L’affaire Abdul Rahman (up to date)

L‘Occident s’était mobilisé pour lui et cela va de G.W.Bush au Pape. « Ingérence étrangère » dénoncée par des manifestants appartenant à une école coranique au nord du pays et qui, selon Radio Canada, réclament que ce converti au christianisme soit mis à mort. Et ils sont loin d’être les seuls à le vouloir.

Alors qu’il n’avait pu le faire dans un premier temps, le Président de l’UOIF, Lhajd Thami Brèze, a tenu a donner son sentiment à Resiliencetv sur cette affaire qui, clairement, l’interpelle. Pour dire d’abord son étonnement « que cette affaire éclate là-bas, alors que le Président afghan est très ouvert et qu’il s’aligne beaucoup sur le pouvoir étranger. » Et affirmer ensuite que « l’on parle de non contrainte dans le Coran, » ce qui, dit-il, « est une thèse que nous épousons et que nous défendons, alors que l’école théologique là-bas épouse une autre lecture. » Il ajoute que « ce n’est pas une interprétation humaine qui doit nous orienter » et préconise « le droit le plus approprié à notre réalité. » Selon sa lecture du Coran il faut, dit-il « faire comprendre aux gens qu’ils ont le droit de choisir, de quitter leur religion quand ils le veulent, qu’on n’a pas le droit de les persécuter.. »

Mais il convient de faire la différence entre « le principe théologique et ce qui est vécu en tant que culture et coutume. » Il met alors l’accent sur le fait que « certains considèrent une conversion comme une trahison…et ce n’est bien vu ni dans la religion juive, ni dans l’Islam, ni dans la religion catholique. »

Or, il a été question ici de menace de mise à mort…Est-ce quelque chose qu’il condamne ? Sa réponse : « je ne suis pas d’accord… » Oui, mais, condamne-t-il ? « L’Occident juge le monde entier à partir de sa référence. Et il y a deux poids deux mesure, il y a des jeunes qui meurent en Irak et en Palestine, on ne hierachise pas entre les législations, entre les valeurs. Il y a quelque chose que l’on ne comprend pas sur la question de la trahison. En cas de trahison comment la legislation la voit-elle en Occident ? On raisonne avec des catégories d’analyse différentes, là-bas ils peuvent voir ça comme une trahison. Il n’y a pas une vérité, mais des vérités. Est-ce à l’Occident de connaître les lois, de défendre la dignité, l’intégrité des gens ?

Il n’y a que la référence à l’Occident, l’Occident se réfère à lui-même, juge les autres à partir de ses références. Il faut faire preuve d’un peu de modestie. Il y a des sociétés qui ont leurs mécanismes de régulation, leur logique, leur culture, leur façon de gérer le pouvoir, de gérer les relations, de légiférer sur ce qui est licite et ce qui est illicite. Il faut essayer de comprendre qu’il n’y a pas les mêmes logiques, les mêmes références »…

Tout est dit…

Hélène Keller-Lind 28/3/2006

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