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Misère idéologique de la gauche et droite mondiale

 

Quel est le référent historique massif premier qui justifie pour le spectre gauche-droite classique le fait de traiter tout discours en appelant au "peuple" de populiste au mieux d'extrême droite en règle générale ?

 

Le fait qu'Hitler soit devenu chancelier par voie électorale. Ce qui sous-entendrait que le suffrage universel n'est pas en soi la garantie démocratique nécessaire et suffisante y compris lorsqu'il s'agit d'un scrutin pluraliste de type non plébiscite. Mais cela "on" le sait.

La démocratie politique, moderne, ne se réduit pas au processus électoral, il faut aussi que les pouvoirs s'équilibrent et se contrôlent mutuellement (en théorie) ; le processus électoral sert uniquement à redistribuer les cartes à intervalles réguliers, et aussi en cas de crise dit de "régime" lorsque les élus ne font pas leur travail; mais il y a une spécificité du système judiciaire qui peut se soustraire à une telle redistribution comme c'est le cas en France à la différence des USA ce qui soulève les questions délicates du degré d'indépendance des pouvoirs les uns vis-à-vis des autres.

En tout cas l'idée que quelqu'un puisse être élu au suffrage universel direct n'a jamais en effet garanti en soi la pérennité du système démocratique moderne s'il n'y a pas également des contre-pouvoirs suffisamment forts et surtout légaux le permettant. Car il ne faudrait pas qu'en parallèle se constitue une contre-société de type factieuse qui contourne enveloppe les contre-pouvoirs en vue de s'y substituer à terme comme ce fut le cas des soviets noyautés à terme par les bolcheviks, des faisceaux italiens de combat (et le mouvement squadriste) ainsi que les S.A, voire les Cagoulards en France (faisant suite aux Ligues, certaines Cagoules faisant cependant amende honorable et allant rejoindre De Gaulle à Londres). Ensuite il faut que ces contre-sociétés affirment un anti-parlementarisme conséquent, enfin leurs éléments les plus avancés doivent être sans cesse en action et ce de façon violente afin de répandre la terreur parmi le camp adverse. Voilà pour une définition stricte et objective de cette catégorie politique.

Est-ce le cas s'agissant des actuels mouvements dits d'extrême droite ou populiste ? Hormis Aube dorée en Grèce et quelques groupuscules néo-nazis et suprémacistes (anti-Trump aux USA) la plupart des partis de masse catalogués aujourd'hui tels ne correspondent en aucun cas à ces appellations. Comme l'a montré récemment Alexandre Del Valle dans Causeur, les "preuves" rassemblées à l'encontre de l'actuel homme fort au Brésil ont été soit fabriquées soit comme en Allemagne liées à des exactions effectuées par des groupes parasites qui eux en effet se réclament directement de thèses factieuses et racistes mais ne peuvent être considérés comme étant les vecteurs mêmes des puissants mouvements populaires actuels.

On peut certes relever ici et là des propos nostalgiques, provocateurs, ou tout simplement critiques envers l'homosexualité militante l'ultra-féminisme, le tout mêlé à des accusations dénonçant par exemple la propagande d'un Soros pour l'abolition des frontières la PMA et la GPA ; sauf que s'il y a pas diffamation effective, de tels propos quand bien même leur outrance supposée font parties intégrantes en Droit du débat démocratique moderne en ce sens où combattre, verbalement, l'idéologie LGBT stipulant que le genre ne serait qu'une construction sociale ou que les enfants peuvent se passer de père ou de mère sans aucun dommage, reste un combat légal et légitime qui ne peut en aucun cas être discrédité comme étant, d'emblée, homophobe ou liberticide.

Car il ne s'agit pas en effet de condamner en soi l'homosexualité ou la liberté de désirer un enfant, mais de critiquer le fait que ces demandes soient en soi des "droits" obligatoires qui devraient obliger les citoyens non pas à les admettre comme possibles mais à les intérioriser comme des points de passage obligés si l'on veut être réellement "démocrate" c'est-à-dire en novlangue "progressiste" et donc non "réactionnaire".

Or ceci est non seulement faux mais totalitaire parce que cela établit en apriori (ou préjugés) des liens culpabilisants d'emblée qui n'ont pourtant strictement rien à faire là puisque l'on peut admettre l'homosexualité sans considérer qu'il s'agit d'une norme qu'il faudrait intégrer pour soi-même également, sous peine de paraître "coincé" ou "hétéro-normé" ; autant d'éléments de langage par excellence du discours totalitaire dominant issu de la fusion en accéléré des courants post-communistes et néo-aristo-libertins de plus en plus au fondement symbolique de l'industrie pornographique et de toute la machinerie techniciste hyperréelle du cybernétique "pansexuel" qui a envahi les systèmes culturels et éducatifs ; d'où la résilience actuelle refusant toute cette idéologie intimidante alors qu'elle est nihiliste de part en part sous couvert de "liberté individuelle" (à ce compte le droit de devenir esclave pourrait être revendiqué y compris hors des circuits sado-maso…).

Voilà pourquoi l'anathème "extrême droite" est aujourd'hui également agité à l'encontre des courants pro-life ou anti-voile (souvent au coeur des courants actuels dits populistes ou d'extrême droite) alors que le ventre des femmes comme l'a bien démontré, entre autres, Laurent Fidès (dans Face au discours intimidant, voir aussi les travaux de Bérénice Levet…et aussi Demeure de Bellamy) n'est pas seulement leur propriété en système démocratique en ce sens où l'on a le droit de proposer des solutions alternatives, surtout lorsqu'il ne s'agit pas de viol d'inceste ou de mal formation, et aussi lorsque l'acte d'avorter est payé par la collectivité, en particulier quand il s'agit de foetus étant parfois à plus de vingt quatre semaines de gestation comme c'est le cas aux USA au Canada (soit plus de six mois…).

C'est cette discussion, là, qui est empêchée et taxée d'extrême droite d'emblée prétextant que celle-ci voudrait interdire tout avortement ce qui est faux et n'est pas en tout cas la tendance majoritaire parmi les courants pro-life.

De même expliquer que les femmes auraient le "droit" de se voiler intégralement oublie qu'il ne s'agit pas seulement d'individus vivant isolément, mais aussi d'êtres sociaux en interaction avec autrui, ce qui nécessite de respecter ce dernier dans ses croyances et ses droits acquis (égalité homme/femme, symbolique de la chevelure féminine libre) d'où le fait que le nudisme n'est toujours pas autorisé dans l'espace "public" celui-ci n'étant pas un terrain vague mais laïc au sens où le respect des opinions de chacun doit y être respecté (ce qui implique qu'un léger voile y est d'ailleurs toléré à la différence de la burka).

Ne parlons pas du droit à la sécurité, à la non corruption, au refus des passe-droits, au désir de vivre selon ses traditions historiques en évolution certes mais non pas de manière complètement disruptives, bref les contempteurs des actuels courants dits populistes/d'extrême droite font comme si tous ces éléments seraient en soi réactionnaires à l'aulne de leur propre conception du monde faisant office d'emblée de Tables de la Loi,  de vérités intangibles découlant tout droit des droits dits sacrés de l'Homme (et du citoyen) alors que tout droit y compris divin mérite examen critique ce qui est le corps mystique fondamental même de l'esprit judéo-chrétien déjà au sens biblique (Adam et Eve désobéissant à Dieu) également de St Augustin (dans ses Confessions) et aussi au sens phénoménologique fort propre à l'esprit européen comme le soutenait Husserl (y compris contre Heidegger) dans sa Krisis (1935)…

C'est toute cette complexité là que ne comprennent évidemment pas les pseudo pourfendeurs de l'extrême droite (animés d'une ignorance conceptuelle qui fait pitié voire honte…) et aujourd'hui défenseurs auto-proclamés du système démocratique représentatif moderne supposé "menacé" par la "vague populiste mondiale" un "système" qu'ils pourfendaient du temps de leur jeunesse lorsque celui-ci était traité de "bourgeois" donc illégitime par essence et illégal à terme sans oublier les propos de Trotski justifiant dans "Leur morale et la nôtre" la pratique terroriste militante permanente celle-là même qui extermina jusqu'au dernier les premiers révolutionnaires de 17 (sans oublier les marins de Kronstadt marque indélébile avec l'Holodomor, le Goulag etc…). Comment osent-ils ?…

Les mêmes agitent donc des "mêmes" (y compris à droite bégayant dans les salons cette gauche dite "morale") ou imitations itératives d'injections paradoxales obligeant les individus citoyens à ne pas se poser de question qui ne serait pas normée javellisée au préalable par leurs circuits intégrés à l'assaut de toute intelligence non artificialisée par leurs soins de docteurs Folamour visant aujourd'hui à régenter jusqu'au climat de la Terre (en attendant l'Univers comme l'espérait Blanchot…en boutade?…).

Lucien SA Oulahbib 30/10/2018

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