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Macron et les « complices de crimes du passé »

C’est ainsi qu’a été catégorisé par le Président de la République Française les citoyens français qui critiquent ce dit « Traité », de « complices de crimes du passé«  ce qui est fort injurieux, insultant même, comme s’il s’énervait contre lui-même en réalité se désignant en quelque sorte peut-être (les soviétologues nous ont appris qu’il fallait toujours entendre le contraire de ce qu’énoncent les dirigeants politiques) tant il voudrait faire passer des vessies pour des lanternes  le tout sous le prétexte de dites « fausses nouvelles » alors que si factuellement en effet l’Alsace-Lorraine ne sera pas rétrocédée à l’Allemagne et si celle-ci ne siègera pas à la place de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU, il n’empêche que des dispositions organisationnelles inscrites dans le Traité signé pourraient d’autant plus le permettre effectivement, comme on peut le lire ci-dessous dans divers extraits aux passages contentieux soulignés en gras (mes commentaires seront en italique entre parenthèses) que la France est de plus en plus dépendante financièrement des marchés du fait de sa dette aggravée ; elle peut certes emprunter à des taux avantageux (alors que l’Allemagne se désendette) mais ce parce que les créanciers font confiance au soutien de l’Allemagne en cas où via entre autres les divers « mécanismes de stabilité » mis au point et qui ont été d’ailleurs critiqués en Allemagne :

 » L’Ifo Institut für Wirtschaftsforschung a critiqué l’introduction du MES. Son président, Hans-Werner Sinn, considère que le plan de sauvetage serait une aventure incalculable pour l’Allemagne et un frein à la croissance. Il a notamment fait valoir que l’Allemagne se portait de facto garante des dettes des États membres de la zone euro et qu’elle les prendrait en charge ce qui augmenterait les coûts pour l’État allemand (…). »

Observons ces extraits du Traité qui devraient être pour tout le moins explicités par le Président de la République Française avant d’insulter de la sorte ses concitoyens et ce même s’ils interprètent à leur façon :


«  CHAPITRE premier

Affaires européennes

(…)

Article 2

Les deux États se consultent régulièrement à tous les niveaux avant les grandes échéances européennes, en cherchant à établir des positions communes et à convenir de prises de parole coordonnées de leurs ministres. Ils se coordonnent sur la transposition du droit européen dans leur droit national.(Cela peut signifier qu’il ne sera guère possible qu’il y ait des divergences, durables, en la matière, que cela soit en amont (notez le terme « avant ») qu’en aval : la transposition rend alors supérieur le droit européen sur le droit français).


CHAPITRE 2

Paix, sécurité et développement

Article 4

(4) Les deux États instituent le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité comme organe politique de pilotage de ces engagements réciproques. Ce Conseil se réunira au plus haut niveau à intervalles réguliers.

(les alinéas précédents, non reproduits ici, parlent de coopérations diverses y compris en matière de fabrication militaire, or du fait des difficultés financières et que le budget militaire français a été rogné (d’où la démission du général de Villiers) même s’il va ré-augmenter (comprenne qui pourra) l’Allemagne, qui détient, de fait, les cordons de la bourse, pourra infléchir y compris dans ce domaine là).


« Article 5

Les deux États étendent la coopération entre leurs ministères des affaires étrangères, y compris leurs missions diplomatiques et consulaires. Ils procéderont à des échanges de personnels de haut rang. Ils établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations Unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité, leurs représentations permanentes auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et leurs représentations permanentes auprès de l’Union européenne, ainsi qu’entre les organismes des deux États chargés de coordonner l’action européenne. »

quoi se réfère, strictement, cette notion « d’échange » et surtout « établir des échanges »? Pourquoi ne pas dire plutôt: « ils se concerteront » ?  S’agit-il seulement d’ échanges de propos ou/et d’échanges de personnes ? Ce n’est pas clair…


CHAPITRE 4

Coopération régionale et transfrontalière

(…)

Article 13

2) À cet effet, dans le respect des règles constitutionnelles respectives des deux États et dans les limites du droit de l’Union européenne, les deux États dotent les collectivités territoriales des territoires frontaliers et les entités transfrontalières comme les euro-districts de compétences appropriées, de ressources dédiées et de procédures accélérées permettant de surmonter les obstacles à la réalisation de projets transfrontaliers, en particulier dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire, énergétique et des transports.

(Il n’y a pas en effet stricto-sensu d’abandon de l’Alsace et de la Lorraine, mais, à l’identique des Communautés de Communes en France qui ont primat sur ces dernières, les « euro-districts » surtout « dotés » de « ressources dédiées » (et octroyées par qui puisque la France est endettée?) auront structurellement le primat sur les anciennes structures qu’elles soient allemandes ou françaises d’ailleurs…

Article 14

Les deux États instituent un comité de coopération transfrontalière comprenant des parties prenantes telles que l’État et les collectivités territoriales, les parlements et les entités transfrontalières comme les euro-districts et, en cas de nécessité, les eurorégions intéressées. Ce comité est chargé de coordonner tous les aspects de l’observation territoriale transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne, de définir une stratégie commune de choix de projets prioritaires, d’assurer le suivi des difficultés rencontrées dans les territoires frontaliers et d’émettre des propositions en vue d’y remédier, ainsi que d’analyser l’incidence de la législation nouvelle sur les territoires frontaliers.

(Idem, qui peut croire que la France aura, non pas le dernier mot en la matière (toujours difficile en soi surtout s’il se veut systématique), mais au moins les moyens de peser sur te ou tel « projet prioritaire » puisqu’elle n’a pas la capacité financière sinon, alors, de monnayer des « échanges » propres à l’article 5 (ci-dessus) permettant à l’Allemagne d’accéder enfin à un certain prestige dans les affaires diplomatiques (d’où les insultes du Président de la République françaises envers ceux qui craignent un tel « deal »…).

(…)

CHAPITRE 5

Développement durable, climat environnement et affaires économiques

Article 20

(1) Les deux États approfondissent l’intégration de leurs économies afin d’instituer une zone économique franco-allemande dotée de règles communes. Le Conseil économique et financier franco-allemand favorise l’harmonisation bilatérale de leurs législations, notamment dans le domaine du droit des affaires, et coordonne de façon régulière les politiques économiques entre la République française et la République fédérale d’Allemagne afin de favoriser la convergence entre les deux États et d’améliorer la compétitivité de leurs économies.

(Cet article ne fait que confirmer l’esprit général visualisé dans les extraits précédents montrant que dans les faits la France n’aura pas les moyens financiers de peser réellement sauf à rétrocéder son propre poids politique au niveau européen et international).

(…)

CHAPITRE 6

Organisation

(…)

Article 23

Des réunions entre les gouvernements des deux États ont lieu au moins une fois par an, alternativement en République française et en République fédérale d’Allemagne. Après l’entrée en vigueur du présent Traité, le Conseil des ministres franco-allemand adopte un programme pluriannuel de projets de coopération franco-allemande. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande chargés de préparer ces réunions assurent le suivi de la mise en œuvre de ce programme et en font rapport au Conseil des ministres.

(C’est la mise en pratique de l’ensemble).

Article 24

Un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au conseil des ministres de l’autre État.

(…)

Article 26

Des représentants des régions et des Länder, ainsi que du comité de coopération transfrontalière, peuvent être invités à participer au Conseil des ministres franco-allemands. (…) »

S’agit-il de « paranoïer » en signalant, dénonçant de manière crispée, « nationaliste », voire « raciste », une supposée « mainmise » de l’Allemagne? C’est ce que tentent de faire croire les partisans de ce Traité qui bien sûr se sont rués sur les dites « infox » en évacuant évidemment une lecture objective du Traité comme ils l’ont fait pour le Pacte de Marrakech en particulier ce passage du paragraphe 13 :

(…) Nous devons donner aux migrants les moyens de devenir des membres à part entière de nos sociétés, mettre en avant leurs contributions positives et promouvoir l’inclusion et la cohésion sociale. Nous devons garantir aux États, aux populations et aux migrants une meilleure prévisibilité et une plus grande certitude. À cette fin, nous nous engageons à faciliter et à garantir des migrations sûres, ordonnées et régulières, dans l’intérêt de tous ».

Qu’est-ce que cela veut dire surtout lorsqu’il s’agit de populations dominées culturellement par un islam qui refuse, en soi, toute « inclusion »? Certes, il peut être rétorqué comme il a été dit que les pays « riches » ont « besoin » de l’immigration du fait de leur faible taux de natalité (comme en Allemagne…) et de leur dénigrement envers des tâches pénibles ; sauf qu’il s’agit d’une vision de comptable, de techno, qui ne voit pas que cela ne se passe pas comme cela dans les faits, et, d’ailleurs, le Danemark a dû prendre des dispositions très fermes pour imposer un cadre strictement danois afin d’éviter la constitution d’un communautarisme offensif comme aux Pays-Bas, en Suède, au Royaume Uni…

Ensuite il peut certes être avancé que ceux qui fuient leurs pays, dominés par l’islam le plus souvent, veulent s’intégrer etc, sauf qu’ils sont rattrapés par des dispositifs financés par les wahhabites et soutenus par les gouvernements européens visant à les empêcher de s’intégrer dans les faits et ce à coup de construction de mosquées, de cours de langue d’origine, le tout pour ne pas trop les « déculturer » officiellement (en « échange » de pouvoir faire des affaires mercantiles officieusement comme l’a très bien expliquée Bat Y’eor) alors que si ces migrants s’expatrient c’est bien parce qu’ils veulent aussi changer, se transformer (thème ressassé pourtant par les idéologues du « genre ») sauf qu’ils s’en trouvent empêchés ; et non seulement ce Pacte de Marrakech ne fera rien pour l’éviter mais le Traité franco-allemand lui donnera les moyens politiques et financiers de s’appliquer puisque l’on ne voit pas pourquoi les dirigeants actuels de l’Allemagne n’imposeront pas à la France sa façon de voir la chose…

On aimerait se tromper… On peut en tout cas en discuter sans se faire traiter de « complices de crimes du passé »…Un énervement qui (dé)voile tout ce non dit en fait.

Lucien SA Oulahbib 23/1/2019

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