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Le nihilisme totalitaire des « sans frontières »

Alors qu'Asia Bibi ne trouve pour l'instant aucun pays au monde pour l'héberger, les partisans hypocrites de la disparition des nations au profit des "territoires" jouent à la pression morale pour entériner un "Pacte" cherchant à "encadrer" les migrations, en réalité ayant en vue d'accélérer, de fait, l'implosion généralisée des frontières ; le tout bien sûr "au nom" de la justice du climat de la culpabilité ; triomphe ainsi  l'idée sous-jacente de la pure réversibilité : frontière, identité, genre, tout se liquéfie et varie selon les cotations (médiatiques) à la mode.

Car de deux choses l'une, soit l'on admet que les frontières existent et qu'elles sont nécessaires pour protéger la notion de citoyenneté nationale, ce qui implique de définir des règles et de les défendre pratiquement, soit l'on admet certes officiellement tout cela, tout en le sapant en sous-main en réalité par la critique permanente de toute mesure visant précisément à la protéger, la conserver, fermant les yeux sur l'immigration illégale qui sera régularisée à terme dans les tréfonds du clientélisme hypocrite par essence. Tel est le dilemme actuel, à la source n'en doutons pas du refus populaire se développant sous nos yeux.

Cette situation, complexe, et pourtant simplifiée à outrance par les "sans frontières" de fait qui la taxe de "populiste", permet cependant de repenser à nouveaux frais les notions de territoire, patrie, nation: le territoire, détaché de la notion de nation devient un terme neutre, neutralisant même et variant en fonction des rapports de force, concentration en mégalopole ici, désertification là ; de même la patrie qui, sans l'idée de nation et donc de "communauté de destin" qui la soude, revient à défendre le local ou proche contre le national réduit au lointain, ainsi Sparte fait alliance avec la Perse contre Athènes lors de la guerre du Péloponnèse (à partir de l'an 412 av JC…). Que dira-t-on quand la Corse fera de même ?…

Aussi parler de "patriotisme" ne veut rien dire si ce dernier n'est pas pensé dans l'optique d'une sédimentation historique progressive au sens de la maturation d'un être ensemble (et pas seulement d'un vivre ensemble) qui a en vue la notion d'amitié, d'être heureux ensemble, comme l'indique la définition de la Cité pour Aristote. La Cité précède la Ville au sens où il s'agit d'un contrat politique, d'un lien fort articulant la perception et la nourrissant par les contes et légendes, les évènements vécus et subsumés, dont la langue et ses images, aux multiples supports désormais, est le vecteur singulier.

Les "sans frontières",de fait, au sens où cela est rarement avoué sinon dans les salons s'en fichent royalement (tout en disant le contraire bien sûr) avec leur globish anglais fourre tout professant l'idée irénique de la cohabitation harmonieuse des natifs et des migrants comme il indiqué dans ce "Pacte"onusien, ce qui pourrait se plaider, du moins vraiment encadré, s'il n'y avait aussi et surtout et même d'abord cette idée de prôner, pour ces derniers (et non pour les natifs…) la préservation de leurs "codes culturels" (voile intégral et compagnie) y compris avec ses effets pervers comme on le voit dans des affaires de viols récentes (malgré la contestation des médias "sans frontières" qui ont vu le danger) ou encore la récente accusation de violation sur mineurs en Suisse contre Ramadan car celui-ci pourrait fort bien indiquer que cela correspond à "ses codes culturels"…

Mais tout cela est évidemment balayé d'un revers de main par cette secte désormais urgentiste des sans frontières et leurs sympathisants people car ils ont éliminé depuis longtemps la notion de citoyenneté nationale en ne retenant que le premier terme réduit à des "droits à" qu'ils aimeraient étendre à toute l'humanité ; sauf que c'est un universalisme orienté, idéologique, distinct de l'universel, au sens où ce qui est désormais prôné c'est la dimension globale d'une humanité interchangeable avec comme trait commun le "care", l'approche médicale, hygiénique, qui assisterait les passages, les transbordements, au détriment d'une universalité réelle, qui, bien qu'étant respectueuse des continuités historiques différenciées, admet une égalité en droit entre ses membres d'où l'idée que femmes et hommes sont nés égaux, que tous les citoyens d'une nation sont égaux en droit et qu'il existe certains droits inaliénables comme la liberté et la justice permettant de traduire dans les faits l'amitié commune (ou fraternité, solidarité).

Comment se fait-il que tous ces acquis, nationaux, et pouvant prétendre à l'universel si d'autres nations le désirent, disparaissent sous nos yeux au profit d'un relativisme des "codes culturels" devant cohabiter au sein d'une même nation, accompagnant le tout par une diabolisation de pays qui défendent justement toute cette complexité là ? Au nom de quoi faudrait-il que les USA fassent disparaître leur frontière avec le Mexique ? A l'inverse pourquoi les sans frontières ne se mobilisent-ils pas pour aider les Vénézuéliens ? Pour combattre le racisme anti-blanc en Afrique du Sud et au Zimbabwe ? Pourquoi ne manifestent-ils pas contre le régime chinois qui ouvrent des camps de concentration pour musulmans et républicains libéraux, au lieu de s'en prendre uniquement à la Birmanie ? Pourquoi s'en prendre à Israël, et ne rien dire sur ce que fait l'Arabie Saoudite au Yémen ? Et que se passe-t-il au Nigeria, au Mali, où en est la situation des chrétiens dans les pays dominés par les arabo-musulmans ?…

Que dire également sur les débordements hyper-nationalistes en Inde qui attaquent également des chrétiens, pourquoi rester silencieux devant les hystéries anti-chrétiennes (et anti-chiites) au Pakistan en Afghanistan (les répressions multiformes en Iran) alors que les musulmans n'ont à prétendre dans ces pays à aucune autre priorité sinon leur impérialisme, tout comme dans toute l'Afrique d'ailleurs ; mais de cela personne n'en parle bien sûr chez les "décoloniaux" sans frontières.  On ne retient de leur diatribe que la présence de certains résidus nazis en Ukraine, en Hongrie, en Pologne, en Allemagne qu'ils amalgament frénétiquement avec le désir populaire de ne pas précisément sombrer dans l'idée du terrain "vague", du "rond point" mondialisé propre aux sans frontières voyant peste brune et séditieux partout et leur responsabilité en la matière nulle part.

Les médias qui participent à cette simplification en payent évidemment les pots cassés car il est lassant de se faire traiter d'extrême/ultra/droite raciste homophobe etc dès que le désir de vivre heureux dans une culture à la fois traditionnelle et novatrice se manifeste, alors que le bougisme consumériste et l'hyper-modernisme techniciste affairiste de type eugéniste tiennent de plus en plus lieu de substance "progressiste" dualiste ou le faux universel au visage d'ange soit le vrai totalitarisme en marche.

Lucien SA Oulahbib 29/11/2018

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