Lassitude et écoeurement

Cette dernière est d’autant plus facile à manipuler qu’elle est le fruit d’un système éducatif plus tourné vers l’endoctrinement et le lavage de cerveau que l’instruction élémentaire et l’acquisition des compétences et des qualifications (dont notre économie a pourtant tant besoin).

Tout allait pourtant bien jusqu’à maintenant. Les étudiants en leur grande majorité suivaient consciencieusement les cours. Il faut préciser que les étudiants de master doivent partir en stage à la fin du mois de mars, après avoir passé les examens du second semestre. Nous entrons donc dans une période cruciale d’examen et de négociation du stage.
Alors, une fois rentrés de vacances, les leaders des syndicats étudiants (qui ne semblent pas avoir de souci d’examen et de stage…) ont recommencé leur cirque infernal en convoquant une assemblée générale. Les militants – qui passent les journées à tracter sur le campus plutôt qu’à suivre des cours ou fréquenter les bibliothèques (c’est le contribuable qui paie leurs études) – se sont alors sentis investis d’un pouvoir surnaturel. Ils étaient devenus intouchables par le pouvoir des mains levées. Alors, ils ont investi (et pillé) les salles de cours. Je viens de visiter le campus et je suis scandalisé. Je suis choqué par les méthodes utilisées par ces meneurs, qui ont systématiquement recours à l’intimidation, la violence et à la dégradation. Pareilles méthodes ne sont jamais dénonçées par des média complaisants ou idéologiquement complices. Que l’on ne me parle pas d’objectivité de la presse ou de liberté syndicale. Celle-ci ne donne pas le droit de tout faire, de tout casser et de nuire à autrui.
Pour éviter les débordements, le président de l’université a donc pris la décision de fermer l’université jusqu’à lundi.

Depuis dix ans, j’assiste à ce rituel usant : l’année universitaire est rythmée par les vacances, les grèves et les blocages au point que, d’année en année, je ne parviens plus à boucler mes programmes. Alors, on allège les programmes. C’est d’ailleurs devenu une recommandation officielle si l’on veut offrir le diplôme de master à 80 % d’une classe d’âge dont une partie ne maîtrise pourtant pas les savoirs fondamentaux requis pour pouvoir entrer à l’université.
Les étudiants grévistes (je sais qu’ils sont loin d’être représentatifs – mes étudiants me pardonneront – mais ils intimident les institutions et font le bonheur de média à la recherche de sensations) – sont de véritables intermittents du spectacle. Ils ne sont pas conscients qu’ils participent à générer la précarité qui les attend demain.

Pendant ce temps, Borloo compatit tandis que Hollande met en garde le gouvernement. The show must go on…
http://caccomo.blogspot.com/

Jean-Louis Caccomo 17/3/2006

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