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Yassine Belattar ou l’entrisme larmoyant

Le temps des humoristes Smaïn, Fellag (photo) est bien mort, on ne les voyait pas pleurer toutes les cinq minutes ou menacer judiciairement tel ou telle au nom d'une supposée accointance à "l'islamisme" qui aurait été énoncée, comme s'il s'agissait d'une attaque raciste, ce qu'a fait pourtant sans souffler un Yassine Belattar qui cependant la joue aujourd'hui mollo dans son interview au Point, depuis sans doute qu'il a été descendu par Marianne.

Ce faux débonnaire imbu de suffisance (vide) du genre on ne me la fait pas à moi môssieur s'agissant de "l'islamophobie" ou des "banlieues" n'est que l'énième photocopie du pédant qui vous refait modestement l'histoire du monde avec le yaka-fokon décolonial à la mode mais qui tache "grave" (vegra pour les puristes) genre ah ! Si la société française était plus inclusive pour parler canadien made in Trudeau ; comme si les sociétés marocaines algériennes saoudiennes l'étaient (mais là c'est trop facile comme argument) comme si toute société humaine laissait les nouveaux entrants caracoler "en haut de l'affiche" chantait feu Aznavour (qui ne pleurnichait pas, lui) en claquant les doigts façon "tirez les premiers, messieurs les anglais".

La vie est un combat disait l'autre, si Joséphine Baker, Amstrong, Léopold Senghor, David Blackwell et tant d'autres, anonymes, ont pu émerger, malgré l'animosité ambiante (propre à toute société) sans discrimination positive et autre SOS assistance, (et autre "préfet musulman" à trouver façon Sarko) c'est, aussi, parce qu'ils avaient décidé de ne pas poser "l'autre", le "dominant", comme la cause ultime de leurs maux ; tant pis pour Benattar and Co, l'esclavage l'aigreur le ressentiment n'ont pas été inventé par les blancs (qui par contre sont les seuls à se questionner dessus).

Comme si le manque, toujours actuel, de développement des pays non occidentaux, soixante ans après leur indépendance, ou la fin des protectorats, était la faute de ces derniers… Il est vrai cependant que les dirigeants en particulier (néo)gaullistes (mais les socialistes n'ont pas été en reste) ont soutenu ceux qui ont fait main basse sur l'Afrique du Nord.

Est-ce que Bellatar demande des comptes sur la disparition de Ben Barka ? Je n'en ai pas le souvenir.

Dans ce qui suinte des propos de ce sieur, mais aussi de tous ceux qui lui ressemblent consiste à la jouer en fait défensivement, riant jaune (à défaut d'en avoir le gilet) tant la supériorité supposée de "la" (the) Civilisation, l'unique (la musulmane (arabe bien sûr, alors que la grande majorité des habitants d'Afrique du Nord sont berbères) est en fait battue en brèche depuis des lustres ; déjà parce que l'islam n'aide pas vraiment à faire son mea culpa, bien au contraire puisque se considérant supérieur à toutes ces "déviations" que sont le judaïsme et le christianisme, ne parlons pas de la philosophie peu à peu écartée par ses principaux juristes tout le long de son émergence pour culminer en Wahhab et El Banna.

O, et c'est bien là que le bât blesse, même si Bellatar assène qu'il se veut français, a contrario de ceux dont il relativise le fondamentalisme ("j'ai été joué à Molenbeek"), et qui ont comme un avocat un Plenel (que Bellatar ne critique pas) confondant sciemment religion et origine ethnique ; c'est d'ailleurs ce que Bellatar fait également dans nombre de polémiques, même si dans l'interview du Point il tente de faire désormais patte "blanche" (au vu sans doute de ses nouvelles responsabilités auprès de la Présidence de la République) laissant sous-entendre qu'il ne connaît pas trop l'islam en réalité et que défendre absolument le fait de ne pas manger du porc et boire du vin ne serait pas son souci premier ou encore plus subtilement cherchant à montrer qu'il n'a rien contre les juifs, mais ce au sens subliminal de dissocier juif français et juif français sioniste ("j'ai même défendu le fils de Raphaël Enthoven" dit-il dans l'interview du Point), comme le font du reste les suppôts dieudonésiens frères d'armes des "nous sommes partout" remugle du "je suis partout" d'avant guerre, comme si le fait qu'il n'y ait pas la paix entre Israël et les puissances arabo-musulmanes locales était la faute unique du premier.

Pourquoi une telle notoriété dans le sarcasme permanent, ce ton si bas de l'ironie (socratique) ? Sans doute parce que la repentance à sens unique, le fait de courber l'échine en permanence sont les deux mamelles de ce faux "patriotisme" sans nation sans culture sans genre sans frontières.

Lucien SA Oulahbib 20/1/2019

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