« Riche comme Crésus »

Crésus était-il "néo-libéral" ? On pourrait le croire à l'écoute de la sauce idéologique ambiante. Après tout, les Francs, et autres Vandales sont désormais perçus comme des "migrants" et chaque ouragan donne l'impression que le terme vient d'être inventé (alors que le nombre en a été bien plus faible qu'en 2005 et 1933).

La richesse visée pour elle-même a toujours existé et Aristote la critiquait déjà avec le terme de "chrématistique". Certes l'idée de nouveauté se soutient malgré tout par le fait que la spéculation est devenue électronique et mondiale, mais à part cela, celle-ci, dans son tourbillon babylonien et son remugle balzacien, n'est non plus aucunement nouvelle.

Aussi en revient-on plutôt et encore une fois au problème des limites internes et externes à apporter au désir d'être débridé. D'autant que ce dernier transcende les structures sociales et leurs conflits multiformes et permanents comme il a été toujours vu dans l'Histoire. Et même les supposés tenants de la "table rase" ont tous échoué à le contrer. Ils ont seulement jeté le bébé avec l'eau du bain en détruisant également les freins ou contre-pouvoirs (syndicats  indépendants, justice libre et protégée, loi anti-trust, participation au capital…) qui avaient été confectionnés au fil du temps contre cette soif insatiable de puissance et ce au profit d'une centralisation bureaucratique du pouvoir qui a plutôt envenimé les choses comme on le sait.

Rien en réalité ne peut échapper à la corruption dès qu'il y a une matérialisation, serait-elle la plus en rupture, car celle-ci produit à terme des effets concentriques tels qu'ils attirent les opportunistes (souvent maquillés en saints) ; ils perturbent alors les processus de contrôle en interne ceux-ci étant en effet vite annihilés par la bureaucratie naissante.

La seule possibilité, surtout pour la puissance publique, consiste à préserver la liberté d'entreprendre et la solidarité en faisant en sorte de créer les conditions d'une éthique du partage volontaire via la mise sur pied de systèmes de cogestion, et de création de fondations diverses et variées qui sont loin d'être des "oeuvres charitables" mais de réels leviers d'aide à la création et à l'égalité des chances effective comme on le voit dans les pays où cet effort n'est pas méprisé par la néo-aristocratie d'État.

Mais sommes-nous capables d'entendre ces choses ?  Pas sûr pour certains qui n'ont de cesse d'attendre le "grand soir", vision romantique vite culbutée pour d'autres par le désir du "chamboule tout " espérant que cela "craque" jusqu'aux freins brisés.

Et pourtant ! La destruction visée pour elle-même n'est que le pendant de la spéculation cherchée pour elle-même ; elles se rejoignent souvent dans les alcôves chics des salons interlopes je t'aime moi non plus lorsque la puissance est aimée pour elle-même ou le "vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron" cela rapporte plus et déjà cette richesse symbolique qu'apporte l'écharpe de député quand bien même dit-on des âneries, un brouillard tel difficile à couper au couteau sauf pour certains qui s'en donnent à coeur joie…

Lucien SA Oulahbib 7/10/2017

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