Vers une guerre des civilisations ?

On reparle ces jours-ci de la Stratégie culturelle islamique à l'extérieur du monde islamique1 adoptée en 2000 par les 56 États-membres à majorité musulmane de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI), plus l'Autorité palestinienne.  En 2000, l'OCI avait en effet créé sa branche culturelle, l'ISESCO (Organisation Islamique pour les Sciences, l'Éducation et la Culture), pour mettre en pratique cette Stratégie toujours actuelle.Le président du Parti Chrétien Démocrate, Jean-Frédéric Poisson a fait paraître un livre qui traite en détail de ce texte peu connu mais qui nous concerne au premier chef : L'Islam à la conquête de l'Occident. La Stratégie dévoilée. (éditions du Rocher, Paris, novembre 2018).
Il faut rappeler que l'OCI est une structure qui a été créée en 1969 pour travailler à l'unification de la Oumma islamique (communauté transnationale des fidèles musulmans) à l'intérieur des Etats islamiques mais aussi à l'extérieur, conformément au projet de l'Islam qui est de convertir progressivement la terre entière à sa foi en Allah et à sa conception unitaire de la religion et de la politique, en étendant la Chari'a, le système des lois coraniques à l'ensemble de l'humanité.
 
L'OCI bien entendu siège à l'ONU en tant que membre permanent et y fait entendre sa voix, éloquemment pro-palestinienne et hostile à Israël.
 Pourquoi Jean-Frédéric Poisson aborde-t-il aujourd'hui cet épineux sujet, déjà traité en 2010 en termes pour le moins inquiétants par Bat Ye'or dans L'Europe et le spectre du Califat (éd. Les Provinciales), et en quoi cela concerne-t-il, par-delà les gouvernements islamiques chargés de mettre cette Stratégie en œuvre, les citoyens français que nous sommes? D'abord sans doute, parce que notre pays, conformément à la politique voulue par l'Union européenne, s'est montré dès la guerre des Six-Jours, en 1967, constamment amical à l'endroit du monde arabe et des populations immigrées de confession musulmane.
Elle a ouvert ses programmes scolaires en 2002 à la grandeur d'Al Andalus, civilisation arabo-andalouse, qui a régné entre les VIIIème et jusqu'au XVème siècles dans certaines parties du sud de la France et en Espagne, installant, il est vrai surtout au début, avec les Omeyyades, et bien moins par la suite avec les Almohades, un certain art de la "convivance"entre Musulmans, Juifs et Chrétiens.
Ensuite parce que la France, soucieuse de proposer à ses ressortissants musulmans des lieux de culte décents, a mis à leur disposition des terrains loués à baux emphytéotiques, pour permettre la construction de mosquées, et qu'elle a autorisé avec bienveillance et cofinancé la construction d'instituts culturels islamiques faisant également office, le vendredi, de mosquées et partiellement d'écoles coraniques, dérogeant, quelque peu, à l'article 2 de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l'Etat et des Eglises . Les mosquées ont vu le jour (plus de 6556 en France en janvier 20182), les instituts culturels et les écoles coraniques se sont multipliés, la pédagogie interculturelle s'est diffusée dans l'école laïque pour enseigner aux non-musulmans l'estime envers leurs compatriotes musulmans et pour autant, on ne peut pas dire que nous ayons, attentats terroristes et assassinats individuels et collectifs traumatisants au cri d'Allahou Akbar aidant, pu constater les fruits des efforts de nos gouvernants pour intégrer et "organiser" un "Islam de France"3
 La raison, maintes fois avancée, et juridiquement irréfutable est que l'Islam n'est pas une religion possédant un clergé hiérarchisé et dont telle ou telle personne pourrait institutionnellement faire autorité aux yeux de l'ensemble des Musulmans de France pour les représenter face aux élus de la nation.

La France, nation traditionnellement catholique, s'était naïvement fixée le but de rallier les Musulmans à l'idée d'une sorte de Consistoire, analogue au Consistoire israélite créé en 1807 par Napoléon 1er pour servir d'intermédiaire entre ceux qu'on appelait alors les Français de confession israélite et le pouvoir politique. Bien que cela revînt à distinguer dans le judaïsme, entre l'appartenance religieuse et l'appartenance nationale à un peuple singulier, les Juifs, ultra-minoritaires, en l'absence de l'existence de l'Etat d'Israël, et, qui plus est soucieux de loyalisme envers la France, selon leur adage "La Loi du pays dans lequel nous vivons est aussi notre Loi" (dina de malkhuta dina), se plièrent à la discipline consistoriale et privilégièrent leur allégeance aux autorités civiles et au Droit français sur le respect de telle ou telle de leurs coutumes ancestrales.
 
Dans le cas de l'Islam, qu'en est-il ? Comment le savoir sans aller regarder de plus près ce qu'écrivent les Etats islamiques sur ce qu'ils sont, ce à quoi ils aspirent, comment ils considèrent les nations non- musulmanes et comment ils envisagent leurs relations avec elles?

Les Français, et tout particulièrement leurs gouvernants, affirme J.-F. Poisson sont – et c'est une faute – ignorants de ce que l'Islam pense et dit ouvertement de tout cela. Cette négligence doit être réparée. On ne saurait mieux dire, surtout en des temps où, comme nous en informent un Appel de 80 intellectuels sur "Le "décolonialisme", une stratégie hégémonique"4 et un dossier de l'Obs5 "Menace "décoloniale" à l'université", le monde de l'enseignement supérieur se trouve assiégé par un entrisme islamiste déterminé qui a réussi à faire pénétrer, sous couvert de "décolonialisme" des idées nauséabondes telles que le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie, l'anti-christianisme et le prosélytisme anti-laïque avec l'aval apeuré de certains universitaires – ils n'acceptent de témoigner que protégés par l'anonymat – mais également parfois avec celui d'autres, militants déclarés tels ce compagnon de route des Frères musulmans, selon l'Obs, François Burgat, directeur de recherche au CNRS.

 Ouvrons donc les 118 pages de la Stratégie culturelle islamique à l'extérieur du monde musulman pour avoir une idée de ce que nous demandent exactement les Etats musulmans pour pouvoir accréditer l'idée que l'Islam est dignement accueilli dans nos contrées.
 Dans son introduction de 8 pages à la Stratégie culturelle de l'ISESCO se terminant par "Puisse Dieu nous assister pour le bien de notre Oumma et de l'humanité toute entière", le Dr Abdulaziz Othman Altwaijiri, Directeur général de l'ISESCO, ne cache pas l'intention fondamentale de ce texte : 
 
Cette stratégie culturelle est destinée à faire revenir les musulmans vivant hors des Etats islamiques dans la Oumma, la communauté islamique internationale, c'est-à-dire à les recruter activement, avec l'aide des pays-hôtes, pour qu'ils privilégient leur identité islamique au détriment de leur identité occidentale, jugée négative et inférieure à l'identité islamique.
  
  Cinq thèmes-force ouvertement cités et résumés ci-dessous que tout citoyen européen, musulman ou non, doit connaître, s'il veut choisir librement son destin et celui de ses enfants face à l'entrisme islamique sont abordés dans les 118 pages que compte ce document, destiné autant aux lecteurs musulmans vivant en Occident qu'aux non-musulmans. 
 

1) La "guerre des civilisations" :

   La mondialisation économico-financière et de l'information initiée par l'Occident, s'est traduite par la volonté de celui-ci de s'imposer comme modèle culturel exclusif et hégémonique ("ogre") au monde entier, au mépris de la diversité des cultures et des civilisations. Il s'en est suivi une "guerre des civilisations" (nommée comme telle) dans laquelle le modèle islamique doit se battre pour primer chez tous les Musulmans, par rapport au modèle occidental.

2) Ladite excellence indépassable de la civilisation de l'Islam.

 Alors que l'Occident n'est que "matérialiste", la civilisation islamique est ancrée de manière permanente et indépassable – que ce soit en terres d'Islam ou ailleurs – dans la religion de Mahometcontenue dans le Coran et la Sunna. Vu son excellence indépassable, il en découle une vocation à l'expansion mondiale via la Oumma communauté des croyants étroitement liés entre eux par la foi en Allah. Une place bien plus importante qu'elle ne l'est actuellement devrait être faite à l'histoire et à la civilisation de l'Islam dans les programmes scolaires publiques occidentaux pour ne pas surmener les enfants musulmans obligés de recevoir cette instruction dans des écoles parallèles en plus des heures de cours dans l'Ecole pour tous. Il faut également enseigner les pratiques cultuelles, comme juridiques de la Chari'a : "l'Islam est sa [du Musulman] religion et sa [idem] loi" (p. 86). La laïcité doit être annulée et la France toute entière doit se calquer sur le statut du Concordat d'Alsace-Moselle. "[…] Importance accordée à l'éducation islamique préscolaire à travers la création de crèches et de jardins d'enfants dans les établissements islamiques, tenant compte du principe selon lequel tout apprentissage pendant l'enfance sera à jamais ancré chez l'individu." (p. 101).

Une "civilisation de substitution[à la civilisation occidentale en déclin] qui s'appuie sur l'Islam authentique et les acquis positifs de la civilisation humaine" (p.83) en sortira.

3) L'expatriation des "immigrés" musulmans n'est pas – ou ne devrait plus être – synonyme d'acculturation occidentale mais d'inculturation islamique volontariste.

 L'implantation en expansion constante des Musulmans en Occident est en effet aujourd'hui un phénomène "stable, durable et irréversible" (p. 86).
 Les Musulmans qui vivent à l'extérieur du monde islamique et, oubliant leur identité islamique, tentent de s'occidentaliser, ne peuvent que se sentir déséquilibrés et malheureux, parfois jusqu'à tomber dans la délinquance et le crime, face aux assauts du "racisme" occidental envers leur "identité". La solution, que ce soit pour eux ou pour leur pays d'accueil, ne peut passer que par leur réislamisation active depuis l'enfance, grâce aux écoles et aux instituts culturels situés à l'intérieur des mosquées de plus en plus nombreuses qui se construisent en Occident. De celui-ci ils prendront tout ce qu'il a à leur apporter sur les plans cognitif, économique, social, politique, tout en rejetant son système de valeurs "impies" (laïcité, droits des homosexuels etc…) en revendiquant la primauté de la Chari'a sur les systèmes juridiques occidentaux.[...] (p.87)
  
De même ils devront privilégier l'arabe, langue sacrée du Coran sur les langues des pays d'accueil.

 4) L'exploitation des principes et des valeurs impies de l'Occident comme d'autant de failles pour favoriser l'islamisation des Musulmans d'Occident.
 
 La laïcité prônée en France, est un principe impie; elle pourra et devra servir toutefois le processus de réislamisation des Musulmans d'Occident, via la construction de mosquées, l'instruction et l'éducation islamiques précoces. De même, le "droit à la différence" qui est passé au rang de droit de l'Homme de nos jours en Occident, servira à revendiquer des droits comme celui de pratiquer ouvertement l'islam partout et à tout moment – fors de quoi il sera possible de se déclarer victime de racisme islamophobe.

5) Le financement de cette politique : mais c'est bien sûr ! 

 Cette politique sera mise en œuvre via "les subventions consenties par les organisations internationales comme l'Union Européenne, le Conseil de l'Europe et l'Agence de développement internationale"  (p. 114).
Les pages 100 à 118 détaillent les organes techniques et les fonds qui subventionnent la Stratégie… Est annoncée, par exemple"la création d'une faculté des sciences de l'éducation en Occident dont l'accès sera donné en priorité aux enfants d'immigrés" (p.102) aux fins de former les enseignants des écoles coraniques. 
 
   Il faut donc une bonne fois pour toutes accepter de comprendre ceci : plus nous faisons de place à l'islam qui est une religion militante, offensive et soucieuse de revanche envers l'Occident contre lequel elle se dit "en guerre", et plus nous aurons d'actes agressifs, violents et intrusifs sur notre sol. Notre système juridique est également menacé, comme l'ensemble de notre civilisation, ses valeurs morales, ses normes politiques. L'Islam aspire à retrouver sa grandeur perdue; son corpus doctrinaire (Coran, Hadiths) juge qu'il est offensant pour un Musulman qui se trouve en position de l'emporter sur le plan de la guerre sainte (Jihad) de ne pas livrer cette guerre. Si nous ne le voyons pas ce n'est pas faute qu'il nous le dise et redise – c'est que nous sommes trop narcissiques pour nous imaginer que les Musulmans puissent aspirer à un autre style de vie que le nôtre. Guérissons de notre narcissisme et faisons face à la réalité! Est-ce encore envisageable?

 L'entrisme islamique Fondation Anna Lindh, Alliance des Civilisations, UNESCO, Projet Aladin, Processus de Barcelone parmi d’autres) financées par nos impôts, initié dès les années 1970, un projet de colonisation culturelle de l'Europe. En 1996, dans son Discours à l'université du Caire, Jacques Chirac avança le chiffre de "cinq milliards d'écus, doublés par les prêts de la Banque européenne d'investissement et complétés par les apports bilatéraux de chaque pays de l'Union d'ici la fin du siècle". [N.B. L'écu est la monnaie européenne qui a été remplacée par l'euro en 2000, 1écu = 1 euro] pour financer cette politique.
  
Aujourd'hui cette politique se retourne contre nous, non-Musulmans, mais également, c'est à souligner, contre les Musulmans laïques ou athées désireux d'embrasser les valeurs et le mode de vie occidentaux. Ce que, de Chadhortt Djavann à Boualem Sansal en passant par Malika Sorel, Kamel Daoud, Jeannette Bougrab, Zineb El Rhazoui, Alexandre Mendel, Yves Mamou et   beaucoup d'autres n'ont pas manqué de dénoncer avec beaucoup de courage par la parole et l'écrit. Et que dire de Bat Ye'or, injustement stigmatisée comme complotiste pour avoir cherché, documents officiels à l'appui, à nous ouvrir les yeux?

 Je suis au regret de dire que J.-F. Poisson, après avoir brillamment analysé et expliqué la Stratégie de l'ISESCO n'apporte pas de solutions: au lieu de rappeler que notre État est à juste titre6 devenu laïque et de revendiquer le respect absolu de cette laïcité plus pacificatrice que tous les discours religieux réunis, il s'en prend, dans une vidéo7, au "laïcisme" (confondu apparemment par lui avec la laïcité, puisqu'il ne les différencie pas) et ne propose que de remettre la religion en évidence dans la société. Les manifestations religieuses ont leur place, rappelons-le, dans la société civile qui n'est pas l'espace public c'est-à-dire les lieux qui expriment les valeurs de la République, dont la liberté de conscience et de culte en respectant la neutralité religieuse et politique : écoles, mairies, hôpitaux et de tous les services publics….

Cette visibilité accrue du religieux "rassurerait" (sic!) d'après J.-F. Poisson les Musulmans, inquiets, à bon droit, comme les Chrétiens, de la mise sous le boisseau des religions et de leurs valeurs morales. Cela après avoir dit que la Stratégie de l'ISESCO nous livrait une "guerre territoriale! N'est-ce pas là de sa part une grave illusion ? Pour vouloir se servir de la logique entriste et sécessionniste de l'Islam, au profit d'un christianisme qu'il estime sous-représenté en France, ne contribue-t-il pas allumer une guerre des civilisations et des identités dont il accepte, comme l'ISESCO, l'hypothèse en citant Samuel Huntington8 ?

Sans doute aurait-il été mieux inspiré en tentant de rassembler nos concitoyens sous le toit protecteur de la laïcité, bien mise à mal par notre ignorance – par notre lâcheté aussi – et notamment par la non-application, par nos gouvernants successifs de l'article 35 de la Loi de 1905 qui dispose que "si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou aux actes légaux de l'autorité publique, ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d'une sédition, révolte ou guerre civile."9
  
Oui, nos valeurs républicaines sont universelles : pas un être humain qui, venant au monde, n'aspire : 1) à l'exercice de la plénitude de ses libertés – il apprendra plus tard qu'il lui faudra pour cela respecter un corpus de lois justes, toujours perfectibles, pour vivre en société;

2) à l'égale dignité de tous les êtres humains, toutes croyances et options philosophiques confondues, ce qui implique la laïcité et non une simple et révocable "tolérance" qui ne fabrique toujours que des guerres de religions et des cultes soumis (cf le statut de la dhimmitude en Islam) à la religion dominante, celle de l'Etat, avec toutes les contraintes et les humiliations que doivent encore subir les Juifs et les Chrétiens –pour ne rien dire des autres cultes ou des athées – jusqu'à aujourd'hui en terre d'Islam;

3) à la fraternité, c'est-à-dire à la qualité humaine partagée par tous les êtres humains ce qui n'a rien d'évident contrairement à ce qu'on pourrait croire pour des pans entiers de l'humanité, tels nos Grecs anciens qui clivaient l'humanité en "Grecs" et "Barbares" (qui ne sachant pas le grec, ne parlaient pas mais ne savaient semblait-il alors, qu'émettre des borborygmes, d'où leur désignation).

Ces valeurs sont donc fédératrices pour nous – et malheur à qui s'y attaque : voyez ce qui arriva à ceux qui parièrent sur "Travail, Famille, Patrie." Elles ont alors pu rallier à elles La Rose et le Réséda, ceux qui croyaient au Ciel et ceux qui n'y croyaient pas, comme l'écrivit avec élan et vérité le poète Aragon. Sommes-nous ou pas, encore dignes de nos valeurs ? La question se pose de manière tragique aujourd'hui, face à l'irruption d'un impérialisme islamique nouveau qui n'a trouvé en Europe autant de complicités qu'en raison d'une rémanence anti-américaine à laquelle il faudra sans aucun doute, si nous voulons rester nous-mêmes, renoncer. 

__________________________________ 
3. Ni le CORIF (Conseil de Réflexion sur l'Islam de France) créé par le ministre de l'Intérieur socialiste Pierre Joxe à la fin des années 1980, ni la Grande Mosquée de Paris, lors de la cohabitation (1993 – 1995), ni le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur n'ont réussi à faire autorité chez les Musulmans dont la religion est également une loi et une politique, fondées en religion et hostiles à la reconnaissance de la préséance d'instances politiques non-islamiques sur celles de l'Oumma, comme l'OCI mais également sur les instances politico-religieuses des pays d'origine des Musulmans : ainsi la Grande Mosquée de Paris est réputée suivre la politique algérienne, tandis que le Rassemblement des Musulmans de France et Union des mosquées de France sont proches du Maroc, l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) devenue Musulmans de France est connue pour son allégeance aux Frères musulmans. Toutes ces associations rivalisent entre elles pour être seules interlocutrices de l'Etat et bénéficier de ses subsides.
 
En 2005, afin de tenter d'introduire quelque transparence dans le financement des divers courants de l'islam en France, D. de Villepin créé la Fondation des Œuvres de l'islam (FOIF) et lui alloue des fonds. Mais en l'absence d'accord possible entre les associations cultuelles islamiques, ces fonds n'ont pas pu être dépensés pour les mosquées, associations culturelles et écoles coraniques auxquelles ils étaient destinés.
Après les attentats de janvier 2015 François Hollande nomme Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation pour l'islam de France (FIF) chargée du financement de projets cultuels/culturels : nouvelle contestation, car Chevènement n'est pas un Musulman. En 2016, un auteur au profil idéologique controversé, Hakim El Karoui, proche conseiller d'Emmanuel Macron auteur de Islam, une religion française, remet à l'Institut Montaigne une enquête qui établit que deux tiers des Musulmans de France ignorent jusqu'à l'existence du CFCM. 
Source : http://oppec.fr/islam-de-france-des-instances-representatives-mais-de-qui
4. Le Point n° 2413 du jeudi 29 novembre 2018, pp. 38-39.
5. L'Obs n° 2822 du 6 au 12 décembre 2018, pp. 42 à 50.
6. Rappelons les 8 guerres de religion qui se déroulèrent en France au XVIème siècle, mais également l'Affaire Dreyfus (1894 – 1904). Seule la laïcité, instaurant l'égalité de toutes les options spirituelles et de tous les cultes devant la loi a été capable de mettre fin à la guerre civile entre religions, guerre nécessairement renaissante en raison des privilèges insupportables d'une religion sur les autres dans un Etat parvenu à une certaine rationalité interdisant de persécuter les êtres humains au motif de leurs croyances religieuses, tant que celles-ci ne viennent pas troubler l'ordre public (cf article 10 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789).
8. Samuel Huntington, Le Choc des civilisations (1996) éd. Odile Jacob, 1997, pour la traduction française.
9. Cité par Waleed Al-Husseini in Une Trahison française. Les collaborationnistes de l'Islam radical dévoilés, Ring éditions, 2017, p. 114. W. Al-Husseini ajoute : "Or, cet article indispensable pour lutter contre la radicalisation ainsi qu'à la protection de la laïcité et ses valeurs, n'est pas appliqué et la loi dans son ensemble n'est pas respectée. Le comble est que les islamistes accusent quiconque ose réclamer l'application de cette loi de "vouloir s'immiscer dans les affaires de l'islam et ainsi "de violer la loi sur la liberté de culte." (p. 114). Nous retrouvons ici la pratique du détournement des lois par l'islam militant à son profit ouvertement prônée par l'ISESCO.

Nadia Lamm 16/12/2018

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