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USA:l’attaque en dessous de la ceinture

Le fait qu'une accusation (puis deux voire trois accusations) de type "harcèlement sexuel" jusqu'à "tentative de viol" puisse faire autant la une et devenir en réalité bien plus important que n'importe quel problème international et national, en dit long sur l'état de décrépitude de la scène politique états-unienne, du Parti Démocrate, des anti-Trump Parti républicain compris, de la scène médiatique aux USA et ailleurs et ce d'autant plus que les faits, supposés, remontent à l'adolescence (17 et 15 ans pour l'accusatrice)et surtout qu'il a toujours été dit, ce fut même le leimotiv d'un certain progressisme en matière de moeurs: que-l'on-ne-peut-pas-être-marqué-au-fer rouge-à-vie surtout une première fois ; quand bien même ces accusatrices puissent-elle(s)  apporter des "preuves" devant la commission sénatoriale, le criminel ne peut-il pas, ne doit-il pas, avoir une seconde chance criait-on déjà pour défendre Polanski (en particulier Finkielkraut aujourd'hui silencieux) qui, lui, a été réellement accusé de viol (et non pas seulement de tentative) sur mineur ce qui n'est toujours pas le cas du juge Kavanaugh ?… 

En fait, vous devez être totalement irréprochable, totalement, même s'il n'y a eu aucune condamnation effective contre vous après maintes enquêtes FBI pour devenir juge, peu importe, vous devez être blanc comme neige (ou alors noir comme la nuit profonde telle celle qui s'abat aujourd'hui?) surtout lorsque vous êtes blanc, républicain, aisé, candidat conservateur à la Cour Suprême et surtout "pro-life" vous aggravez dans ce cas et d'autant plus et de façon exponentielle votre situation que l'avenir de la mise à mort foetale (jusqu'à 20 semaines aux USA, elle est de 12/14 semaines en France)  serait l'enjeu même de ce "procès"implicite.

Dans ces conditions, l'idée de réglementer quelque peu le fait de donner cette mort étant le plus haut crime dans la nomenclature progressiste (l'euthanasie, le suicide assisté en bonne seconde et troisième place désormais) alors aucune rédemption et pardon ne sont possibles bien qu'elles soient répétons-le l'alfa et l'oméga de toute la littérature progressiste depuis au moins trois siècles, va comprendre Victor (Hugo) !…

Et tout le monde trouve cela normal alors que c'est tout simplement pathétique. Sans doute le côté guignolesque aura été d'observer que les deux protagonistes sont capables de maintenir leur version sous serment. En particulier la psychologue Pr.Ford qui répondait souvent après s'en être avisée auprès de son avocat tout en minaudant d'une voix chevrotante de simplette ou d'oie blanche alors qu'elle est prof et psy… Á l'inverse le juge a perdu son calme devant tant d'hypocrisie ce qui ne joue pas en sa faveur.

Mais, enfin, ne voit-on pas qu'au-delà de ce que ce juge a réellement fait ou pas, la kabbale est grosse : qui, entre 15 et 17 ans, n'aura pas (été) chahuté sexuellement? Que celui/celle qui n'a jamais péché(e) lui jette la première pierre…

Certains le font pourtant, ils vocifèrent, lynchent même, une femme hurle à l'encontre du sénateur républicain de l'Arizona car il aurait promis une "investigation" et penaud celui-ci accepte une énième enquête (d'une semaine) sur le juge (avec l'aval de Trump)…

Ou décidément un vrai retour en arrière celui-là, une vraie gestuelle réactionnaire, à l'époque où les puissants pouvaient accuser sans preuves et faire condamner qui ils voulaient, on épurait ainsi, ce qui permettait dans bien des cas d'être calife à la place du calife ou l'empêcher de de le devenir…

Mais sans doute y-a-t-il plus derrière cet acharnement : un désir d'effacer les années "sex drug and rock an roll", de redevenir une bande vierge (que faisait cette prof dans une "party" présupposée justement à ce triptyque là?) redevenir jeune, immortel (promis par Google) en avant dans ce cas vers encore plus d'aseptisation, de médicalisation, de traque aux déviances (l'érection et la pénétration comme hérésies pour certains) hormis le trans néanmoins, permis, encouragé, puisqu'il se construit en même temps dans l'idée d'un corps (in)humain, post/trans où il serait possible de se voir greffer deux sexes en même temps, plusieurs bras, par manipulation génétique aussi bien ; pas vraiment tout de suite certes, le chemin est cependant de plus en plus balisé avec à terme de la viande clonée évitant ainsi les débats "spécistes", tout est en mutation, un "vrai" bras ne voudra plus rien dire (surtout si le faux permet de jouer en virtuose, Blade Runner (one) a déjà tout dit sur le sujet.

Alors quand certains veulent faire perdurer des moeurs dans lesquelles l'avortement, l'euthanasie, le suicide resteraient une exception et non la norme, la famille avec père et mère un droit pour l'enfant, le couple durable ou la parole donnée comme garantie, il est sûr que de telles "vieilleries" perturbent les cyborgs qui veulent aller le plus vite possible jusqu'à "s'émanciper" de tout, y compris d'eux-mêmes, qui "eux" ? Juste un numéro le reste étant appelé à se mouvoir sans cesse. Un tel dédoublement ne peut que produire de plus en plus de personnes dissociées à la recherche de l'inverse : soit la mort mise en spectacle (être euthanasié ou suicidé avec sa star au chevet) soit le basculement sectaire refusant de voir "l'autre" en vidéo (interdisons-le d'antenne) ou comment l'altérité en même temps que la seconde chance, ces deux mamelles idéologiques du progressisme sont complètement battues en brèche, le progressisme affiché dévoilant une tyrannie des plus abjectes.

Lucien SA Oulahbib 29/9/2018

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