Comment les Européens se tirent une balle dans le pied

Bulletin n° 92

 

Le Parlement européen vient de voter une baisse drastique des émissions de CO2 des véhicules pour 2030 ; le niveau d’émission désormais exigé ( 59 g/km) ne pourra être respecté que par les seuls véhicules électriques. « Et ces objectifs, il faudra les respecter » explique Carlos Tavares à Paris Match, « car les pénalités financières sont de nature à mettre les entreprises à genoux ». Pour le Patron de PSA, les constructeurs se trouvent ainsi placés devant le dilemme suivant : «Soit on vend des voitures sans perdre de l’argent (elles seront chères et il s’agira d’une seconde voiture pour foyers aisés), soit on vend des véhicules à perte juste pour éviter les amendes ».

En France, la LOM (loi d’orientation des mobilités) a acté l’ interdiction en 2040 de la vente de véhicules neufs essence et diesel. C’est une politique de Gribouille : d’où viendra l’électricité qui chargera les 15 millions de voitures électriques qui circuleront en 2040 ? des centrales nucléaires dont la Loi de la sur la transition énergétique entend réduire la part à 50% ou des énergies renouvelables dont un récent rapport parlementaire dénonce le coût exorbitant ?

Un rapport du Sénat français intitulé « Les scénarios technologiques permettant d’atteindre l’objectif d’un arrêt de la commercialisation des véhicules thermiques en 2040 » estime les coûts associés à cette transition à 500 milliard d’euros cumulés sur une période de 20 ans dont 100 milliards pour les seules bornes de recharge dont la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte a fixé le nombre à 7 millions en 2030.

Décidée au nom de la lutte contre le réchauffement climatiques l’abandon du moteur thermique sera de ce point de vue inefficace : Rémy Prud’homme et Christian Gerondeau ont estimé que la réduction des émissions des véhicules européens souhaitée par l’Union Européenne n’induirait qu’une diminution de la température mondiale de 0,002 degré C en 2050.

Cette politique est d’autant plus absurde qu’il n’est nullement prouvé que la voiture électrique soit « propre ». Le quotidien britannique The Telegraph affirme même le contraire.

LA TRANSITION BAS CARBONE, UNE DESTINATION TRÈS LOINTAINE

Selon le dernier rapport annuel du pétrolier BP, les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 2 % en 2018, la hausse la plus forte depuis sept ans. Les énergies fossiles représentent 84,7% de la consommation mondiale d’énergie primaire en 2018 et le charbon reste la première source d’électricité dans le monde.

Du Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro jusqu’aux accords de Paris, les politiques climatiques sont une succession de promesses non tenues. Selon une étude publiée à la veille de la COP24, seuls seize pays sur les 197 signataires de l’Accord de Paris tiennent leurs engagements.

Les promesses de réduction des émissions de carbone ne sont pas tenues tout simplement parce qu’elles ne sont pas tenables. Les énergies vertes qui sont intermittentes et peu fiables sont de plus dévoreuses d’espaces souvent prélevées sur la nature : selon Bjon Lomborg, pour produire l’énergie équivalente à une centrale au gaz de un hectare, il faudrait 73 hectares de panneaux solaires, 239 hectares d’éoliennes terrestres ou 6 000 hectares de biomasse

LA CHINE ET L’INDE REGARDENT LES OCCIDENTAUX S’AUTO DÉTRUIRE

Pendant que l’occident se tire une balle dans le pied en mettant en œuvre des politiques climatiques aussi inefficaces qu’elles seront coûteuses pour les citoyens (qui en dernier ressort les financeront), l’inde et la Chine construisent sans vergogne les centrales à charbon dont elles ont besoin pour fournir de l’énergie à leur population. Selon le groupe de recherche CoalSwarn qui s’appuie sur une série de photos prises par des satellites, on assisterait même en Chine à « un tsunami de charbon ».

Selon Todd Royal un expert en énergies, l’Europe a oublié que l’énergie est une arme géopolitique de domination et aussi d’indépendance. Les Européens se sont lancés dans une course aux énergies renouvelables coûteuse économiquement, politiquement et socialement et qui aura en plus un impact très limité sur le réchauffement climatique.

Par pure idéologie, les Européens vont mettre en difficulté un secteur automobile qui représente 13 million d’emplois, en faisant migrer la valeur ajoutée (les batteries) vers l’Asie et en se privant de leur expertise dans le moteur thermique au moment où celui-ci devient propre : selon un rapport de l’Ademe de mai 2018 les filtres à particules qui équipent les voitures Diesel depuis 2011 éliminent 99,7% des particules contenues dans les gaz d’échappement et ce jusqu’aux ultra fines de 5 nanomètres.

RETOUR EN GRÂCE DES APPRENTIS-SORCIERS

L’effet conjugué des annonces de plus en plus alarmistes sur un supposé dérèglement climatique (mais de toute évidence non avéré), et de l’impuissance à réduire les émissions de CO2 donnent de la crédibilité aux partisans des manipulations climatiques pour sauver la planète.

Un article publié par l’Université de Yale (commenté en français par Transitions&energies) considère la géo-ingénierie comme une option et fait le tour des diverses solutions disponibles : pulvérisation de particules de sulfate dans la stratosphère, ensemencement des nuages avec du sel marin, déploiement de matériaux pour réfléchir plus de lumière du soleil dans l’espace, fertilisation des océans à l’aide de sulfate de fer pour stimuler la croissance des espèces d’algues qui absorbent le plus le carbone, captage direct du CO2 de l’air avant stockage à l’aide d’un « aspirateur » géant, etc.

Dans son dernier rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C (SR15), le GIEC envisage pour la première fois un recours à des solutions de géo-ingénierie de façon conséquente pour rester dans un monde à 1,5°C .

PUBLICATIONS

L’essai de Sylvie Brunel : « Toutes ces idées qui nous gâchent la vie » (JC Lattès), commenté par le magazine en ligne Atlantico et par le site science-climat-energie.be

La question n’est pas de savoir quelle planète nous allons laisser à nos enfants, mais de nous demander quels enfants nous allons laisser à la planète si une vision erronée de la nature et de l’humanité devient la norme

L’essai de Bruno Durieux « contre l’écologisme, pour une croissance au service de l’environnement » (Ed de Falloix), commenté par Roger-Pol DROIT dans Les Echos

L’écologie est indispensable. Pour être efficace, elle exige la croissance. L’écologisme, sectaire et fanatique, professe l’inverse.

DANS LES MÉDIAS

Un article de Klaus-Eckart Puls initialement en allemand dans l’hebdomadaire suisse die WELTWOCHE Zürich (traduit ici en français par Camille Veyres) : « Panique climatique : le détournement du changement climatique et ses profiteurs »

Un article de Jean-Pierre Le Goff dans Le Figaro : « L’écologie se nourrit du fantasme d’un monde uni et pacifié » Un article de Eric Le Boucher dans Les Echos « En finir avec le toujours plus en matière d’écologie »

Un article de Julien Aubert député (LR) du Vaucluse dans Valeurs actuelles : « Il faut d’urgence faire moins de vert et plus d’écologie »

 
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Shirley Loral 22/6/2019

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