Lettre ouverte de l’UFAL, l’Union des Familles Laïques, aux députés.

L’Ufal rappelle que le délit de blasphème, qui jusqu’à ce jour n’existe pas en France, est une vieille revendication de l’extrême droite catholique, qui, sous la direction de Romain Marie, membre du comité central du Front national, a multiplié les procès, au nom de l’Agrif (Alliance Générale contre les Racismes et pour le respect de l’Identité Française), contre les films et ouvrages qui traitaient avec humour de la religion catholique.

L’Ufal rappelle, d’autre part, que les caricatures du prophète Mahomet viennent de donner lieu à de nombreuses violences, avec mort d’hommes et destructions d’édifices publics, dans des pays sous forte influence de l’islam.

En France, l’ensemble des composantes du Conseil Français du Culte Musulman, sous l’influence des intégristes de l’UOIF, a demandé une loi interdisant toute critique des religions. C’est la liberté de conscience, la liberté d’expression et la liberté de croire ou de ne pas croire, dans notre pays, qui est visée.

L’Ufal s’indigne, un siècle après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qu’un élu de la République puisse déposer une proposition de loi qui relaie les discours des franges les plus intégristes des différentes Eglises.

L’Ufal est d’autant plus scandalisée par cette proposition que, dans le monde entier, les femmes et les hommes de culture arabo-musulmane, premières victimes du totalitarisme islamique, se tournent souvent vers la France, qu’ils considèrent comme un espoir, par le modèle républicain et laïque qu’elle incarne.

Le député Roubaud, en déposant un tel projet de loi, encourage les pressions de ceux qui, après avoir lancé une fatwa contre les écrivains Salman Rushdie et Taslima Nasreen, assassiné le cinéaste Theo Van Gogh, et contraint la député hollandaise Aayan Hirsi Ali à vivre sous protection policière, veulent aller plus loin.

Aujourd’hui, les ennemis de la liberté demandent, en France, une loi contre l’islamophobie, voulant ainsi remettre en cause la libre critique de tous les dogmes, donc des religions, donc de l’islam, qui ne saurait se confondre avec le racisme, qui est un délit que la législation française sanctionne fort justement.

L’Ufal pense que la France, pays des Lumières, république laïque, pays de la liberté, est une démocratie digne de ce nom parce que, contrairement à beaucoup d’autres pays, on y a le droit de critiquer librement tout texte, tout dogme, dont les religions et leurs fondements, sous forme scientifique, rationnelle, humoristique ou artistique.

L’Ufal avait apprécié que la représentation nationale, prenant conscience que l’islam politique était le cheval de Troie d’une offensive cléricale contre la laïcité, ait voté, à une grande majorité, une loi contre les signes religieux à l’école publique, le 15 mars 2004.

Dans une période où les fanatiques religieux entendent intimider toutes les démocraties, et où le communautarisme, ethnique et religieux, veut supplanter le « vivre ensemble » et « l’égalité des droits », l’Union des Familles Laïques appelle l’ensemble de la représentation nationale à bien mesurer l’apport de la laïcité pour maintenir la paix civile dans notre pays.

L‘Ufal demande donc à la représentation nationale de condamner fermement une telle proposition de loi qui tourne le dos aux principes fondateurs de la République et déshonore l’élu du peuple qui ose l’émettre.

L’Ufal, qui avait été auditionné par la commission parlementaire présidée par Jean-Louis Debré, et par la commission Stasi, se tient à la disposition de tout député ou groupe parlementaire désirant évoquer l’importance des enjeux laïques de l’heure.

Fait à Paris, le mardi 14 mars

Pour l’Ufal, le président, Bernard Teper

15/3/2006

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