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Rectifications théoriques

 Deux points théoriques apparaissent cruciaux: 1/la réalité du Christ comme vérité insurmontable qui infirme toute autre tentative sur le plan religieux; 2/une vie symbolique intime tresse l'humain en animant autant son intérêt au monde que sa mobilité y compris sociale.

1/ l'argument de St Anselme n'est pas si aisé à écarter malgré les tentatives de le réfuter : Si Dieu est alors il ne peut lui manquer l'existence, la preuve étant la Révélation ou la venue même de Christ sous la forme Homme. Christ est donc Dieu (ce que disent les Écritures) même si au moment où Il surgit humainement il se distingue nécessairement tel le UN qui en se posant l'effectue en s'appuyant sur une part de lui-même. D'où la notion de "Fils" qui n'est cependant qu'un nom valise aisé pour rendre visible cette distinction et non pas la réalité unique ou Dieu qui n'est pas séparable ; de même pour l'Esprit, ce Souffle en la Vie, ou l'autre image, vive, du divin Il lie le Tout.

Et là est le premier point crucial à éclaircir à nouveau : 1/si Dieu Est (Origine ou De) et Vient en Jésus pour nous parler (Verbe ou Par) porté par son Image (l'Esprit ou le En, suivant ici le DE PAR EN de Jean rappelé par Augustin dans De la Trinité) alors point n'est besoin d'envoyer quelqu'un d'autre après lui sinon pour le Jugement Dernier comme il est supposé.

Aussi l'idée que Dieu se serait à nouveau manifesté en envoyant un "Prophète" pour indiquer que Jésus n'en serait en fait qu'un autre lui aussi ne tient pas. Si en effet Jésus est Dieu venu sur Terre il n'y a aucune raison que plus tard soit envoyé un Messager pour indiquer qu'en fait il y aurait eu erreur que Jésus n'est pas Dieu mais ne serait qu'un Messager qui en plus aurait été mal compris, ou se serait mal exprimé, puisqu'il aura fallu en envoyer un second.

Cela ne tient pas. Dieu ne peut pas tromper puisqu'il est posé comme parfait.

La seule solution serait que ce dit nouveau Prophète prétendant que Jésus n'est pas Dieu mais seulement son Prophète lui aussi a en tête un autre dieu ou du moins une représentation du divin comme il en existe tant, sans doute un dieu babylonien (certains parlent du dieu lune d'où la présence de l'astre sur les drapeaux de pays croyant en lui) mais cela n'a rien à voir en fait avec le vrai Dieu c'est-à-dire Jésus.

Une difficulté apparaît : s'il est ainsi prouvé pour appeler un chat un chat que l'islam n'a rien à voir avec Christ, au sens où ce dernier n'est pas un prophète comme le clame cette doctrine, qu'en est-il cette fois de la filiation juive qui ne l'a pas reconnue non plus comme Dieu venu sur Terre pour nous sauver ? 

L'islam s'évertue à faire croire qu'il est celui qui rectifie quelques déformations en l'occurrence le fait que Jésus ne serait que prophète, ce qui est faux et discrédite donc d'emblée l'islam comme continuateur puisqu'il ne reconnait pas la divinité en Jésus.

Mais qu'en est-il des Juifs ? Les Chrétiens en prétendant en être les descendants n'ont-ils pas fait ce que par la suite ont pu faire les Musulmans qui prétendent rectifier Juifs et Chrétiens ?

Non. Christ en apparaissant ne rectifie en aucune manière ce qui a été déjà accompli par Moïse et les Prophètes jusqu'à Jean-Baptiste ; il vient préciser que la Parole dans sa réalisation humaine ne peut pas rester immobile autrement elle ne serait pas Esprit, souffle de vie ; ainsi "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre" ou "qu'il est possible de soigner même le jour du Sabbat" ou qu'il "est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu" ou encore "la parabole des Talents", Jésus indiquant qu'il faille tout faire fructifier, même la plus petite capacité, que signifie tout ceci en particulier la dernière parole ?

2/N'étant pas, nous, parfait, omnipotent et omniscient, c'est sans cesse qu'il faut (nous) transformer (dans) le monde pour qu'il puisse être, et de surcroît à son Image d'où la nécessité de ne pas juger à chaud sans preuves, de secourir son prochain y compris en pleine cérémonie sacrée, d'admettre que l'on a aussi beaucoup de responsabilités lorsque l'on est à la tête d'une fortune et/ou d'un pouvoir, qu'il faut développer ses capacités aussi minimes soient-elles, car ce sont ces efforts là qui sont récompensés.

Dire cela ce n'est pas déformer accuser les autres de falsification c'est essentiellement indiquer que l'on vit par une perception qui donne sens sans être pour autant seulement imaginaire; aussi faire de son mieux le métier à disposition, faire l'effort de se former à un autre s'il y a lieu, cette interaction là doit être privilégié, elle ne peut en aucun cas être minimisée sous le prétexte que certains seraient plus prestigieux que d'autres.

Pourtant, cette femme française, Christelle Brua, élue la meilleure pâtissière du monde, pourrait être considérée par une certaine sociologie comme étant en mobilité sociale descendante ou déclassée si son père était prof classé cadre alors qu'un pâtissier, même "chef" est au mieux classé agent de maîtrise. Les perceptions certes changent puisque le "hipster pâtissier serait plus valorisé que le cadre supérieur", mais pas tant que cela si l'on en entend certains chefs d'entreprises indiquant leur difficulté à embaucher alors qu'il y a tant de chômage; certes encore, le poids des cotisations sociales le salaire peu attractif expliquent en partie cela, mais plus fondamentalement il s'agit bien d'une erreur de perception celle de croire que le statut est d'emblée un gage en soi de bonne vie (alors qu'un prof en France gagne deux fois moins qu'un bon pâtissier) et surtout de prestige lorsque l'on voit l'immense perte en réputation des élites qui nous gouvernent.

Le rapport en les points 1 et 2 réside en ceci : Le Christ a apporté, pour les croyants et non croyants ("circoncis et non circoncis" dit Paul) la Bonne Nouvelle celle de l'accès, dès à présent, par Lui, au Royaume, à la Félicité, celle de l'osmose ou Grâce nous arrachant de la pesanteur (comme l'indique la philosophe Simone Weil) ce qui implique d'une part, que le Christ accomplit ce qui avait été édicté avant lui, à savoir sa venue, afin de pardonner le Péché Originel (le travail n'est plus un enfer) d'où le fait de préciser comment mieux lire la Loi (des dix Commandements) ; d'où encore la non nécessité de la venue ultérieure d'un quelconque autre prophète puisque tout a été déjà accompli.

D'autre part, et comme l'indique la parabole des Talents l'important, le fondamental, consiste à faire fructifier la capacité que l'on possède, peu importe laquelle; et c'est dans le fait même de la développer au mieux, c'est cela qui suscite respect admiration prestige, quand bien même serait-elle moins clinquante, m'as-tu-vu. Tout se tient.

Á quoi bon se parer et parader si l'action accomplie ne fructifie rien, thésaurise, accumule pour accumuler, Jésus reprend ici aussi les conclusions qu'un Platon (dans sa République) et un Aristote (dans son Éthique) avaient avancé (à la suite des Prophètes Juifs, des sages asiatiques, africains…) en leur donnant une consonance plus ample à ce qu'il semble : c'est dans chaque geste, regard, attention, que se confronte grâce et pesanteur ou la force de l'empathie qui cependant n'empêche pas de voir Jésus chasser les marchands du Temple ou d'indiquer qu'il est venu "apporter l'épée" et non la paix…Le conflit interne et externe est donc nécessaire, permanent, afin de mieux évoluer en grâce plutôt qu'en pesanteur ou "esprit de lourdeur" c'est là toute une vision esthétique au sens fort qui fait que le Beau n'est pas le parent pauvre entre le Vrai et le Bien mais leur but puisque nous sommes faits à son Image…

Lucien SA Oulahbib 27/10/2018

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