L’extériorité « climatique »

Un journaliste de RTL téléphone à France Météo il y a quelques jours au soir en espérant entendre que toutes ces tempêtes et tombées abondantes de neiges et de pluies, que ces rafales de vent, soient bien entendu le résultat "du" réchauffement climatique ; las ! Le météorologue au bout du fil n'étant pas, à l'écouter, idéologue pour un sou a donc indiqué que rien n'était exceptionnel actuellement, même si désormais on apprend que ces tempêtes ont elles-aussi des prénoms, généralement féminins d'ailleurs, ce qui symbolise encore plus cet aspect anthropomorphiste du nouveau millénarisme ambiant et sa peur exponentielle…

La morale de cette histoire ? Le fait que l'on puisse penser que vagues vents neige et pluie devraient désormais agir de manière "raisonnable", comme si ces éléments avaient une sorte de cerveau à même de réguler en interne leur comportement nécessaire et suffisant ; et, ne le faisant pas, du fait même de leurs débordements, ceux-ci ne peuvent être alors que le résultat d'un facteur externe, l'humain ici en l'occurrence, quitte à manipuler les probabilités sur les siècles à venir.

Ainsi l'extériorité des facteurs touche également la météo désormais alors qu'auparavant cela concernait plutôt l'économie, la criminalité, le sport, bref "l'enfer c'est les autres"…

Tout serait par exemple la "faute" de "la" société, de "notre histoire" disent les défenseurs des djihadistes désireux de goûter plutôt de la clémence de la justice française, notion pourtant répudiée par eux, par elles, et, pourtant, ces avocats commis médiatiquement d'office viennent les "essentialiser" en les cataloguant de force "français" en tout lieu et toute heure, même s'ils/elles ont brûlé leurs papiers "français"…

Ce serait donc de notre "faute", ils/elles sont en Syrie à cause de "nous", "c'est la faute à Rousseau si je suis dans le ruisseau, et à Voltaire si je suis tombé par terre", de même pour tous les autres dysfonctionnements, internationaux, les facteurs sont toujours donnés comme "externes", la cause des problèmes mondiaux actuels viendrait de Trump…de Poutine aussi. Un peu d'Erdogan, mais à peine, pas du tout Abbas, non, pas du tout, ni Maduro, non, ni Kim non, ni Xi Jinping qui compte les points, ni l'ayatollah guide suprême actuel non… Trump vous dis-je !

Le,"les" climats à vrai dire (météo, politiques, spirituels…) sont frappés de cette extériorité issue épistémologiquement d'un modèle théorique définitivement erroné, celui du primat donné au milieu au contexte à la relation au détriment de l'élément concerné ; comme si ce dernier, l'objet, le sujet, de l'action, en était la création spontanée, sui generis, un texte ne s'expliquerait plus par son sens mais seulement par son contexte, le comportement d'un acteur ne serait que le produit d'une influence, toujours extérieure à lui (l'acteur n'existe pas chez Bourdieu par exemple) toujours ce behaviorisme du stimulus qui créé la sensation, toujours cette mauvaise réplique du doigt de Dieu touchant celui d'Adam (la Chapelle Sixtine comme facteur externe) toujours cette mauvaise réplique émise par le révolutionnaire professionnel qui donne la lumière à nos cerveaux de dominés inconscients…

Pourtant, tout cela est faux, cela a été démontré expérimentalement dans la faillite grandiose du totalitarisme et ses variantes (fascisme nazisme communisme tiers-mondisme) même si localement quelques exemples peuvent être présentés, telle la théorie de la plus-value chez Marx valable pour certains cas d'affairisme en perte de vitesse ou en position de force sans altérité, alors que des myriades de contre-exemples sont repérables comme l'actuelle baisse mondiale de la pauvreté quand bien même les plus riches s'enrichissent ce qui renvoie à d'autres causes internes (dont l'innovation : de nombreux géants d'aujourd'hui n'existaient pas il y a trente ans).

Ce qui n'empêche pas, dans le climat délétère ambiant (malgré le shoot des sondages positifs) de continuer à parler de causes "externes" de corréler pauvreté et richesse, et, au final, d'aller à l'assaut des dites "fake news" alors que le doigt accusateur est souvent une galéjade grandeur nature, croyant encore que ce serait un facteur "externe" qui aurait élu Trump ou empêché que Macron ait plus de "24%" au premier tour…

Nous nageons donc en plein délire, mais débité sur le ton doux de l'hyper suffisance d'égos surdimensionnés persuadés à force de rôtir sur les feux médiatiques qu'ils mériteraient mieux et que s'ils n'arrivent pas à faire toujours consensus autour d'eux c'est bien parce que la "masse" serait manipulée en externe.

Nous voguons en pleine pensée magique, du moins au sens figuré, car un peu de magie, réelle, nous ferait un si grand bien.

Lucien SA Oulahbib 5/1/2018

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