Raymond Barre a-t-il eu raison de s’en prendre au « lobby juif » ?

Ainsi, il est étonnant que Raymond Barre atténue la responsabilité de Maurice Papon dans la déportation des juifs. Pourtant, c’est ainsi que l’a vu le tribunal de Bordeaux qui ne l’a condamné qu’à 10 ans de réclusion.
Pourquoi ceux qui ont condamné les propos de Raymond Barre ne se sont pas manifestés quand François Mitterrand a offert, pendant ses deux septennats, sa protection judiciaire à Maurice Papon ? Rappelons qu’à l’époque, le ministre de la justice était Robert Badinter.
Le même François Mitterrand avait été décoré de la Francisque par le Maréchal Pétain dont il faisait fleurir la tombe chaque année. Dans les années 80, le Président français recevait à l’Elysée son ami René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy et, à ce titre, chef « fonctionnel » de Maurice Papon sans que cela ne froisse ceux que l’on entend aujourd’hui.
Où étaient-ils ?
Qui a entendu leur réprobation ?

Bruno Gollnisch est un élu du Front National condamné pour négationnisme. Raymond Barre a dit que c’était « un homme bien ».
Ces propos sont choquants.

Pour autant, il faut rappeler que c’est François Mitterrand qui a instrumentalisé et fait monter le Front National dans les années 80 pour affaiblir la droite républicaine française. Il avait notamment instauré la représentation proportionnelle aux élections législatives de 1986.
La LICRA a vigoureusement condamné les propos de Raymond Barre.
Pourtant, le président de la commission juridique de cette organisation, Michel Zaoui, qui est aussi membre du bureau exécutif du CRIF, fut l’avocat qui a engagé des poursuites juridiques à notre encontre pour le compte de Daniel Schneidermann.

Pour ceux qui l’aurait oublié, Daniel Schneidermann est le journaliste français qui a couvert, de son autorité morale de critique des medias, la fameuse affaire Al Doura qui est la plus grande manipulation médiatique antisémite des temps modernes.

Raymond Barre a conclu ses propos en s’en prenant au « lobby des juifs liés à la gauche » qui « mènerait des opérations indignes ».
Ce lobby existe-t-il ?
Et s’il existe, mène-t-il des opérations indignes ?

Cette appellation ne nous semble pas exacte même s’il est vrai que de nombreux journalistes de confession juive occupent d’éminentes positions dans certains médias français.
Pour autant, ce groupe informel ne constitue pas à proprement parler un lobby, même s’il est possible qu’il existe une solidarité entre eux. Certains, par exemple, se protègent des critiques qui les visent et d’autres semblent effectivement mener des campagnes de diabolisation à l’encontre de personnalités politiques ou médiatiques.
C’est ainsi par exemple que le journal Marianne a plusieurs fois utilisé le même concept que Raymond Barre, tout en prenant soin de ne jamais employer le mot de « lobby ».

Ce magazine s’est est souvent pris aux « juifs communautaires », placardés en couverture pour attirer le chaland.
Tariq Ramadan avait lui parlé « d’intellectuels communautaires ». A l’époque, le prédicateur musulman avait choqué.
La même notion, utilisée par Marianne, n’a révulsé personne.

Pourquoi ?

Peut-être parce que dans le cas de Marianne, c’était des journalistes juifs de gauche qui reprochaient à leurs coreligionnaires de pencher à droite, voire pire, de devenir « Sarkozystes ».
Raymond Barre s’en est donc pris à quelques journalistes au sujet desquels certains ont une idée préconçue qui est complètement erronée.

Ainsi, nombreux sont ceux qui pensent que ces journalistes utilisent la place qu’ils occupent dans les médias pour promouvoir les intérêts des juifs en France, et d’Israël dans le monde.

En fait, il n’en est rien. Leurs seules activités coordonnées consistent à se soutenir les uns les autres tout en diabolisant la droite qu’ils caricaturent. En contrepartie du strapontin, ou du siège confortable, qu’ils occupent dans les médias français, ils payent leur tribu en étant plus hostiles à la politique israélienne que les autres journalistes, rejoignant en cela la politique extérieure générale de la France. Ils deviennent ainsi la caution morale des pires antisémites que la France compte.

Pour approfondir ce sujet, nous vous invitons à lire, ou relire :

- Pourquoi les medias entretiennent-ils le mythe que Jacques Chirac a véritablement lutté contre l’antisémitisme ?

- La lecture indispensable de 2007 : « Controverses – les Alterjuifs »

En somme, pour revenir aux propos de Raymond Barre, il nous semble que la formule qu’il a employée concernant le « lobby juif » était maladroite.
Pour le reste, ses commentaires sur Maurice Papon, Bruno Gollnisch et les « français innocents » nous semblent condamnables même s’ils sont bien moins graves que l’attitude qu’a eue François Mitterrand lorsqu’il était à Vichy, puis Président de la République.
A cette époque là, ceux qui stigmatisent aujourd’hui Raymond Barre étaient étonnement silencieux.




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23/3/2007

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