UN GRAND DÉBAT NATIONAL BIAISÉ D’AVANCE

Bulletin n° 88






UN GRAND DÉBAT NATIONAL BIAISÉ D’AVANCE

On sait ce qu’il est advenu du débat sur la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) : l’annonce par le Président de la République du triplement de la production éolienne terrestre et de la mise en service du premier parc éolien en mer, ce qui a conduit l’association friends against wind à organiser une manifestation d’opposants au pied de la tour Montparnasse le samedi 9 février, ajoutant ainsi à la confusion générale.

La transition écologique est l’un des quatre thèmes proposés pour le Grand Débat National. Mais dans la mesure où le Président de la République postule d’emblée dans sa lettre aux français que « personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite » (contre le réchauffement climatique), de quoi pourra-t-on vraiment débattre ? La fiche de présentation du thème transition écologique sur le site dédié au Grand Débat, montre bien qu’aucune remise en question de la doxa ne sera possible.

En dissociant la transition écologique du thème de la fiscalité et des dépenses publiques, le Président de la République semble oublier que c’est la hausse sans précédent de la fiscalité énergétique (15 milliards d’ici 2022 selon le Sénat) qui est à l’origine du mouvements des gilets jaunes.

Dès lors, nous suggérons au Président de la république d’ajouter une 34ème question aux 33 questions qu’il a déjà suggérées dans sa lettre aux français :

Etes vous d’accord pour que, comme le propose le climatologue Jean Jouzel dans une tribune au Parisien, la France investisse chaque année dans la transition écologique 45 milliards d’euros (2 % de son PIB), pour enrayer un réchauffement climatique (moins de 1°C à ce jour depuis le début de l’ère industrielle selon le rapport du GIEC déjà cité), et dont il n’est pas prouvé que les causes en soit anthropiques ?

L’ « AFFAIRE DU SIÈCLE » OU L’ÉCOLOGIE DU SPECTACLE

Si une « fake news » désigne « une fausse information diffusée dans des médias de grande diffusion, dans un but politique ou seulement économique », alors les arguments exposés par la pétition LAffaire du siècle sont des fausses nouvelles.

On y lit en préambule :

« Nous assistons à la montée des eaux, à la fonte des glaces, à la multiplication des événements météorologiques extrêmes, tandis que les espèces animales et végétales disparaissent inexorablement. Les sécheresses et inondations sont de plus en plus dévastatrices. Nos exploitations agricoles sont en danger. L’air que nous respirons est pollué. Le prix de nos factures énergétiques explose. Partout, dans les pays du Sud comme dans les pays du Nord, les populations vulnérables sont les plus exposées ».

En dehors de l’explosion de nos factures énergétiques (bien réelle), les autres assertions sont soit erronées soit outrageusement exagérées à des fins de propagande : il est faux par exemple de dire que « L’air que nous respirons est pollué » (Christian Gerondeau l’a montré dans son récent essai). De même il est facile de vérifier qu’i n’y a pas de multiplication des événements météorologiques extrêmes ni de risque de submersion à cause de la fonte des glaces. Le reste est à l’avenant.

L’idée selon laquelle l’État serait techniquement en mesure de régler le climat et qu’il suffirait seulement de l’y contraindre par une décision de justice relève du fantasme. Comment d’ailleurs l’Etat français seul pourrait-il « modifier » le climat, alors que les émissions de la France représentent moins de 1% des émissions planétaires ?

L’ACCORD DE PARIS EST INAPPLIQUÉ PARCE QU’IL EST INAPPLICABLE

La COP24 a réuni vingt deux mille personnes pendant deux semaines à Katowice (Pologne) pour définir les modalités d’application de l’accord de Paris (le rule book) dont chacun voit bien pourtant qu’il ne sera jamais appliqué, tout simplement parce qu’il est inapplicable. Pour preuve, selon une étude publiée en décembre, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse après trois années de stabilité malgré les belles promesses de la COP21.

Faut-il s’en étonner ? La Chine, qui est à l’origine d’un quart des émissions mondiales, a augmenté ses émissions de +4,7 % en 2018 (lire à ce sujet l’article du GWPF « Le volte-face climatique de la Chine depuis l’accord de Paris », traduit en français sur le site de l’association). L’Inde a augmenté les siennes de 6,5 %. Selon le dernier rapport annuel de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), « l’ennemi climatique n°1 » le charbon, reste la deuxième source d’énergie dans le monde après le pétrole, et le restera longtemps notamment parce que cette énergie est l’option la plus économique pour donner accès à l’électricité à ceux qui en sont encore privés (1 milliard d’individus selon la Banque mondiale).

QU’EST-CE QU’UN « VRAI » CLIMATOLOGUE ?

Le Monde a publié le 21 décembre sous la plume de Vanessa Schneider un article intitulé « Claude Allègre et le climat : retour sur un flagrant déni ». Les scientifiques du climat Éric Guilyardi et Valérie Masson-Delmotte cités dans cet article, excipent de leur statut de « vrai climatologue » pour s’en prendre violemment à Claude Allègre. Mais qu’est-ce qu’un « climatologue » ? Comme l’écrit le sismologue Reynald Duberger, « si c’est celui qui prétend maîtriser toutes les notions scientifiques nécessaires à la compréhension du climat, alors on doit admettre qu’il n’en existe pas ».

L’article de Vanessa Schneider suggère donc l’existence d’une vérité officielle produite par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) dont le rapport d’octobre 2018 (SR1.5) présente pourtant de sérieuses lacunes scientifiques. Ces déficiences ont été mise en évidences par le professeur Ray Bates dans un article publié par le GWPF (traduit en français ici). Ray Bates fait observer que compte tenu des transformations radicales que ce rapport recommande (atteindre « zéro émission de carbone » d’ici le milieu du siècle), la rigueur du dossier scientifique sous-jacent aurait dû être irréprochable, ce qui n’est pas le cas.

Cela n’a pas empêché le Président de la République de saluer ce rapport comme une grande avancée de la science : « Le rapport du GIEC le prouve scientifiquement, nous avons toutes les cartes en main pour lutter contre le réchauffement climatique ». Le Président de la République devrait savoir que le résumé pour décideurs de ce rapport a dû être approuvé mot à mot par les délégués des différents pays, comme le rappelait candidement au journal Le Point Valérie Masson-Delmotte. Comment l’approbation mot à mot d’un texte par des représentants des États pourrait-t-elle produire une preuve scientifique ?

Dans ces conditions, on ne doit pas s’étonner qu’une majeure partie de la population soit devenue si rétive à ce qui lui est présenté comme la réalité. « D’où vient ce scepticisme de masse et comment se propagent des versions alternatives du réel ? » s’interroge François-Bernard Huyghe (Directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques ).

COMPTE-RENDU VIDÉOS DES CONFÉRENCES DONNÉES LORS DE LA CONTRE-COP DU 14 DÉCEMBRE

Pour des raisons techniques nous avons dû mettre en ligne les vidéos de la Contre-COP en 2 étapes : cinq interventionsont été publiées dans un premier temps (Alain Gatignol, François Gervais, Bertrand Alliot, Rémy Prud’homme et Philippe Charlez). Les autres suivront dans quelques jours.

ACTIVITÉS DE L’ASSOCIATION

Benoît Rittaud à la Global Warming Policy Foundation

Mardi 18 décembre, Benoît Rittaud était invité par la Global Warming Policy Foundation à Londres pour y exposer son point de vue sur les Gilets Jaunes et la taxe carbone. Cliquez ici pour accéder au résumé de son exposé.

Bertrand Alliot interviewé sur 95.2 FM

Interviewé sur le thème « de l’écologie à l’économie », Bertrand Alliot donne son avis sur le réchauffement climatique. Cliquez ici pour accéder à l’enregistrement de cette interview.

Un article de Jean-Pierre Riou sur Atlantico

« Comment la réduction du nucléaire pénalise l’écologie de chaque côté du Rhin », publié le 09 janvier sur Atlantico.


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Shirley Loral 19/1/2019

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