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Les impasses de la Caste au plus haut

Le pompon serait peut-être détenu par sa tendance états-unisienne quand certains restent encore persuadés que la victoire de Trump est due aux Russes ; ce qui en dit long sur le degré d'indigence mêlé de mépris d'une classe intellectuelle médiatique et politique de plus en plus maligne (comme on le dit d'une tumeur) unie pour faire peur, même si elle reste non seulement en dessous du niveau requis pour une élite digne de ce nom ; tout en creusant chaque jour un peu plus…sa tombe: après moi le déluge et au royaume des aveugles les borgnes restent rois.

À moins de démontrer que les Russes aient inventé un système de forçage automatique des votes, un système inédit (démonter les machines à voter comme il a été fait aux USA n'a cependant rien donné) un fluide hypnotique peut-être… Pourtant, le fait qu'ils les aient "influencés" s'avère nul et non avenu tant une telle mesure apparaît un pur non sens.

On était pas loin cependant d'entamer le même refrain en France, du moins avant le crash de la Caravelle Marine Le Pen happée par le triangle bermudien des chiffres et des lettres quand les caciques commencèrent eux aussi à désigner le spectre des "hackers" russes hantant l'Europe, surtout lorsque MLP eut franchi la barre des 40% tout en ayant réussi sa première semaine d'entre les deux tours.

Mais les dés funestes furent jetés, l'hyper-diabolisation et la reductio ad hitlerum de MLP ont bien payé, et celles-ci sont, d'abord, le résultat de la brutalité du programme FN concernant l'immigration, et non pas concernant l'islamophilie réduite à l'islamisme ce qui loupe le coche. L'immigration est en effet considérée par le FN comme premier facteur de l'affaissement français alors que celui-ci réside plutôt d'une part dans l'absence d'intégration réelle des immigrés en les protégeant de l'islamophilie, c'est-à-dire en effectuant une forte remise à niveau des programmes d'enseignement, en particulier d'Histoire, d'économie, d'instruction civique, d'apprentissage de la langue la culture française, doublée d'une restructuration en profondeur de la politique en direction des quartiers dits sensibles et également de tout ce l'on nomme les "incivilités".

D'autre part, l'affaissement français réside dans l'absence franco-française (avant d'être européenne) de politique de dynamisation transversale de la politique économique impliquant à la fois la forte participation des salariés (une sorte cogestion) la forte participation des citoyens à la gestion décentralisée via une démocratie numérique, et la grande transformation d'une protection sociale somme toute inégale malgré les apparences du contraire puisqu'elle renforce bien plus l'assistanat qu'une formation tangible non contradictoire avec le maintien d'une recherche fondamentale nécessaire (y compris dans les Lettres).

Autrement dit, et comme il a été dit mille fois, réduire l'immigration à sa base culturelle musulmane ne fait que souffler du vent sur les braises relativistes alors qu'en tendance cette immigration ne voit en l'islam qu'un fond symbolique dont elle se détache en silence d'où précisément la volonté agressive des islamophiles militants cherchant avec l'ostentation de leurs signes de plus en plus voyants à faire peur à leurs congénères mais ce, hélas, avec le soutien des culturalistes relativistes de l'élite mondialisée ne voyant en toutes les cultures que des folklores télégéniques, des variétés de "diversité", des parterres culturels, tout en ayant accepté par ailleurs que cette perception, esthétique (postmoderne) soit aussi payée par de l'argent wahhabite qui coule à flots au sein de cette élite globalement affairiste tout en disant bien sûr le contraire dans les médias et les universités aux ordres.

Or, il convient bien plus de critiquer les apories de l'islamophilie (comme le font avec constance Pascal Bruckner et Pierre-André Taguieff en particulier dans leur dernier opus respectif) par exemple en contestant son apport réel aux racines morphologiques de l'universel démocratique et républicain que d'amalgamer ce fond islamique avec l'immigration qui précisément cherche à s'en détacher, en votant également avec ses pieds s'agissant de l'immigration récente qui arrive par milliers au quotidien sur les côtes italiennes et grecques.

Cet afflux est d'ailleurs un problème mondial et non pas seulement européen. Or, au lieu de poser franchement toute cette longue question dans sa complexité multiforme, les autorités successives françaises n'ont fait qu'aller dans le sens du wahhabisme sonnant et trébuchant mais aussi du désir démographique impérieux des allemands (et également des italiens et des espagnols) de redresser le renouvellement de leur population sans cependant réfléchir à la nécessité de poser que le "multikulti" ne peut pas être une option d'intégration à moins de sortir de l'idée de Nation s'appuyant aussi sur un équilibre ethnique et non pas seulement sur un contrat citoyen.

Voilà pourquoi il aurait été non seulement élégant, au sens de respecter la gravité de ces questions qui a tramé l'élection présidentielle française, de ne pas aller dès lundi 15 mai en Allemagne, mais attendre huit voire quinze jours, tout en annonçant une politique de la chaise vide si un certain nombre de réformes de l'UE ne sont pas prévues en particulier concernant les écarts de politique fiscale sociale culturelle.

Ce pourrait être l'enjeu des législatives, du moins s'il y avait une force politique à la fois démocrate républicaine et patriote capable de ne son seulement agiter librement l'étendard français et de chanter son hymne au nom de sa devise, mais aussi de la réaliser enfin dans les faits. Nous sommes bien loin du compte. Même si ici et là la recomposition s'installe tout de même…y compris au sein de la majorité présidentielle…

Lucien SA Oulahbib 15/5/2017

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