L’Avenir du printemps

 
 

par Olivier Véron

168 pages

Prix : 12 €




« Mignonne allons voir si la rose… » Ronsard.

Camarades !

Le vingt-six mai dernier, aux Invalides, nous avons perdu une bataille, mais nous n’avons pas perdu notre cause. L’entêtement du gouvernement, sa surdité, ses mensonges, ses tentatives d’intimidation, ses manipulations ridicules, le dispositif impressionnant des forces de « l’ordre » – n’ont pas eu raison de notre mouvement. Eugène Ionesco écrivait en 1978 :« Le redressement des mentalités s’esquisse en France. » Cela prend donc du temps, cela est loin d’être fini, peut-être cela ne fait que commencer. « Après tout, nous sortons tout juste du néolithique », a remarqué Maurice Dantec. Malgré des mois, des années de contestation massive, argumentée et légitime, l’État français, compromettant toutes ses institutions a poursuivi sa révolution des consciences et ne nous donne plus voix au chapitre. Il clôt le débat et prétend dicter le point final, il transforme en fait accompli sa loi.
Mais ce qui suit est pire.
Son autisme politique nous déchoit symboliquement de la citoyenneté dans notre propre pays. Il compte, avec la complicité de tous les installés de cette terre, nous expulser dès à présent de notre propre histoire, de notre lieu. Il nous déclare irrecevables. Il a menacé de nous dissoudre. Nous sommes, camarades, les nouveaux invalides.
De rues en rues, de textes en textes, il continue de nous faire la chasse méthodiquement car il voudrait nous renvoyer dans nos foyers ; que nous soyons définitivement comme en exil à demeure chez nous. Retraite anticipée pour tous ! Antifascisme ! Front populaire ! Internationale socialiste ! Dispersion ! Dernière sommation avant usage de la force…
Mais quels foyers, camarades ?
Quelle est notre place, quel est notre peuple, quelle est donc notre langue et où est notre pays ? Notre point de résistance ? Bernanos avait expliqué ainsi la force d’arrêt patriotique des combattants de la Grande guerre : « Le front des cathédrales a tenu ! » et le résistant juif français Valentin Feldman (agrégé de l’université), vingt ans après, criait au peloton allemand chargé de l’exécuter le 27 juillet 1942 : « Imbéciles, c’est pour vous que je meurs ».
Camarades, nous sommes les nouveaux invalides, dépositaires de tous les sacrifices donnés au nom de la patrie dans leur portée universelle, « la France des croisades et de la Révolution », disait aussi Malraux. C’est cela qu’il faut transmettre à ce siècle mourant, le trésor de toutes ces vies empêchées qui jalonnèrent l’histoire de France et assurèrent la transmission de l’avenir. Nous ne voulons pas que cesse le beau, l’unique, le long, le dernier printemps français.
En affirmant vos convictions parce qu’elles sont justes vous avez déposé un témoignage devant le monde. Il sera entendu. « Dans ce monde de rigueur où il n’y a ni pardon ni complaisance… l’extrême attachement a pour condition le détachement extrême », a dit Feldman.
Donc ne faiblissez pas, en vous désignant comme les perdants ils se fourvoient ; en croyant vous marginaliser c’est notre pays qu’ils déchirent ; en vous affublant d’oripeaux révolus ils ne voient pas leur propre disparition. Ils vous lancent des injures parce qu’ils ne font rien, ne sont plus rien, ne construisent rien. Ils tirent leurs dernières cartouches. Encore un peu et ils abdiquent. Le pays déjà entièrement vendu par eux en viager à ceux qui attendent leur extinction est mort à leurs idées ; depuis longtemps empoisonné par leur propagande il se rétracte.
Vous êtes les derniers, camarades !
Un siècle terrible a propulsé notre patrie d’un vague socialisme soi-disant libertaire ne connaissant « ni dieu ni maître » à l’hyper-grotesque pantomime de la République traduisant dans le marbre de sa loi et la télévision le « Familles je vous hais » de Gide, mais c’est la fin.
Indifférente aux innombrables charniers du darwinisme social et du marxisme qui balisèrent la lâche débandade de la culture, elle a fixé le leitmotiv de sa propagande d’État pour réaliser, grâce aux « soviets plus l’électricité », la prophylaxie obligatoire de toutes les névroses possibles : ni père ni mère.
Ce qu’il restait de la filiation s’exhale dans les fumées de la propagande légale.
De même que depuis deux générations le B-A BA miraculeux de l’IVG est inculqué dans les collèges, et que le « kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas » n’a été prononcé pour aucun des cinq millions d’avortements français depuis 1976 (chiffre INED), dont toute la descendance jusqu’à la fin des temps fait désormais irrémédiablement défaut à notre monde, nul requiem ne sera dit pour ces témoins peccamineux de l’origine que les enfants des futurs couples virtuels n’auront pas.
Le lent déracinement en nous de ce qui reste d’originel, de culturel et de charnel atteindra son paroxysme stalinien.
On ne prononcera plus le mot procréation.
Le terreau des exigences transmises par filiation sera impitoyablement dénaturé.
N’importe comment mariage pour tous ! Et puis divorce et IVG à volonté. La Grèce est morte.
La Bible et Dieu le père aussi.
Qui tue un homme tue un monde.
Qui tue le père, tue la mère, la femme, la fille, le fils et toute la sainte famille. (…).

Olivier Véron, L’avenir du printemps.

Iris Canderson 4/3/2017

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