La nuit des petits couteaux

Dans ce dernier ouvrage, « La nuit des Petits Couteaux, » paru chez Jean-Claude Gawsewitch, Jean-Luc Romero, nous raconte les efforts qu’il a déployés pour participer aux primaires organisées par l’UMP pour choisir démocratiquement son candidat pour les élections à la Mairie de Paris. Noble volonté de Nicolas Sarkozy aussitôt déjouée par le système des parrainages, source de marchandages, de promesses non tenues, de camouflets variés et assortis, mais aussi de soutiens fidèles. Que nous raconte l’auteur avec un humour emprunt de tristesse et de surprise aussi, parfois, lui qui pourtant s’est voué à la politique voici quelque vingt ans. Car, s’il n’avait aucune illusion sur ses chances de gagner ces primaires, nous dit-il, y participer lui aurait donné l’occasion de développer ses propositions pour « un Paris autrement. » Nom de l’association qu’a créée ce conseiller régional d’Ile-de-France, ancien secrétaire national de l’UMP, président fondateur d’Elus Locaux Contre le Sida et vice-président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.

De rebondissement en rebondissement, ce « banni de la chiraquie » doit finalement renoncer à sa candidature, alors que, pourtant, ironie du sort, un soutien de dernière minute lui aurait permis de la voir aboutir.
Une somme de tractations diverses, des uns comme des autres, aboutissant pour finir à ce qu’il nomme « le bal des revenants. » Dont il dresse des portraits savoureux mais sans la moindre concession. La plume, candide et drôle se fait parfois assassine.

C‘est ensuite Paris qu’il raconte. Une ville qu’il aime profondément, qui a considérablement changé au fil des décennies et dont il faut, dit-il, actualiser la gestion. Pour ce faire il préconise « une démocratie participative, » avec plus de responsabilités données aux jeunes et aux femmes. Il détaille des propositions concrètes, marquées par le bon sens, souvent innovantes, que ce soit dans le domaine de l’habitat, du social, du culturel ou de la sécurité. Pour que la capitale redevienne la Ville Lumière dont il est nostalgique, mais aussi et surtout pour que ses habitants y vivent mieux, n’hésitant pas à s’inspirer de ce qui est fait à Québec et Montréal, villes qu’il connaît bien.
Il ajoute un vibrant plaidoyer pour le projet d’un Grand Paris qui permettrait de rationaliser toute une série de dossiers. Chiffres à l’appui mais sans jamais nous lasser. Et pour terminer, Jean-Luc Romero en appelle à une « droite humaniste et tolérante, en phase avec notre moderne Lutèce ».

Hélène Keller-Lind 19/3/2006

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