilencetv connaissent bien et qui va devenir un hebdomadaire si on trouve les fonds suffisants, on peaufine actuellement la maquette…), la préposée m'a demandé 2000 euros annuels pour les cotisations retraites alors que la société n'est pas encore activité… Que va-t-il se passer quand ce sera le cas ? Lorsque le moindre salaire surgira ? L'avalanche de coûts évidemment. Et nous n'avons même pas bénéficié du report de cotisations parce qu'il ne s'agissait pas d'une création mais de la reprise d'une société déjà existante. Nous voilà donc matraqué sans voir fait un geste…

L'émission Mots croisés regorgeait d'exemples de ce type, sans parler de la diminution du revenu des… retraites, ou de l'hyperconcentration des emplois en Ile de France, or, nos deux compères, François H et François F, roulaient de gros yeux étonnés, comme s'ils découvraient l'état de la société française dont ils sont pourtants les co-responsables. Mais, au lieu de se battre pour choisir les vraies solutions qui sauraient combiner prospérité et solidarité, ils continuent pour le premier à chevaucher les chimères de l'impôt-couperet punisseur des méchants riches et qui serait mécaniquement censé produire de la croissance par la hausse artificielle du pouvoir d'achat via l'assistanat, pour le second à laisser accroire qu'il suffirait de promettre un bouclier fiscal à 50% et de moins taxer les heures supplémentaires pour enrayer la machine à faire perdre la France.

Or, même si celle-ci attire encore certains investisseurs à l'affût de diverses subventions électoralistes, il vaudrait mieux que l'Etat laisse les entreprises s'organiser avec leurs salariés, (tout en supervisant aposteriori via une inspection du travail, moins idéologisée cependant), pour que la production et la solidarité puissent être efficacement organisées au profit du travail et du capital.

Sarkozy, en prononçant dernièrement avec les yeux de Roméo, le mot de "travailleur", laisse croire qu'il aurait compris le message des classes populaires votant en majorité FN, sauf qu'il n'en prend guère le chemin car aucune de ses propositions fondamentales vont dans ce sens, sinon en ajoutant la confusion à propos du contrat de travail qui a coûté la vie politique à de Villepin et son CPE. Or, la priorité des priorités pour relancer l'investissement la recherche et enfin la production donc le pouvoir d'achat réel, ne consiste pas à effrayer le salarié mais, au contraire, à le rassurer en lui donnant confiance par cette possibilité qu'il choisisse déjà lui-même sa protection d'ensemble en lui versant tout son brut et une bonne part de la cotisation patronale.

Ensuite, et s'agissant du contrat de travail, il est certes nécessaire de le réformer, mais ceci sera néanmoins possible, du moins, semble-t-il, si le salarié trouve intérêt à échanger plus de souplesse (par exemple en rendant une part du salaire, mobile, donc dépendant de la compétivité) contre moins d'intangibilité apriori (par exemple en devenant actionnaire, en participant à un système contenu de formation).
Or, ceci ne peut se convevoir que dans le cadre plus générale d'une mise en confiance globale du salarié qui verrait bien à force qu'en lui donnant tout son brut, en le responsabilisant donc, en lui proposant dans le même temps une participation actionnariale et une intervention comme force de propositions dans le management et la stratégie (par exemple en demandant plus régulièrement l'avis des salariés sur les modifications en interne au lieu qu'elles viennent d'en haut à chaque fois qu'un nouveau DG débarque…), le salarié, dans ces conditions plus favorables, ne pourra pas alors ne pas comprendre l'intérêt qu'il aurait à accepter plus de souplesse dans le contrat de travail en échange de plus de sécurité : l'accroissement de la compétivité rend en effet plus solide la société dans lequel il peut ainsi prospérer.

Par ailleurs, et sur un autre plan, celui de cette autre crainte des Français vis-à-vis du Service Public, pourquoi ne pas expliquer qu'il ne s'agit pas de les "casser" mais au contraire d'en augmenter l'efficacité en permettant aussi à des sociétés privées d'en bénéficier, ou en ouvrant le capital de certaines structures ? Ainsi, il ne serait pas incompatible de rendre plus autonome financièrement les Universités, en louant leurs locaux, en créant des projets en lien avec le privé, tout en augmentant les bourses d'études pour les étudiants les plus démunis comme cela se fait aux USA. Bref, au lieu d'opposer privé et public, cours de grec ancien et formation professionnelle, pourquoi ne pas en associer les offres ?…

Mais tout ceci n'est que voeux pieux, paroles vaines empilées indéfiniment dans les bibliothèques entières de livres savants, puisque tout le débat est accaparé par les mêmes puissances politiques qui sont, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à la source, mystico-idéologique, de la décroissance française, que les propositions, communistes, du Front national (protectionnisme, augmentation des bas salaires, préférence nationale) n'arrangeront pas, bien au contraire, puisque le salaire doit être lié au degré de compétence et non pas au saupoudrage électoraliste (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas en effet agir sur la pénibilité par des primes et des exonérations), tandis que la préférence nationale existe déjà dans la fonction publique et dans certaines professions (du moins plus officieusement : par exemple à la TV, dans les partis politiques, dans les médias en général…) sans avoir pour autant réussi à casser la spirale de la stagnation. Le fait de renvoyer des millions d'immigrés clandestins par charters entiers, outre sa réalisation hypothétique, ne résoudra pas les problèmes structurels touchant à l'organisation centralisée et bureaucratisée de la protection sociale et du développement économique.

La seule chose possible qui permettrait de redresser la barre du bateau France serait que le blocage économique et politique soit tel qu'il se créé de plus en plus les préconditions d'une vaste révolte susceptible d'amener au devant de la scène des forces politiques nouvelles encore insoupçonnées et porteuses de solutions inédites efficaces, c'est-à-dire au-delà de savoir si, de façon apriori, elles sont de gauche ou de droite ; peu importe la couleur du chat du moment qu'il attrape des souris disait le vieux Ten T’siao Ping… On voit que la Chine, au-delà de ce que l'on peut en penser, en a fait, cyniquement, la devise de son redressement…Ce qui serait aussi possible en France sans pour autant en partager les excès…

27 janvier 2007

Lucien SA Oulahbib 7/6/2019

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