Israël Etat-Nation du peuple juif

L’identité, celle d’un individu ou d’une nation, supporte, moins que toute autre dimension de l’existence, le mensonge ou le non-dit. Tromper est délictueux. Se tromper est suicidaire.

La ‘’LOI FONDAMENTALE : ISRAËL COMME ETAT-NATION DU PEUPLE JUIF’’, proposée par le député Avi Dichter (Likoud)[1] et adoptée récemment par la Knesset (Parlement) à une large majorité, a eu selon moi l’insigne intérêt de rappeler Israël à sa réalité : une élite médiatique et politique d’Europe occidentale toujours plus hostile, une élite médiatique et politique de la gauche israélienne toujours moins patriotique, des dirigeants arabes forcés de jeter leurs derniers masques, des autorités qui savent moins que jamais ce qu’est la communication, et heureusement un peuple, qui avec ses tripes, son sang, et sa détermination rappelle à chaque instant, à tous les précités, les fondamentaux, à commencer par la Déclaration de l’Indépendance.

La décision d’annoncer dès la fin de du mandat britannique la création de l’Etat d’Israël le 14 Mai 1948, à l’initiative de David Ben Gourion qui dut vaincre beaucoup de réticences parmi les siens, avait pour but, et cela est très clairement exprimé dans la Déclaration d’Indépendance adoptée ce jour-là, un Etat juif, en conformité avec la décision de l’ONU de Novembre 1947. Un Etat juif, non un Etat bi-national, non un Etat arabe, ou un Etat druze ou encore circassien… Selon cette même décision de l’ONU, les Arabes auraient pu créer aussi leur Etat, mais ils ne le voulurent pas. Pour eux, Israël était illégitime et devait disparaitre d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre. Nombre de dirigeants arabes et musulmans ont prophétisé la chose, (et continuent de la prophétiser), mais la chose ne s’est pas réalisée. Au contraire, les guerres ou les harcèlements terroristes n’ont fait que renforcer ‘’l’entité sioniste’’. Mais plutôt que d’avouer qu’ils ont été bernés par de faux-prophètes, la majorité des Arabes et musulmans continuent de se laisser gouverner par la même obsession : faire disparaitre Israël.

Quiconque ignore ou refuse de prendre en compte cette donnée (massive) du passé et du présent, ne peut rien comprendre à Israël, qu’il soit étranger ou… israélien. Et mis à part de faire ressortir le véritable enjeu que représente l’existence d’Israël, cette Loi a eu l’immense mérite de débusquer, de démasquer, de révéler.

Depuis De Gaulle, la France suivie par l’Europe de l’Ouest (avec un bémol pour l’Allemagne encore bridée pour quelques années par sa mauvaise conscience) est devenue arabophile, islamophile, et  israelophobe. Le pétrole valait toutes les trahisons[2]. Et aujourd’hui, cette Europe qui s’autodésignait il y a quelque décennies ‘’le monde libre’’, va jusqu’à tenter d’aller à l’encontre des lois économiques du marché pour voler au secours des dictateurs iraniens ! Les démocrates iraniens apprécieront. Mais ce n’est pas la seule raison, puisque l’idéologie s’en mêle aussi (sans parler de cette judéophobie tapie au plus profond de l’imaginaire chrétien originel, mais qui reste le carburant primordial de l’antiisraelisme, malgré l’athéisme proclamé des élites).

Sous la poussée des courants dits ‘’postmodernistes’’ et se voulant ‘’de gauche’’, la notion de citoyenneté tente d’évincer celle de nationalité[3]. D’aucuns aimeraient transformer l’Europe, dans un premier temps, en une bouillie humaine où les valeurs identitaires se dissoudraient au profit de la seule citoyenneté : l’égalité deviendrait l’unique critère de la nouvelle identité supranationale, faisant fi ainsi des origines ethniques, religieuses, culturelles, philosophiques, linguistiques, symboliques, considérées désormais comme des valeurs ‘’de droite’’, voire ‘’fascistes’’, le tout résumé dans ce mot affreux de nationalisme… Ces postmodernistes auraient été plus convaincants s’ils avaient tenté de commencer par convaincre… justement les porteurs de ces identités nouvellement apparues sur le continent européen, provenant pour l’essentiel, par le biais des immigrations massives du monde musulman, ces dernières décennies. Or s’il est bien un endroit où l’on ne veut à aucun prix abandonner son identité, ses valeurs  religieuses, culturelles, philosophiques, linguistiques, symboliques, c’est bien le monde… musulman, qui depuis les années 70 a ravi au nationalisme arabe son leadership, et dont le totalitarisme n’est désormais contenu dans certains pays que par la force des armes (Egypte et Algérie, notamment).

Et donc faute d’avoir le courage intellectuel et physique d’affronter les citoyens musulmans pour les sommer de devenir de ‘’simples citoyens’’, sans signes distinctifs, autres que la couleur de la peau, et la forme des yeux ou des lèvres, les postmodernistes se sont donnés une proie plus facile : la population autochtone. Car elle au moins, éduquée aux 10 commandements toraïques et non au djihad, n’irait pas, même agressée, se venger avec un couteau ou une kalach. Ils lui demandent donc d’abandonner ses valeurs, son identité, c’est-à-dire ce que l’on appelle autrement ‘’la nationalité’’. Les postmodernistes ne peuvent qu’échouer comme toute théorie ou action qui ne tient pas compte de la réalité. Car leur tentative revient à vouloir déposséder le groupe majoritaire de son attribut fondamental. Le groupe minoritaire n’attendant que de devenir majoritaire, par la démographie et la terreur quotidienne conjuguée, pour imposer… son identité !

Mais accepter que la minorité se distingue par l’habit tout en demandant à la majorité de se dénuder, se nomme un marché de dupe, et ces représentants de la dernière mode des idiots utiles, bénis à ce titre par tous les chefs musulmans, dans leur grande majorité salafistes… !

Jusqu’à l’apparition des postmodernistes, il était convenu par tous que le groupe majoritaire imposait sa loi identitaire (drapeau, hymne, langue, récit historique, mythes fédérateurs, et autres symboles en découlant) à toutes les minorités. Parce que justement il était majoritaire. Donc en toute démocratie et en toute légitimité. Ce qui n’empêchaient pas, au contraire, qu’au nom de cette même démocratie les droits des minorités soient respectées et protégés… ‘’Respectés et protégés’’, c’est-à-dire bénéficiant des mêmes droits de citoyen : santé, éducation, travail, cultures spécifiques, liberté de culte, et même représentation politique, pour autant que ces minoritaires consentent aux attributs identitaires de la majorité, et paient aussi le prix du sang pour défendre la patrie.

Telle était et demeure encore (pour combien de temps ?) la loi en démocratie, c’est-à-dire hors de l’ensemble du monde musulman, Falestine  comprise, toujours aussi dictatorial qu’intolérant, où les chrétiens sont malmenés jusqu’à aujourd’hui, sort que veulent ignorer tous les postmodernistes du monde, d’une part car cela dérangerait leur narratif, mais surtout parce que cela démentirait l’essence même de leur démarche qui consiste, comme je viens de le dire, à renverser par un coup de force idéologique la légitime domination chez eux des majoritaires, et ce au nom d’une vision mythique de l’humanité et des peuples, qui, selon eux, seraient devenus indifférents à tous les attributs de la nationalité. Et ce alors que nous assistons au contraire, partout dans le monde, au réveil des nationalités qui se considéraient opprimées : tous les peuples de l’ex-URSS et de l’ex-Yougoslavie, les Basques, les Kurdes, les Amazighs (Berbères), et aujourd’hui les Catalans, pour n’évoquer que le bassin méditerranéen et son pourtour….

Hormis toutes les nombreuses raisons économiques, politiques et culturelles, de l’hostilité de l’Europe vis-à-vis d’Israël, la gauche médiatique et politique européenne ne pouvait évidemment que transposer à Israël le schéma mental du postmodernisme. Et ce d’autant plus facilement qu’elle n’avait qu’à s’appuyer sur les postmodernistes… israéliens ! Lesquels, avec un complexe de provincial, ont vite eu fait d’emboucher leur dogmatique qui venait à point pour réactiver le syndrome pathologique estampillé ‘’de gauche’’ et ‘’moral’’ plus vieux même que le nouvel Etat d’Israël de 1948, puisqu’il prit racine dès 1925 dans Brit Shalom, Alliance pour la paix, dont les membres fondateurs prestigieux[4], essentiellement des intellectuels venus d’Allemagne,  prônaient le rapprochement judéo-arabe et l’avènement d’un ‘’Etat bi-national’’ en vue ‘’d’une vie commune sur la Terre d’Israël, et ce dans un esprit de complète égalité des droits politiques des deux entités juives et arabes.

Leur plus grand adversaire fut David Ben Gourion. Et pour cause, toutes ses propres tentatives pour persuader les émissaires arabes, avec lesquels il maintint longtemps le contact dans les années 30, de constituer une Fédération avec les Arabes de Palestine et de Transjordanie, Fédération qui aurait préservé le droit des Juifs à vivre en Etat séparé, se heurtèrent au refus obstiné des dirigeants arabes, Amin el Husseini en tête[5]. Et ce jusqu’à dernière réunion de Londres en 1939, où malgré les bons offices de l’Angleterre, la délégation arabe rejeta une fois pour toute cette idée d’un Etat juif séparé où les Juifs seraient majoritaires, quelle que soit son étendue, et elle était minuscule à cette époque. Ce qui pour Ben Gourion signifia que les Arabes n’auraient toléré les Juifs, en bonne orthodoxie musulmane, que comme des dhimmis, mot qui demeure naturellement inconnu des toutes les gauches du monde, à commencer par les chantres de la gauche israélienne ‘’morale’’ que prétend incarner aujourd’hui l’écrivain David Grosmann.

Une partie même de cette gauche, incarné par le Meretz, qui n’a plus rien à voir avec le Meretz d’origine, lequel se réclamait malgré tout du sionisme, vient de rompre avec le consensus sioniste israélien, puisqu’il est désormais prêt à renoncer à tous les attributs de l’identité juive, pour favoriser l’avènement de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’ qui est aussi, comme par hasard, la revendication des représentants politiques des Arabes d’Israël, lesquels depuis quelques années se disent haut et fort ‘’palestiniens’’.

Cette formule, ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’, devenu le mantra de tous les opposants israéliens et étrangers (ceux-ci finançant généreusement ceux-là) à l’Etat d’Israël tel qu’il est aujourd’hui, serait censé être la seule manière d’établir une complète égalité entre tous les citoyens d’Israël, juifs et arabes. On modifierait le texte de l’hymne national Hatikva, l’islam aurait le même statut que le judaïsme, on introduirait le récit de la Nakba dans les écoles et les universités, (narratif mensonger, faut-il le préciser, puisqu’il occulte 3500 ans d’histoire juive sur cette terre, comme le fait que les Arabes sont en partie les descendants des conquérants musulmans du 7eme siècle, l’autre partie étant arrivée tardivement de l’ensemble du monde musulman pour profiter du nouveau bien être créé par les sionistes venus d’Europe)… En un mot, les Juifs devraient renoncer à leur nationalité, pour qu’Israël devienne… démocratique !

Si cette dérive devait contaminer d’autres segments de la gauche politique israélienne, alors s’effacerait effectivement toute différence avec les partis politiques arabes, prélude à l’inclusion de la gauche israélienne dans le parti de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’, autant dire de sa disparition totale, issue qu’elle semble ne plus être en mesure d’empêcher, son problème n’étant pas qu’elle n’a plus de dirigeant d’envergure, mais qu’à force de jouer avec le feu des narratifs édulcorés, conjugués aux ambitions personnelles, elle n’a même plus de colonne vertébrale, à l’image d’une de ses leaders, la caricaturale Tsipi Livni.

Une telle dérive simplifierait d’ailleurs l’échiquier politique israélien si complexe aujourd’hui. En face du parti de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’, il n’y aurait plus qu’un seul autre parti, celui de l’Etat juif. Et l’on peut prévoir que dans les deux, l’on trouverait les mêmes composantes (certes en des proportions différentes) : Juifs, Arabes, ultra-orthodoxes, Druzes, Circassiens, etc….

Pour ce qui est d’aujourd’hui, et tant que le parti encore virtuel de ‘’l’Etat de tous ses citoyens’’ n’a pas pris le pouvoir, celui de l’Etat juif, fort de cette nouvelle Loi fondamentale votée démocratiquement par l’Assemblée du peuple en ce mois de Juillet 2018, ne devrait-il pas en tirer toutes les conséquences ? Pour moi, elles se résument en trois initiatives aussi nécessaires et urgentes que vitales, si l’on ne veut pas assister à l’inévitable dévitalisation de cette nouvelle Loi fondamentale, sous la pression de ses opposants, étrangers et israéliens.

1 – Expliquer, Expliquer, Expliquer[6]… Par tous les moyens de communication et par toutes les structures d’enseignement possibles. Expliquer les buts du postmodernisme. Expliquer la différence entre nationalité et citoyenneté. Expliquer qu’un Etat qui a une nationalité majoritaire n’est pas pour autant un Etat anti-démocratique, dans la mesure naturellement où tous les droits découlant de la citoyenneté sont respectés. Le fait de n’avoir pas expliqué cela, avant l’adoption de la loi, est une grave faute, notamment vis-à-vis des Druzes.

2 – Ces droits de la citoyenneté, définis plus haut, y compris à l’accès au Parlement et aux fonctions politiques les plus élevées, supposent évidemment l’observation stricte des devoirs du citoyen : défendre son pays, ses valeurs et ses symboles. Or force est de constater qu’en Israël, toutes les minorités ethniques ou/et religieuses, fortes de leurs propres identités respectées font preuve de loyauté, et notamment les Druzes et les Bédouins, sauf… les Arabes, essentiellement musulmans (puisque les Arabes chrétiens, en voyant ce qui se passe dans les territoires de l’Autorité palestinienne, comme dans le reste du monde musulman, commencent à comprendre sans encore oser trop le proclamer ce que deviendrait leur sort si l’Etat juif venait à disparaitre).

En effet, les 4 partis arabes actuels (où se retrouvent mêlés islamistes et communistes !) se sont coalisés sur une plate-forme qui contredit frontalement tout ce qui constitue l’identité de l’Etat juif : Israël, comme occupant illégitime de la Palestine, retour des 5 millions de descendants des réfugiés de 1948 dans les villes de leurs grands-parents ou arrières grands-parents, la Naqba comme récit fondateur, revendication de l’identité ‘’palestinienne’’ depuis ces dernières décennies (pourtant refusée par tous les dirigeants arabes, avant l’Etat d’Israël de 1948 et ce jusqu’au début des années 60), refus des symboles d’Israël (les députés arabes décorent leurs bureaux au sein de la Knesset avec des drapeaux… falestiniens !), et enfin solidarité totale avec les forces et les dirigeants politiques falestiniens, en permanence consultés, voire aussi conseillés. A tel point que l’on peut dire que cette coalition arabe se pense et se veut un Cheval de Troie, au vu et au su de tous, considérant sans doute que les territoires qu’elle occupe, physiques et symboliques, sont déjà des territoires libérés… en attendant le reste, ce qui explique leur refus proclamé, lorsqu’on leur demande s’ils rejoindraient un nouvel Etat palestinien.

Cet état de fait ne serait toléré par aucun Etat dans le monde. Et ne devrait plus l’être par Israël, sauf à faire de cette Loi sur la Nation, une simple palinodie.

3 – En l’absence de Constitution, les diverses Lois fondamentales en faisant office, ne serait-il pas convenable de faire suivre cette Loi de la Nation d’une Loi sur les Minorités ? Cette Loi qui préciseraient les droits de toutes les minorités, mais aussi leurs limites, rassureraient toutes les minorités loyales, mais aussi contraindraient, jusqu’à la possible déchéance de la nationalité israélienne, tous les citoyens minoritaires déloyaux qui démonstrativement remettraient en cause les attributs de la souveraineté du peuple juif, ou pire, qui pactiseraient avec les ennemis d’Israël, c’est-à-dire avec ceux qui portent atteinte à son intégrité physique ou morale.

Israël est à la croisée des chemins. Soit conformément au vœu de son peuple et de préférence par un referendum, elle fait respecter sa souveraineté vis-à-vis de ses ennemis, extérieurs ou intérieurs, qui chaque jour l’agressent par des roquettes, des ballons incendiaires qui anéantissent ses récoltes et ses forêts, ou l’assassinent avec des voitures béliers ou de simples couteaux… Soit elle deviendra nolens volens un Etat dhimmi avant l’heure. Les déboires de la loi qui devait règlementer le niveau sonore des appels à la prière dans les quartiers mixtes durant la nuit en est déjà un signe éloquent : non seulement elle n’a pu être votée, mais les islamistes qui en Israël comme dans les pays musulmans, ont évincés tous les modérés des comités de gestion des mosquées, ont quasiment doublé le niveau sonore durant toute la journée, comme par exemple n’importe quel habitant de Jaffa peut en témoigner, et ce avec l’intention claire d’occuper… l’espace physique et symbolique. Et ce qui partout dans le monde ne saurait être qualifié autrement que de ‘’pollution sonore’’ est admis sans broncher par les autorités de Tel Aviv très soucieuses pourtant d’écologie, du moins en paroles. Au nom de l’Etat… de tous ses citoyens ?

Le 12 Août 2018

Jean-Pierre Lledo, cinéaste, essayiste.

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[1] ‘’Israël et la Loi de la Nation’’, Shmuel Trigano (http://menora.info/serpent-de-mer-de-legislation-israelienne/)

[2] Lire tous les livres de Bat Ye Or qui en fait la magistrale démonstration.

[3] Shmuel Trigano en a fait aussi la magistrale démonstration.

[4] Notamment les philosophes Martin BuberGershom Scholem, Hugo Bergmann,  l’historien Hans Kohnv, le sociologue Arthur Ruppin, l’agronome Haïm Kalvarisky,  Juda Magnes (président de l’Université hébraïque de Jérusalem)…

[5] Les Arabes, les Palestiniens et moi. (Editions des Presses du Temps présent, Paris, 1974)

[6] Lire  de Pierre Lurçat :  Comprendre le débat autour de la Loi Fondamentale  sur L’Etat-Nation, http://vudejerusalem.over-blog.com/2018/07/comprendre-le-debat-autour-de-la-loi-fondamentale-sur-l-etat-nation-par-pierre-lurcat.html

Jean-Pierre LLEDO 12/8/2018

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