Les faux révolutionnaires de la transformation sociale

Les faussaires sont plus que jamais de sortie: les uns  justifient la dictature présente au nom d'une misère passée qu'ils auraient fait disparaître (dixit Patrick Besson dans le Point du 03/09/17) ; sauf qu'il faudrait maintenant en payer, de fait, les intérêts en terme de pouvoir absolu (et corrompu) ; peu importe si cette conséquence s'avère d'autant plus injuste et sanguinaire par exemple à Caracas qu'elle efface en quelque sorte les victoires supposées contre "la" misère d'humains en souffrance, certes, soulagés dans leur corps (care) mais de plus en plus encadrés et formatés dans leur esprit (police de la pensée) puis aussi dans leur chair quand même (restrictions alimentaires et expressives) ainsi "la" misère réa-apparait mais sous d'autres causes celles précisément que les faussaires nient (jusqu'à mettre sur le dos de l'opposition vénézuélienne les morts actuels).

C'est que ces prétendus "sauveurs" se prétendent toujours "suprêmes" en oubliant, ou le faisant exprès par vanité —(les Robespierristes, Bolcheviks, Maoïstes… ont échoué mais pas nous les franchouillards) que toute structure de pouvoir, toute, engendre aussi des excès qui ne peuvent être contrebalancés que par des contre-pouvoirs ; or, cet axiome morphologique objectif, issu de l'expérience historique, manque, cruellement, non seulement en pratique mais aussi en théorie : où est en effet la conception (post/néo) marx/iste/ienne, bref "progressiste, révolutionnaire" des "contre-pouvoirs" ? Nulle part…Pas plus qu'hier qu'aujourd'hui.

Les soviets étaient en effet noyautés nettoyés rougis à la chaleur adéquate (avant le goulag) et les syndicats indépendants interdits bien sûr ; il en est d'ailleurs de même présentement en France, sans parler du fait que toute cogestion soit refusée, le partenaire patronal n'étant qu'un "interlocuteur" pour la CGT puisque le "profit" n'existe pas hors "exploitation capitaliste" on en revient en fait toujours là : comme la production du bénéfice y est toujours lue comme précédant la vente de la marchandise le résultat positif se trouve de plus en plus confondu avec l'abus de position dominante s'il n'est pas immédiatement partagé, et ce hors compétence… Or, tout abus de pouvoir peut pourtant être précisément combattue par la participation active des salariés au C.A, mais rien n'y fait, les teneurs de l'assujettissement du salariat à l'idéologie paternaliste du néo-léninisme ambiant domine encore d'où la volonté que l'accord de branche chapeaute tout accord local de peur qu'une "liberté" non prévue se fasse au détriment non pas du salarié en réalité mais du pouvoir multiforme qui vit toujours en France de sa dénonciation a priori

Seule la pensée issue de la lignée Locke/Montesquieu (qui inspira la Constitution états-unienne)/Tocqueville/Churchill a tenté de canaliser "le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres) sans pour autant en détruire l'essence toujours mouvante : la dialectique liberté/égalité que la solidarité exprime. "On" accuse cette lignée de "libéralisme" (aujourd'hui d'"essentialisme") pour ce (seul) fait : ne pas avoir casser ce couple, la liberté étant suspecte (sauf dans le sociétal, et encore, elle doit être "bougiste" selon la définition taguieffienne).

Ce divorce obligatoire est bien dangereux, à la fois en pratique et surtout comme proposition théorique : un anti-libéralisme suffirait-il pour nous protéger des affres humains trop humains amplifiés par une puissance étatique se substituant aux contre-pouvoirs ? Par exemple en subventionnant des médias déjà bien-pensants, en refusant de couper le lien avec le Parquet, en finançant surtout les grandes entreprises au détriment des petites et moyennes afin de tenir une classe dite moyenne et populaire trop turbulente trop "identitaire" donc trop "essentialiste" selon les mots de la novlangue en usage ?…

D'autant que la notion même de "contrat" est plutôt au centre de cette lignée, pourquoi voudrait-elle l'annihiler y compris dans l'entreprise pensée de plus en plus dans les nouvelles générations comme un tout systématique rétroactif et non pas simplement hiérarchiquement limitée par le droit de propriété ? Sauf qu'il faut là aussi un contre-pouvoir, mais qui l'incarnera sinon le syndicat réellement indépendant ?

Mais il est vrai que plus généralement l'incarnation du contre-pouvoir dans une instance indépendante (ne serait-ce que…l'État par exemple pour les libertariens) semble étrangère à cette lignée posant les contre-pouvoirs toujours comme premiers. Elle pensera ainsi que l'auto-régulation entre humains libres fera office de raison suffisante. Ce qui n'est hélas pas toujours le cas lorsqu'une partie joue la force et donc viole le Pacte (ce fut la conclusion de Locke). D'où la nécessité d'une transcendance protégeant le contrat, un Léviathan, ce qui fait émerger une autre lignée celle allant en France de Bodin à De Gaulle ou les deux corps du Roy :

Ainsi le Souverain, c'est-à-dire le Peuple en tant qu'être libre, doit bien se protéger et, par là, cherche à incarner la Justice ou comment la rendre visible charnellement dans son articulation entre le vrai le beau et le bien s'incarnant dans un regard une attitude une élégance (voilà pourquoi certains peuples ont encore une monarchie) combattant le mal la corruption déjà par leur présence ensuite par leur indépendance garante de la Justice, ce qui implique de ne pas être seulement représenté par le papier du contrat ; d'où l'élection en France du Président au suffrage direct trait d'union précisément entre ces deux corps qui se limitent mutuellement, réellement, d'où l'ambiguïté du lien entre l'Exécutif et le Parquet.

Sauf qu'il y en a plus qu'un seul aujourd'hui de "corps", seul son exosquelette surnage : cette bureaucratie omnipotente (l'Administration) s'est en effet émancipée ; on ne dira pas "la République sans tête", plutôt sans âme ni esprit; car ce qui tient ces deux corps ensemble (le devoir d'État) s'est délité rongé au coeur mis sous cynisme accéléré à la perfusion maquillée made in egalitarism pour cacher cette emprise qui s'est lourdement renouvelé en pis dans les années de la Libération par cette génération spontanée (formée au Tabou) qui n'y est presque pour rien dans la Libération pourtant, mais a prétendu le contraire, puis a placé peu à peu sa réplique au fur et à mesure de son retrait : les générations des années 60 et 80, malgré le revival de 58 qui a succombé en 62 avec la défaite devant le nationalisme djihadiste arabe en Algérie puis en 68 devant le nouveau pouvoir culturel déjà mondialisé de l'égalitarisme relativiste du tiers-mondisme cheval de Troie des totalitarismes présents et avenir dont le dernier, l'islam/isme khomeyniste (soutenu par Foucault) a débuté en 1979.

Tout ceci, surtout son chiasme idéologique gauche/droite, a donné de fil en aiguille la génération actuelle, post-punk, post-politique, mélange de post/technocratisme/positivisme pédant et de totalitarisme moral scissipare (éditions, revues, retraite dorée) avec une pointe d'affairisme multiforme : des légions d'honneur aux pièces spéculatives d'art contemporain en passant par les sinécures dans les différentes cours assemblées ministères et leur rond de serviette dans les nouveaux salons que sont devenus les médias.

Un autre exemple de leur médisance, mépris, prétention ? Face aux gesticulations du docteur Folamour nord-coréen cette espèce de nouvelle féodalité (NF) déclenche ce réflexe conditionné à la perfection accusant bien sûr Trump d'en être la cause, c'est d'autant plus beau qu' a contrario la Chine communiste n'est guère montrée du doigt dans cette affaire qui arrange bien son élite bien plus parasitaire que ne pourraient l'être mille Trump, mais la néo-féodalité n'en démord pas : Trump est tout autant coupable que ledit réchauffement climatique montré du doigt dans les récents "ouragans" (mot amérindien 16ème siècle) ils donnent une "intensité" aux évènements qui, sans cela, transformeraient les ouragans (séculaires en réalité) en cyclones cycliques, et les menaces nord-coréenne en simple désir de reconnaissance.

Faut-il pour autant énoncer qu'un certain laisser aller écologique et qu'une frappe préventive seraient les moins mauvaises des solutions ? Il y a là un pas à certes ne pas franchir du moins tel que sans avoir épuiser toutes les possibilités réelles de modifications efficaces comme les idées de proposer à la Corée du Nord de participer à une espèce d'alliance coopérative pour le développement en Asie du Sud Est ou encore de lutter mondialement contre la pollution à commencer par les déchets et les déversements industriels.  Ce serait de bons compromis. Au lieu de cela, les faux Talleyrand issus de cette néo-féodalité laissent accroire qu'il suffirait de réduire drastiquement les modes de vie ou exiger que les USA quittent l'Asie pour "résoudre" les errements productivistes et les volontés séculaires de puissance ; ce qui revient à oublier encore une fois que tout pouvoir secrète sa corruption s'il n'y a pas de contre-pouvoirs et de rectifications qualitatives des processus de production.

Sauf que tout ce beau monde épris de réponses aisées suit. Il n'existe d'ailleurs que par ce suivisme poussant vite fait les problèmes épineux sous le tapis médiatique cossu tels que l'identité citoyenne, la langue, les frontières. Ainsi le terme de "citoyen" est lu uniquement non pas comme étant membre d'une "nation", mais uniquement et de fait en tant que celui du "monde" (voire de l'univers) puisque la moindre politique pratique en matière de régulation des flux migratoires sera, est, immédiatement jugée, de fait, comme étant "réactionnaire", même si en droit il est énoncé quelques mesures "régulatrices". Ce hiatus est contradictoire : si les droits attachés à la notion de citoyen sont étendus également aux non citoyens (hormis le droit de vote) alors celle-ci devient vide de sens.

D'où le malaise dit "identitaire" et d'autant plus que certains "étrangers", légalement installés, feront, eux, tout pour marquer leur différence précisément identitaire : ainsi certains ont le droit, de fait, d'affirmer leur identité dite "culturelle" tel ce jeune de 15 ans d'origine nord africaine arborant le maillot d'un joueur de foot "algérien" pourquoi pas sans doute sauf que lorsque d'autres, les plus autochtones, voudront organiser, en public, une "soupe au cochon", un "apéro-saucisson", une "riposte laïque" un "droit au port de la jupe, du bikini, partout" un tel "chez nous" sera jugé non pas "culturel" mais bien plus "réactionnaire" : "fasciste" à interdire à terme selon les principes du totalitarisme rampant qui se veut homogène idéologiquement: du climat aux genres sexués tout doit être empaqueté sous contrôle.

Le Tout Médiatique (TM) de la Néo-féodalité (NF) parlera ainsi et doctement de "repli identitaire nauséabond" pour tout refus de ce bougisme nommé "progressisme" bien sûr, la notion de "diversité" y étant non seulement admise mais encouragée, même s'il s'agit plus d'y songer en terme de "variétés" (folklores alimentant l'industrie culturo-touristique) que d'entités à part entière ; sauf que celles-ci ne l'entendent pas de cette oreille, ni ventres ni bras seulement, elles exigent l'égalité en terme de visibilité culturelle et cultuelle. D'où à nouveau le malaise parmi les "citoyens" de "souche", mais sommés de s'enfouir (sous-chiens), refoulés (au mot "identité" je sors ma pétition exclusive) puisque lorsque l'occasion se présente de dire un grand non façon Brexit, telle la dernière campagne présidentielle française, ces identitaires qui font si peur bottent en touche, se réfugient déjà dans l'abstention, du moins si les chiffres sont bien analysés.

Le TM de la NF dira que la candidate "bleu marine" n'était pas à la "hauteur" et ne l'est toujours pas (d'où l'idée qu'elle n'est pas l'opposante majeure de l'actuel Président). Celle-ci rétorque qu'elle a surtout voulu montrer que Macron est l'homme dudit mondialisme celui des grands groupes apatrides ; sauf que cela n'a pas suffi évidemment pour critiquer la politique néo-féodale actuelle, même si le fait d'avoir revigoré à la fois la notion de souveraineté et le refus du conformisme techniciste semblent être deux facteurs décisifs pour penser à nouveaux frais une Europe des Nations distincte d'une Union Européenne centraliste prônant une homogénéisation radicale des peuples réduits à se transformer en nouvelles variétés du patrimoine touristico-culturel fait en matériaux anciens comme le sont devenus bretons normands et basques….

Mais ces deux refus sont-ils si suffisants pour penser et agir concernant la question du développement humain au niveau également planétaire puisque la question des flux migratoires et celle des déséquilibres induits par l'émergence des mégalopoles pèsent précisément et de plus en plus sur la souveraineté et le mode de vie ?

Brutalement dit : doit-on seulement poser le problème migratoire au niveau national alors qu'il est de plus en plus mondial ? Ce qui impliquerait dans ce cas de gérer les flux non plus seulement au niveau italien grec allemand français anglais…. On peut certes fermer les frontières comme le font les ex-pays de l'Est, mais lorsque l'on voit que la désertification démographique française s'accélère, que l'exode rural s'accentue en France comme en Afrique vers les mégapoles, n'est-il vraiment pas possible de s'opposer à cela par des mesures plus hardies incluant des intégrations de populations sur place via des franchises et des facilités diverses  ? D'ici vingt à trente ans sans doute qu'un redéploiement des mégalopoles en réseau puisse à nouveau repeupler ce qui est aujourd'hui de plus en plus désert. Mais en attendant il est dommage que rien ne soit pensé de sérieux. Hormis la prise du quartier général. Ou la fin de la production, du travail, l'assistanat généralisé…

En fait, rien n'a été retenu des échecs retentissants issus du communisme comme du fascisme et du nazisme. Aujourd'hui le tiers-mondisme suit la même pente en attendant celle de l'islam/isme et pourtant nombre d'idéologues veulent encore mettre au pot en accentuant leurs analyses et recettes qui depuis près de deux cent ans maintenant ne marche pas. L'idée que la déconstruction réelle actuelle et pas seulement sémantique du mode civilisationnel démocratique français et occidental, encore libre sous certains aspects, soit pour certains la seule solution politique réaliste possible en dit long sur le degré de cécité actuel ; et le fait que les mêmes se prétendent "révolutionnaires"dans cette action régressive et pour le coup réellement réactionnaire montre bien que le contenu des mots a décidément changé de sens :

les déconstructionnistes de l'idée de nation de son identité culturelle son équilibre ethnique, démographique, de sa langue, de son mode de vie, ses acquis civilisationnels, sont des totalitaires réactionnaires ; il n'y a aucune raison de leur laisser la notion de "progrès" entendu ici en un sens qualitatif, néomoderne, en ce sens où ce qui importe dans le développement humain c'est bien plutôt la qualité relationnelle des choix de vie et des objets produits que leur seule croissance quantitative. Voilà la césure.

Lucien SA Oulahbib 7/9/2017

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

461 vues

Tous les articles de Lucien SA Oulahbib

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Analyses-RTV, Article Resiliencetv, Editorial de Resiliencetv-ARTV

 

Comments are closed. Please check back later.