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Courbettes obséquieuses

"- Sire, promettez-moi une chose, si l'un de vos conseillers vient vous chuchoter que je vais un peu trop loin ou trop vite dans la réorganisation c'est que j'aurai touché juste…

- Ah Bon ? Expliquez-moi…

- Très simple, Sire, un de mes hauts-fonctionnaires, mécontent, se sera confié à l'un de ses collègues proche de votre secrétariat qui par la suite aura parlé à votre conseiller, sans doute un ami, vous alarmant de mon audace supposée…

-Pas faux…Que se passe-t-il ensuite ?

-Très simple, si vous ne réagissez pas, quelque chose fuitera dans la presse pour attaquer un membre de mon cabinet puis moi-même…

-Et si je ne réagis toujours pas ?

- Eh bien, via un journaliste ami le haut-fonctionnaire ira donner de la plume, une campagne de presse, sur la mesure en question autour par exemple du verbe "accroître"…

-Accroître quoi ? La croissance ? Ce serait bienvenu… Le déficit, par contre…en particulier celui de la balance commerciale…

-Accroître les "inégalités" bien sûr! Ou les "discriminations" si vous voulez…Une telle campagne peut alors étourdir jusqu'à paralyser, et même si une loi est votée, les décrets d'application peuvent trainer au fil des sondages, des grèves éventuelles…sans oublier les rapports enterrés…

-Au fond, seules passent les lois inutiles ou qui vont dans le sens de la Haute Administration qui elle-même est noyautée par la gentry gaucho-affairiste guimauviste dandy et cocaïnée ai-je bien compris?

-Je ne vous ai rien dit Sire…

-Pendant ce temps mon peuple se meurt, dépecé à la sortie de boîte, dans les bus, les gares, et l'on traite mes jeunes filles de putes si elles s'habillent selon le temps et la prestance, et si elles refusent de passer à la casserole elles seront dites "racistes"…

-Sauf si elles mettent le voile…

-Donc, on doit se laisser casser la gueule, violé, pillé…

-Comme au temps des razzias sarrasines, Sire, sauf que maintenant si vous ripostez vous êtes attaqué en justice pour discrimination.

-Où va-t-on ?

- Pour l'instant tout est noyé dans la statistique sur cinq cent ans, le fait divers n'est donc qu'une causerie d'été, jusqu'à ce que les tensions en s'accumulant créent le séisme.

-Bon… Je vais aller faire un peu de serrurerie… Et vous ?…

-Chercher de la brioche, la Reine m'en a demandé pour en distribuer aux miséreux assemblés aux grilles.

-Faites donc, Faites mon cher Necker… Et bonjour à votre fille !

Lucien SA Oulahbib 9/8/2018

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