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La Terre sans l’espèce humaine?

Certain(e)s en rêvent. Allons donc allègrement vers le suicide collectif en haut de falaises façon sectes millénaristes, l'allumage d'incendies gigantesques ne suffisant pas, précipitons les catastrophes (un peu comme dans le dernier Mission Impossible…) leur idéologie est de toute façon dominante en Occident, la plupart de leurs hérauts expliquant que nous n'en avons seulement que pour trente ans (voir la dernière tribune parue dans Le Monde des "200 personnalités") ; sauf qu'ils disaient la même chose dans les années 60 parlant d'un enfer sur terre à partir de l'an 2000, surtout 2020, aujourd'hui 2100 puisque les prévisions n'ont visiblement pas tenues (niveau des mers, climat identique à celui de l'Espagne en Bretagne…) hormis les aléas habituels plus ou moins accélérés par des effets cycliques divers (solaire, courants marins, jeu des plaques…).

Imaginons néanmoins que cela devienne le cas un jour, les humains disparaissent donc ; à terme les terres cultivées s'évaporent aussi dévorées par les "mauvaises" herbes (orties, ronces, chardons) tandis que les espèces à forte prolifération (rongeurs, cormorans) se déploient ce qui multipliera leurs prédateurs, les épidémies explosant aussi ; il n'est alors pas sûr que ce sera "mieux" pour les animaux en général, quels animaux en réalité ?  Moutons, boeufs, agneaux, chèvres, poules, chats chiens ce sont des productions humaines qui disparaîtront au profit des espèces ci-dessus bien plus polluantes en matière de méthane et de CO2. Tandis que les fauves en proliférant à terme s'entredéchireront et constitueront des territoires comme ce fut le cas avant l'hégémonie humaine sans que pour autant cela soit un "mieux" (pour qui ?)…

Mais au fait si l'on prend la chaine de l'évolution darwinienne un peu au sérieux quelle fut la fonction de l'Homme ? N'était-ce pas de manier de plus en plus certains mécanismes le prolongeant en autant d'outils à même de créer un monde à son image au sens fort du terme et par là de (se) constituer comme un ordre au sens d'une organisation instituant des places respectives aux espèces ? On peut contester cette analyse dans ses prémisses, mais guère dans ses conclusions puisque beaucoup de textes dits sacrés font état d'un monde créé "à l'image" de l'humain lui-même "image" du divin, tandis que les textes dits agnostiques parlent plutôt d'un être-monde façonné ("construit") par l'Homme selon sa culture historiquement située.

Aussi s'il convient d'observer que l'Homme en proliférant lui aussi déploie une production quantitative extrêmement puissante qui à terme cependant devient contre-productive au sens d'agir contre la qualité l'originalité, la beauté également à force de gaspillages, de pollutions (plastique, dioxine de carbone) s'ensuit-il pour autant qu'il faille passer d'un extrême à l'autre en exigeant sinon son extinction du moins sa réduction drastique alors que son arrivée sur Terre, sa place dans la Chaîne de l'Évolution  peut s'avérer réellement nécessaire pour l'équilibre de l'ensemble ? 

Vaste question car elle touche directement le coeur de notre Présence sur Terre : sommes-nous issus du pur Hasard ? Si oui il reste cependant limité par les paramètres de la Chaîne de l'Évolution en ce sens où nous ne venons pas de "rien", pure combinaison atomique qui aurait créé des cellules un beau jour ; nous reproduisons certains caractères typiques de l'espèce via ses branches (asiatiques, africaines, européennes, et leurs mixtes divers) et les groupes ethniques qui les constituent, et nous reproduirions certaines de ses étapes au niveau embryonnaire du moins selon la vision certes contestée de Haeckel sur la "récapitulation"; ce qui veut dire que le passage à la position verticale, l'accroissement du système nerveux, les interactions entre ontogenèse et phylogenèse, autrement dit entre gènes et environnements divers, forment des réseaux ou congruence de graphes et d'arborescences, à défaut d'un pur jeu de dés. 

Dans ces conditions le Hasard reste relatif, surtout pour expliquer la place de Terre dans le Cosmos et surtout l'existence de la Vie en son sein : n'avons-nous pas exagéré en passant d'un extrême à l'autre, de la Terre et de l'Homme centre de l'Univers à la Terre grain de poussière parmi des myriades et l'Homme espèce (nuisible) quelconque parmi des milliards d'autres ?

N'y a-t-il pas moyen d'établir d'autres hypothèses par exemple le fait qu'il y a sans doute un lien, quoique encore peu expliqué logiquement entre Univers et Vie? Un réseau de liens plutôt qui a visiblement permis la présence  de la vie puis la notre sur cette Terre (je l'esquisse dans Être et Vérité) alors qu'elle ne semble pas présente ailleurs, du moins dans l'état actuel de l'exploration spatiale…

Toutes ces questions semblent cependant polluées à l'heure actuelle par ce débat biaisé montrant du doigt l'espèce humaine comme cause de tous les maux à commencer par le fait de dominer aujourd'hui la Chaîne alimentaire. D'ailleurs, l'extinction de l'espèce humaine fera-t-elle disparaître celle-ci ? Il est permis d'en douter. On peut se demander en fait si la domination de cette idéologie millénariste anti-humaniste (et ce qui va avec comme les branches et les groupes) ne nous fait pas régresser plutôt que "progresser" alors que ses représentants prétendent le contraire…

Lucien SA Oulahbib 11/9/2018

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