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Refus de l’exposition universelle ou le renoncement

Contrairement aux apparences actuelles sur un prétendu renouveau français (plutôt un balbutiement tiré par la croissance mondiale et une économie américaine au beau fixe) ce renoncement s'avère lui aussi être bien français mais venant plutôt de cette France de l'abdication, celle de 40, ou encore celle actuelle forçant les Nantais à aller à Paris pour prendre un avion international tout en observant les avions obstruer en permanence le ciel au-dessus d'eux. Quelques grenouilles et fermettes valent bien la nouvelle messe de l'écologiquement vôtre, hygiène d'État, manipulé, pillé.

Il est sûr néanmoins qu'en l'absence de géants d'aujourd'hui conséquents comme les GAFA (la France préféra le Minitel à Internet, le câble à la fibre aujourd'hui tirée à la hâte) il aurait été moins aisé de se la jouer maître du monde : où sont les chefs d'œuvres promis ? Écrivait le Céline du Voyage...avant de s'effondrer, lui aussi, dans l'idée que le monde moderne serait un monde "juif" pétri d'avidités alors que ni Crésus ni Médicis n'étaient juifs (respectivement Lydien une Lydie aujourd'hui occupée soumis par les Turcs qui leur ont fait subir le haraç : impôt sur les non-musulmans, et le devchirmé : enlèvement des garçons par les janissaires).

Où sont-ils ces chefs d'œuvres tant promis ?… Dans les tulipes de Jeff Koons ? Alors que pour celui-ci et ses congénères l'œuvre réelle consiste à faire plier le monde de tout leur poids aux espèces sonnantes et trébuchantes, posées sur les épaules si naïves d'une population saignée (trois millions d'euros demandés) jusque dans sa chair symbolique, celle du 13 novembre pour lequel ces fleurs prétendent encore faire hommage alors qu'elles semblent plutôt incarner le contraire, tel le bouquet que l'on offre à la suite d'une représentation réussie, Jeff Koon réagissant comme Stockausen durant le 11 septembre 2001 (« la plus grande œuvre d'art jamais réalisée ») ?…

Se sachant perdue, il ne reste plus pour l'élite encore au pouvoir que l'auto-destruction, du moins celle du peuple français (un tel propos étant cependant immédiatement taxé de "populistes" par les robots decodex qui traquent la "fake news" qu'ils sont eux-mêmes les premiers à produire…) pas la leur bien sûr d'autodestruction, cette élite étant plutôt confortablement réfugiée derrière leur agent Smith (de Matrix) en la personne d'Emmanuel Macron et d'un service "public" moribond, mais qui tient encore debout à coup de campagne de terreur idéologique, agitant les "heures les plus sombres de notre histoire" pour faire passer la combine d'un "public" protecteur alors qu'il l'est de moins en moins non pas manque de moyens seulement mais surtout par gabegie, idéologie, hypocrisie. Banal au vu des milliers de rapports en appelant à la "réforme" avant de servir de condiments à la "critique rongeuse des souris" quoique le terme "rat" serait plus approprié pour ce Tout Paris ces temps-ci (moins la notion de "bibliothèque" cette arche perdue).

Comme si le privé n'était pas aussi capable de soigner enseigner, conduire des trains…Et si la santé coûte plus chère aux USA (hors mutuelle d'entreprise et Medicare) n'est-ce pas aussi payer ce bien si précieux à son juste prix?… La possibilité de créer aussi une retraite par capitalisation ouverte à tous permettrait également d'y suppléer sans parler d'un actionnariat plus ouvert, transversal…

En tout cas il aurait été possible de montrer tant de choses merveilleuses à cette Exposition universelle, d'autres Tour Eiffel peut-être, imaginer mille et une réponses pleinement françaises faites au monde déjà là et qui vient, qu'il s'agisse de diverses prouesses technologiques en matière robotique, bio-informatique, holographique, virtuelle, mais aussi politique, économique en proposant de grands projets mondiaux harmonisés de développement global responsabilisant tous les acteurs afin de sinon enrayer du moins commencer à limiter les difficultés du développement durable en Afrique au Proche et Moyen Orient en Asie centrale et en Amérique du Sud.

C'est là, dans une vaste et réelle mobilisation de la Banque Mondiale, de l'OMC, de l'UNESCO, ONU pour ce développement global (mobilisation amorcée mais encore trop timorée) que se situe de plus en plus l'avenir, et non pas dans l'investissement à perte de centaines de milliards visant vainement à freiner ledit "changement climatique" grandiloquence narcissique et prétentieuse de se croire plus puissant que la Terre en mouvement dont les changements millénaires bien supérieures à ce qui se vit maintenant n'ont pas entendu l'arrivée de l'espèce humaine pour modifier en profondeur et parfois brutalement son cours.

Mais qu'attendre d'une élite prétentieuse, ignorante, obséquieuse, narcissique, et pourtant si rabougrie, mesquine, égoïste, persuadée qu'il suffirait d'ânonner quelques concepts (nation=essentialisme, République= égalitarisme, Richesse=Domination) pour comprendre, saisir, que "nous" sommes aussi dans une société interactive mondialisée au sens de plus en plus fort articulant persistance à être celui-ci (et non pas "un" autre indifférencié) et aussi celui-, présent solidairement au monde dans un "nous" (le Noûs d'Anaxagore et le "nous" de Jean Bodin, plus que le "nous" de Bonaparte/Napoléon qui a vendu la Louisiane, qui n'a pas compris que l'époque était restée métaphysique pas seulement physique d'où la puissance spirituelle d'un Churchill face à Hitler) qui se voudrait à la fois enraciné et enveloppant, au sens de se dire que les racines se transportent également, s'enrichissent aussi de boutures diverses épurées de leurs boursouflures ; il y a tant de choses à faire, à laisser être, sans pour autant oublier qu'il ne suffit pas de laisser passer pour qu'émergent ponts et véhicules ajustés indispensables à la traversée multiforme du Temps humain.

Ce renoncement, mesquin, énonce jusque dans ses lointaines résonances l'implacable et impeccable descente aux enfers d'une Nation autrefois si ambitieuse, rayonnante, à la pointe du monde, même si celui-ci a pu, rétrospectivement, ou de façon anachronique, se targuer du contraire comme il est enseigné dès le primaire ; l'idée même de colonisation n'étant plus en effet qu'une ambition occidentale diabolique ; les autres civilisations ont certes fait la même chose (sans cependant avoir apporté aucun ingrédient universaliste comme la liberté individuelle et l'égalité en droit) mais elles ne sont pas cataloguées à l'instar de l'occidentale, leurs conquêtes ne reçoivent par exemple aucun qualificatif disgracieux sinon d'avoir apportées la "lumière" à "l'obscurantisme" discours qui n'a donc pas été le seul apanage de l'Occident, sauf que peu d'élèves le savent aujourd'hui.

Loin de toute grandeur "on" se contentera des jeux (olympiques) moins ce pain fait de cette farine qui façonne par transsubstantiation l'esprit du temps. "Nous" n'y sommes plus du tout. Juste bons seulement à ressasser les grandeurs de la Belle Époque et du Grand Siècle dans un Paris Musée livré de plus en plus aux tours operators et aux rats au sourire d'ange.

Lucien SA Oulahbib 4/2/2018

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