Une grosse campagne de propagande contre la Pologne

 

Jakub Mielnik

 


Extrait d'un entretien paru le 31 mars 2016 sur le site du journal Wprost

 

Traduction du polonais Irena Elster

 

Une grosse campagne de propagande contre la Pologne, dans laquelle sont impliquées des sommes d’argent considérables, a vu le jour. En tant qu’Israélien, je sais parfaitement comment cela fonctionne – dit Jonny Daniels, président de la fondation From the Depths.




Penses-tu que les Polonais ont sucé l’antisémitisme avec le lait de leur mère ?




Durant toute ma vie, j’entendais, que ce soit de la part des Juifs de Londres, aux États-Unis ou en Israël, que les Polonais étaient aussi durs ou même pires que les nazis. Mais c’est faux. En tant que Juif, avec une kippa sur la tête, je me sens ici plus en sécurité que n’importe où en Europe. Je suis né à Londres, ville cosmopolite – aujourd’hui, c’est, pour un Juif, un endroit dangereux. Il en est de même à Paris, à Bruxelles et dans de nombreuses villes de Suède. À Berlin, les synagogues sont protégées par des véhicules blindés et une police armée. Pas en Pologne.




Il est difficile de trouver cela dans la presse étrangère, celle-ci est par contre pleine d’histoires sur les nationalistes catholiques, à l’origine d’une dictature en Pologne.




Ce sont des affabulations. Le gouvernement précédent, passant pour très libéral et ouvert, durant huit ans, n’avait rien fait à part donner une bonne impression. Quand je suis arrivé en Pologne, il y a deux ans et demi, j’entendais souvent que les Juifs ne visitaient qu’Auschwitz et qu’ils ignoraient tout de la Pologne contemporaine. Je partage cette vision, c’est pourquoi j’ai décidé de faire quelque chose. À la commémoration de la libération d’Auschwitz, j’ai fait venir la plupart des députés de la Knesset. Nous aurions pu en rester là mais il m’importait qu’ils aient pu voir quelque chose de plus que l’uniforme allemand. J’organisai donc à Cracovie un dîner de 800 personnes. Le gouvernement d’alors, et je joignis le maximum de personnes que j’ai pu, ne s’y intéressait guère. C’est tout juste s'ils envoyèrent un ou deux représentants, aucun ministre ni employé de haut rang. (…)




Et le gouvernement actuel ? Est-il, comme l’écrivent les médias étrangers, une menace pour la démocratie en Pologne ?

 

Il est impossible d’émettre un jugement quelconque ou crédible peu de temps après les élections d’autant plus que, quoique ce gouvernement fasse, à l’étranger, c’est amplifié. En tant qu’Israélien je sais comment ça fonctionne. Une gigantesque machine de propagande, dans laquelle sont impliquées des sommes d’argent considérables, est mise en route dans le monde contre Israël. Maintenant nous commençons à le voir aussi en Pologne. Les médias influents sont mécontents que les partis qui les soutenaient aient perdu les élections car ça les frappe du point de vue financier, ils attaquent donc le gouvernement sans reculer devant la déformation des faits élémentaires. Et ça circule ensuite à l’extérieur. 


Je connais de nombreux correspondants étrangers à Varsovie et je sais comment ils fonctionnent. Rien de plus facile que de recopier ce que disent les médias locaux. À quoi bon vérifier les faits ? C’est un coup dur pour la Pologne, ce qui la rend comparable à Israël. Pour nommer cela nous y utilisons d’ailleurs les mêmes termes : balagan(1) et attrape-nigaud. En Pologne comme en Israël personne ne veut être attrape-nigaud mais tout le monde ressent un état permanent de balagan. 


 




 

 




 



 

 

 




 




 




 

 

 


[1] Balagan – veut dire désordre, bordel, pagaille en yiddish et… en polonais aussi. N.d.T.

 



 

 

 


Irène 4/10/2017

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