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Décryptage du «Manifeste pour les migrants»

line-height:normal »>«  Partout en Europe, l’extrême droite progresse (non, les peuples se libèrent de votre discours soporifique dominant depuis des lustres et ayant amené à la situation actuelle). La passion de l’égalité est supplantée par l’obsession de l’identité (non l’idéal de justice est toujours là qui veut préserver la hiérarchie des compétences sans cependant oublier les plus démunis et préserver ses acquis civilisationnels). La peur de ne plus être chez soi l’emporte sur la possibilité de vivre ensemble (le fait d’imposer un mode de vie dégradant l’égalité homme-femme est en effet incompatible et doit être rejeté). L’ordre et l’autorité écrasent la responsabilité et le partage (les premiers permettent au contraire les seconds). Le chacun pour soi prime sur l’esprit public (Les Tartuffe sont de sortie et parasitent l’esprit public coulé corps et âme depuis des décennies…).
Le temps des boucs émissaires est de retour (oui, la nation, le peuple, l'égalité homme-femme…). Oubliées au point d’être invisibles, la frénésie de la financiarisation (qui a toujours existé, Aristote l'appelait la chrématistique, et les braves gens placent leur argent plutôt dans des fonds de pension que de le voir parasiter par les bien pensants comme aujourd'hui les retraites en France, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas réguler l'affairisme), la ronde incessante des marchandises (qui a fait diminuer la misère dans le monde de moitié, même si la sous-traitance exportée à l'étranger n'a pas été suivie par une formation continue réelle et une montée en gamme), la spirale des inégalités (qui est bien moindre qu’avant), des discriminations et de la précarité (qui sont le produit du technocratisme dont vous fûtes le produit en soutenant le communisme industriel faisant fi de l'environnement et du tissu fragile propre aux économies locales). En dépit des chiffres réels, la cause de nos malheurs serait, nous affirme-t-on, dans la « pression migratoire » (lorsqu’elle n’est pas canalisée par une réelle intégration/assimilation c’est l’une des causes, oui). De là à dire que, pour éradiquer le mal-être, il suffit de tarir les flux migratoires, le chemin n’est pas long et beaucoup trop s’y engagent (cette phrase pue le populisme, le vrai, celui de faire croire que le "mal-être" serait résolu en supprimant la migration, qui a dit cela ? Vraiment ?).
Nous ne l’acceptons pas. Les racines des maux contemporains ne sont pas dans le déplacement des êtres humains, mais dans le règne illimité de la concurrence et de la gouvernance, dans le primat de la finance et dans la surdité des technocraties (non, c’est essentiellement la mal gouvernance ayant, outre l'étatisme et le dirigisme, sous-estimé les effets pervers de la mondialisation et la corruption mafieuse comme au Venezuela, en Algérie, au Zimbabwe pays ayant été toujours soutenus par les signataires de cette pétition). Ce n’est pas la main-d’œuvre immigrée qui pèse sur la masse salariale, mais la règle de plus en plus universelle de la compétitivité, de la rentabilité, de la précarité (faux, c'est en ayant refusé de n'avoir pas accompagné la mondialisation par une formation/reconversion adéquate et l'exigence d'une égalité des droits de propriété et des droits d'ouverture réciproque des marchés public (refusés tout autant par la Chine que par les USA) qui a entraîné les décalages et les dépérissements de régions entières).
Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. Or la clôture produit, inéluctablement, de la violence… et l’inflation de clandestins démunis et corvéables à merci. Dans la mondialisation telle qu’elle se fait, les capitaux et les marchandises se déplacent sans contrôle et sans contraintes ; les êtres humains ne le peuvent pas. Le libre mouvement des hommes n’est pas le credo du capital, ancien comme moderne (un déni complet du rôle historique et culturel des frontières, un crédo qui encore une fois fait l’économie d’une critique objective des responsabilités en particulier en termes de gouvernance locale encore une fois).
Dans les décennies qui viennent, les migrations s’étendront, volontaires ou contraintes. Elles toucheront nos rivages, et notre propre pays, comme aujourd’hui, aura ses expatriés. Les réfugiés poussés par les guerres et les catastrophes climatiques seront plus nombreux (qui fomente les guerres, en particulier civiles, sinon surtout vos amis ? Quant aux catastrophes climatiques, elles ont toujours existé ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille rien faire). Que va-t-on faire ? Continuer de fermer les frontières et laisser les plus pauvres accueillir les très pauvres ? C’est indigne moralement et stupide rationnellement. Politique de l’autruche… Après nous le déluge ? Mais le déluge sera bien pour nous tous ! (Vos solutions sont appliquées depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sans succès.)
Il ne faut faire aucune concession à ces idées, que l’extrême droite a imposées, que la droite a trop souvent ralliées et qui tentent même une partie de la gauche. Nous, intellectuels, créateurs, militants associatifs, syndicalistes et citoyens avant tout, affirmons que nous ne courberons pas la tête (vous l’avez déjà fait, en soutenant précisément ceux qui sont responsables de la situation actuelle). Nous ne composerons pas avec le fonds de commerce de l’extrême droite (mantra habituel qui veut masquer vos responsabilités à sa montée quoique minoritaire par rapport à celle du retour du patriotisme respectueux des autres). La migration n’est un mal que dans les sociétés qui tournent le dos au partage. La liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité (à condition que soient respectées les mœurs des hôtes).
Nous ne ferons pas à l’extrême droite le cadeau de laisser croire qu’elle pose de bonnes questions. Nous rejetons ses questions, en même temps que ses réponses (il est si facile de jeter le bébé avec l’eau du bain, de se cloisonner dans ses certitudes alors que vous êtes responsables de la situation d’aujourd’hui en ayant soutenu les bourreaux qui jettent leurs ressortissants à la mer).
line-height:normal »>Signez et faites signer la pétition (envoyez les commentaires à chacun/e des signataires pour lui rappeler sa lourde responsabilité dans l’actuelle situation alors que les coupables désignés ne sont même pas au pouvoir ou y sont si peu qu’ils ne peuvent endosser de telles accusations dont les causes sont à l’oeuvre depuis des décennies surtout dans les pays ayant propagé les propos de ces 150 signataires).
line-height:normal »>Les 150 signataires
line-height:normal »>Christophe Aguiton, sociologue – Christophe Alévêque, humoriste et auteur – Pouria Amirshahi, directeur de Politis – Ariane Ascaride, comédienne – Jean-Christophe Attias, universitaire – Geneviève Azam, économiste – Bertrand Badie, politiste – Sébastien Bailleul,DG du CRID- Josiane Balasko, comédienne- Étienne Balibar, philosophe – Ludivine Bantigny, historienne – Pierre-Emmanuel Barré, auteur, humoriste – Lauren Bastide, journaliste, féministe – Christian Baudelot, sociologue – Edmond Baudoin, auteur, dessinateur de BD – Alex Beaupain, auteur, compositeur, interprète – François Bégaudeau, écrivain – Yassine Belattar, humoriste – Hourya Bentouhami, philosophe – Alain Bertho, anthropologue – Pascal Blanchard, historien – Romane Bohringer, comédienne – Benoît Borritz, chercheur militant – Alima Boumediene-Thiery, avocate – Rony Brauman, médecin, cofondateur de MSF – Michel Broué, mathématicien – Valérie Cabanes, juriste internationale – Hélène Cabioc’h, présidente de l’Ipam – Julia Cagé, économiste – Robin Campillo, réalisateur – Aymeric Caron, écrivain, journaliste – François Chaignaud, chorégraphe – Patrick Chamoiseau, écrivain – Paul Chemetov, architecte – Monique Chemillier-Gendreau, juriste – Mouhieddine Cherbib, Respect des libertés – Jean-Louis Cohen, historien – Cristel Cornil, enseignante-chercheuse – Marie Cosnay, écrivaine – Annick Coupé, syndicaliste – Alexis Cukier, philosophe – Jocelyne Dakhlia, historienne – Jean-Michel Daquin,architecte – Françoise Davisse, réalisatrice – Philippe de Botton, président de Médecins du monde – Laurence De Cock, historienne, Fondation Copernic – Catherine de Wenden, politologue – Christine Delphy, féministe – Christophe Deltombe, président de la Cimade – Rokhaya Diallo, journaliste, écrivaine – Georges Didi-Huberman, philosophe – Bernard Dréano, président du Cedetim – Michel Dru, anesthésiste réanimateur – Françoise Dumont, présidente d’honneur de la LDH – Annie Ernaux, écrivaine – Éric Fassin, sociologue, anthropologue – Corentin Fila, comédien – Geneviève Fraisse, philosophe – Bernard Friot, économiste, philosophe – Isabelle Garo, philosophe – Amandine Gay, réalisatrice – Raphaël Glucksmann, essayiste – Robert Guédiguian, réalisateur – Nacira Guénif, sociologue, anthropologue – Janette Habel, politologue – Jean-Marie Harribey, économiste – Serge Hefez, psychanalyste – Cédric Herrou, militant associatif – Christophe Honoré, réalisateur – Eva Husson, réalisatrice – Thierry Illouz, auteur, avocat pénaliste – Pierre Jacquemain, rédacteur en chef de Regards – Geneviève Jacques, militante associative – Chantal Jaquet, philosophe – Juliette, chanteuse, parolière, compositrice – Gaël Kamilindi, pensionnaire de la Comédie-Française – Pierre Khalfa, syndicaliste, coprésident de la Fondation Copernic – Cloé Korman, écrivaine – Bernard Lahire, professeur de sociologie à l’ENS de Lyon – Nicole Lapierre, anthropologue et sociologue – Mathilde Larrère, historienne – Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH – Raphaël Liogier, sociologue, philosophe – Isabelle Lorand, chirurgienne – Germain Louvet, danseur étoile de l’Opéra de Paris – Gilles Manceron, historien, LDH – Philippe Mangeot, enseignant – Patrice Maniglier, philosophe – Philippe Marlière, politologue – Roger Martelli, historien, directeur de la publication de Regards – Christiane Marty, ingénieure-chercheuse, Fondation Copernic – Corinne Masiero, comédienne – Gustave Massiah, altermondialiste – Nicolas Maury, comédien – Marion Mazauric, éditrice – Caroline Mecary, avocate – Philippe Meirieu, pédagogue – Phia Ménard, jongleuse, performeuse, metteur en scène – Céline Meresse, présidente du CICP – Guillaume Meurice, auteur, humoriste – Pierre Micheletti, médecin, écrivain – Jean-François Mignard, secrétaire général de la LDH – Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue – Stanislas Nordey, directeur du Théâtre national de Strasbourg – Ludmila Pagliero, danseuse étoile à l’Opéra de Paris – Willy Pelletier, sociologue, Fondation Copernic – Nora Philippe, auteure, réalisatrice – Thomas Piketty, économiste – Edwy Plenel, journaliste, président et cofondateur de Mediapart – Emmanuel Poilane, président du CRID – Thomas Porcher, économiste – Didier Porte, humoriste – Mathieu Potte-Bonneville, philosophe – Olivier Py, auteur, metteur en scène et directeur du Festival d’Avignon – Bernard Ravenel, historien – Éric Reinhardt, écrivain – Prudence Riff, co-présidente du FASTI – Michèle Riot-Sarcey, historienne – Vanina Rochiccioli, présidente du Gisti – Marguerite Rollinde, politologue spécialiste du Maghreb – Alexandre Romanès, cirque Romanès – Délia Romanès, cirque Romanès – Paul Rondin, directeur délégué du Festival d’Avignon – Alain Ruscio, historien – Malik Salemkour, président de la LDH – Sarah Salesse, avocate – Christian Salmon, écrivain – Odile Schwertz-Favrat, ex-présidente de la Fasti – Denis Sieffert, président de la SAS Politis – Catherine Sinet, directrice de la rédaction de Siné Mensuel – Romain Slitine, enseignant à Sciences Po – Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la LDH – Lilian Thuram, fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme – Sylvie Tissot, sociologue – Michel Toesca, acteur, réalisateur – Marie Toussaint, militante associative, présidente de Notre affaire à tous – Assa Traoré, comité Adama – Enzo Traverso, historien – Catherine Tricot, architecte – Aurélie Trouvé, altermondialiste, agronome – Fabien Truong, sociologue – Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH – Dominique Vidal-Sephiha, journaliste – Jean Vigreux, historien – Thierry Vila, écrivain – Arnaud Viviant, écrivain, critique littéraire – Sophie Wahnich, historienne – Jacques Weber, comédien – Serge Wolikow, historien
Organisations de soutien
Assemblée citoyenne des Originaires de Turquie, Auberge des migrants, Baam, CCFD-Terre solidaire 93, Cedetim, CICP, la Cimade, Coalition internationale des sans-papiers et migrants, Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie, Coordination 75 des sans-papiers, Coordination 92 des sans-papiers, Coordination 93 des sans-papiers, Droits ici et là-bas (DIEL), Fasti, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, Gisti, Initiatives pour un autre monde, Ligue des droits de l’homme, Roya citoyenne, Syndicat des avocats de France, Union juive française pour la paix (UJFP), Utopia 56

Lucien SA Oulahbib 27/9/2018

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