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Procès contre Zemmour intenté par Madame Sy

 

  Faire France. Comment? Pourquoi ? Á lire par hasard (?) la célèbre Histoire de France d'Alain Decaux, ce qui frappe à rebours lorsque on le met en perspective  avec les débats actuels consiste moins à relever les éventuelles précisions manquantes (et à venir) que de souligner la farouche volonté d'Alain Decaux de dessiner sa forme réelle et imaginaire à la France, se faisant sans le savoir.

Ainsi, oui, Charles Martel n'avait pas de carte d'identité française en poche. Et oui encore ce n'était pas non plus un saint tels nos Staline ou Sartre de pacotille. Martel, ancêtre de Charlemagne, sa prouesse faite, il devient le roi effectif suivant ici l'adage grec au sens d'aristos-meilleur- sur le terrain (pas seulement grâce au sang qui ne vaut rien parfois). Car lorsqu'il arrive à synthétiser autour de lui toute une force de refus celle-ci sait, avec, en, son esprit, elle sent, de tous ses pores, ne pas voir son âme (son souffle) être soumise aux soumis de l'islam. Non pas pour les seules questions d'intérêts et de territoires comme il est prétendu par nos histrions. Aussi et surtout parce que l'on se sent d'une même lignée symbolique, même foi enveloppée d'une même vision, donc on tient disait Léonidas aux premières lignes pour supporter les premiers chocs venant des vagues adverses.

La nouvelle histoire prétend qu'à cette époque il y avait déjà dans ces contrées des micro-enclaves musulmanes (Narbonne) et donc (?) Martel, aurait arraché une victoire qui se serait avérée être une "opportunité" alors qu'une coexistence était bien sûr possible voilà le rêve éveillé de l'anachronisme postmoderne lorsqu'il se mêle d'Histoire version paix islamique en imaginant leur France de demain. Pis, c'est le canevas même (lui-même) des courants post-nationaux et hyper-nomadique tramant l'esthétique du techno-mondialisme affairiste : chaque différence cultive sa variété où elle peut, le rôle de "l'État care" étant qu'elle ne s'étripe pas avec la différence d'en face…Voeux pieux bien sûr (maintenant à douze ans on s'écrase à coup de barre de fer).

Eric Zemmour est sur le même écheveau que Décaux : montrer comment cet échevin français dessina peu à peu cette puissance inégalée, du moins avant 1866 (lorsque Napoléon III refusa la demande d'alliance de l'Autriche contre la Prusse). Et même s'il est possible de contester Zemmour sur Pétain et de Gaulle (en ce qu'ils sont aussi responsables du déclin français, le premier en défendant un antisémitisme français qui ne pouvait en rien effacer la défaite de la monarchie française devant la franc-maçonnerie, le second pour avoir abandonné l'Algérie au nationalisme arabe nassérien et baathiste qui firent le lit des wahhabites d'aujourdhui) il n'empêche que dans l'ensemble Zemmour défend tout autant que Décaux l'idée que la France ne peut pas être réductible à une somme de hasards ; autrement elle serait restée morcelée, au gré des mariages et des alliances ; il y aurait eu des Frances comme il y avait des Allemagnes, des Italies ; on ne peut donc pas en effet dissoudre dans le seul hasard le lien dans le lien qui se soude jusqu'à "nous", de Martel à la corne de Roland (que l'on peut encore entendre à l'instar de certains coquillages) Jeanne d'Arc, Duguesclin Bayard, Jean Moulin, leurs prouesses enveloppant les Charlemagne, Hugues Capet, Saint Louis, Louis XI, François 1er, Henri IV… la France des maquis, tout se tient.

Ce qui fait que venant en France et voulant y vivre comme française, ce que prétend cette chroniqueuse si vénéneuse comment ne pas offrir un peu de soi, admirer le pays hôte, don/contre-don vouloir aussi, être de son lien ? Pourquoi en effet ne pas s'appeler aussi "Corinne" (ou Alice) aussi pas seulement, mais seulement, aussi (là je fais parisien…)

Pourquoi, surtout, pourquoi attaquer en justice une remarque sur son prénom, acerbe certes, mais non dénuée d'expression au sens littéral et qui en tout cas ne peut se métamorphoser en une plainte, ici, en France voltairienne, une plainte qui ne peut être que classée sans suite, sauf ordre sibyllin venant de la Chancellerie…

Est-ce déjà le cas ? On verra bien, mais cela montrera alors qu'en effet la post-histoire désirant le morcellement "multiculturel" aura fait en même temps son doigt d'honneur. La France comme cette toile contemporaine qui s'autodétruit au moment de son achat ? Une mission pas si impossible… Sauf qu'il faut tenir (hold, hold, disent les cousins anglais).

Lucien SA Oulahbib 16/10/2018

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