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Sur « Autobiographie politique » de Bat Ye’or

Il s’est construit concernant la condition juive dans les pays dominés par le mythe arabo-musulman (occident compris à nouveau) une barrière brûlante, suffocante, un mur de pneus enflammés dégageant une fumée auschwitzienne de plus en plus épaisse, faisant office de règles (également subliminales) pétries d’interdits empêchant, paralysant l’esprit et donc toute vision objective de ce qui s’est passé de ce qui s’y passe réellement.

Cette règle frappe aujourd’hui (en permanence) tout bout de doigt timidement levé en direction d'une lumière émise par Bat Ye’or. Il suffit de lire la critique négative pour l’humer. Et ce nettoyage quotidien de l’imaginaire permet de définitivement substituer aux feux mirages du Vietnam, de l’Algérie, de Cuba (du Venezuela aujourd’hui) la destruction de tout ce qui a pu faire France depuis Dreyfus. Qu’auraient été l’UNEF, l’UEC, le PSU, 68, sans cette substitution progressive qui débuta dès le sacrifice assumé des populations plurielles dites "algériennes" ; échangeant ensuite l’imaginaire d’une jeune nation israélienne, porteuse également d’un idéal collectif faisant honneur aux utopies du XIXème siècle, au profit d’un projet nationaliste raciste arabiste s’affichant islamisé au fur et à mesure du temps qui passe comme cela se voit sous "nos" yeux.

A cela s’ajoutent les affres d’un autre nettoyage de l’imaginaire celui d’une France massivement résistante contre le nazisme et qui virent en De Gaulle la nouvelle Jeanne d’Arc mais si imbu qu’il en vint en maurrassien exigeant à faire imploser l’œuvre française en Algérie, condamnant ensuite Israël, leur préférant une hypothétique alliance avec « le » monde dit « arabe » cette fiction.

Comment leurs créatures respectives ainsi sculptées sous ces deux types d’aulnes pourraient reconnaître les travaux de Bat Ye’or ? Autant se faire harakiri. Ce qui ne se peut. Comment ces créatures pourraient comprendre qu’une Algérie, inexistante avant 1830, et qui depuis 1962 s’est ingéniée à démanteler ses racines berbères juives latines et chrétiennes, a été le laboratoire  desdits « palestiniens » inconnus avant 48 et qui en 65 sous l’impulsion également du FLN « algérien » puis de la diplomatie gaulliste comme le relate Bat Ye’or dans son « autobiographie politique » (pp 68, 69) se forgèrent en « peuple occupé » alors que ses membres depuis toujours se réclamaient de la « Grande Syrie » voire de la « Oumma » occupante ?… Tapez « Palestine » dans le moteur de recherche d’un Coran en ligne, vous ne trouverez rien.

Admettre la réalité des travaux de Bat Ye’or, en particulier l’éradication ethnique des juifs avant et après 48 dans des contrées comme l’Egypte l’Irak la Syrie l’Algérie où ils étaient là depuis des millénaires, de même que leur infériorisation séculaire aux côtés des chrétiens d'Orient tels les Coptes, et ce au-delà de savoir si le statut du «dhimmi» a aggravé cette ségrégation, reconnaître ces réalités serait concéder que l’œuvre européenne (au sens husserlien) qui les combattit sous la colonisation ne serait pas réductible aux épreuves de guerre, aux « enfumages » et autres représailles, comme si ceux-ci étaient son seul apanage et qu’ils puissent être comparés à «la destruction des juifs d’Europe» alors que celle-ci est issue d’une histoire qui ne peut servir d’étalon minorant sous le seul prétexte qu'elle serait occidentale (surtout allemande) tout autre génocide y compris le plus voilé par exemple celui de la traite arabo-musulmane comme l’a analysé Tidiane N’Diaye dans une indifférence toujours générale .

L’animosité envers l’œuvre de Bat Ye’Or opérée par beaucoup de médias proviendrait donc de ce refoulé là. Et Albert Memmi a pu souligner que les milles et unes petites émeutes anti-juives dans le quotidien arabo-islamique avaient eu bien plus de poids dans leurs secousses permanentes que tous ces tremblements de terre appelés pogroms plus à l’est :

« L’ensemble des victimes des pogroms russes, polonais et allemands, n’excède probablement pas l’ensemble des petits pogroms successifs perpétrés dans les pays arabes » Juifs et Arabes, Paris, Gallimard, 1974.

Une blessure séculaire qui ne peut être évidemment cautérisée par une caractérisation fallacieuse. Telle  celle d’un Jean Birnaum peignant Bat Ye’or en «égérie des nouveaux croisés» alors qu’en manipulant ainsi le vocabulaire djihadiste il allume lui aussi son pneu l’envoyant renforcer l’actuel manque de vision réduit à menacer de mort des joueurs de football s’ils avaient le malheur de jouer à Jérusalem ou de boycotter des produits israéliens comme naguère à Berlin ou au Caire (p.18).

De plus en plus la négation de ce qu'ont pu vivre les juifs bien après la Shoah et ce dans les  actuels pays alliés à la France peut être apparentée au négationnisme de la Shoah.

 

 

 

 

Lucien SA Oulahbib 6/6/2018

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