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Où est le Nelson Mandela du monde arabe?

Posted By Memri On 24 janvier 2010 @ 23 h 55 min In Alliance des civilisations-ARTV, Conservation positive-OIL, Dissolution positive-OIL, Evaluation de l'action-OIL | Comments Disabled

Un quotidien des Emirats arabes unis : "Où est le Nelson Mandela du monde arabe ?"

Dans un article paru en anglais dans le quotidien des Emirats arabes unis The National, et intitulé "Il nous faut un Nelson Mandela qui sache quand partir", Sultan Al Qassemi évoque la disette des pratiques démocratiques dans le monde arabe, et en particulier l´absence de limites à la durée des mandats présidentiels. Il demande : "Où est le Nelson Mandela du monde arabe ? Lui aussi était immensément populaire à la fin de son second mandat, et a pourtant respecté la Constitution à la lettre – faisant place aux autres pour leur permettre de se présenter et d´être élus." Extraits : [1]

"Presque tous les dirigeants de la région semblent avoir une bonne raison d´amender leurs constitutions"
 
"Il y a vingt-deux pays dans le monde arabe, et pas une seule véritable démocratie constitutionnelle. Presque tous les dirigeants de la région semblent avoir une bonne raison d´amender leurs constitutions comme bon leur semble: apparemment il y a toujours des ´circonstances particulières´.
 
En Syrie par exemple, Bashar Assad était âgé de 34 ans quand son père, le président Hafez Al-Assad, est décédé – en 2000. Malheureusement, la constitution stipulait qu´il fallait avoir au moins quarante ans pour pouvoir devenir président. Les législateurs et les parlementaires se sont instantanément réunis pour décider d´amender la constitution afin de permettre à une personne de trente-quatre ans d´entrer en fonction. Et nous parlons là d´un pays où les réformes judiciaires, économiques et politiques peuvent prendre des années.
 
L´un des Etats qui suscitait de grands espoirs en moi était l´Algérie. J´ai toujours admiré ce pays qui s´est battu contre les Français pour la liberté et qui a sacrifié un million de vies pour sa liberté. Quand Abdelaziz Bouteflika a été élu président d´Algérie en 1999, j´ai cru que c´était le début de la fin des dictatures dans la région. Cet ancien combattant du Front de Libération Nationale saurait faire preuve de respect à l´égard de la lutte de son pays et ne s´efforcerait pas d´allonger son mandat, comme cela s´était produit dans les autres Etats ratés de la région. Mais il s´avéra que je m´étais trompé. En novembre dernier, le Conseil des ministres de M. Bouteflika a annoncé une ´révision´ constitutionnelle supprimant la limite de deux mandats présidentiels. En février, après plus de trois ans d´incertitude concernant la santé du président, après plusieurs longs séjours en hôpital, M. Bouteflika s´est déclaré prêt à concourir pour un troisième mandat. En avril, on annonçait sa victoire aux élections présidentielles pour un troisième mandat de cinq ans.
 
Le Yémen est un cas à part. J´ai décrit les maux qui frappent cet Etat appauvri dans un article du National l´an dernier, sous le titre ´Une mauvaise herbe peut-elle vraiment détruire un pays ?´ Malheureusement, la situation n´a fait que se détériorer depuis. Ali Abdullah Saleh, président perpétuel, au pouvoir depuis 1978, ne cesse de répéter qu´il cherche à transférer le pouvoir de façon pacifique au prochain président, mais ´cède toujours face à la volonté du peuple´ en allongeant son mandat.
 
Dans les territoires palestiniens, le Hamas a remporté les élections législatives en janvier 2006 et contrôle actuellement Gaza, mais ne parvient pas à comprendre les fondements de la bonne gouvernance. Par exemple, l´Article 38 de la constitution palestinienne stipule que l´accusé ´est innocent tant qu´il n´a pas été prouvé coupable dans le cadre d´un procès juste où il aura reçu les garanties de la défense´. Le Hamas est connu pour ses exécutions sommaires d´individus soupçonnés d´espionner pour le compte d´Israël.
 
Pendant ce temps, l´actuel président palestinien Mahmoud Abbas, dont le mandat constitutionnel a expiré le 9 janvier, est resté au pouvoir et a tranquillement prolongé son mandat d´un an sans que les médias n´y regardent de trop près. El le plus célèbre cas d´amendement de la constitution d´un Etat arabe est peut-être celui du Liban en 2005, quand le mandat du président Emile Lahoud a été prolongé par la Syrie."
 
Deux individus sortent du lot : les dirigeants du Koweït et du Maroc
 
"Toutefois, tout n´est pas perdu. Deux individus sortent du lot, à mon avis. Le cheikh Abdullah Ali Salem Al Sabah, qui a introduit la constitution koweïtienne en 1962 et donné son nom à l´actuelle salle du Parlement, est le père du mouvement démocratique moderne dans les monarchies du Golfe. Il a également introduit des élections législatives en plein retard suscité par les encouragements du président égyptien Gamal Abdel Nasser à remplacer les rois par des dictateurs dans la région.
 
Quant au roi du Maroc Mohammed VI, qui est monté sur le trône il y a dix ans cette semaine, il a introduit des réformes permettant à une commission de vérité et de réconciliation de faire état pour la première fois, de façon bouleversante, de la torture et de la maltraitance infligées à des civils sous le règne de son père, le roi Hassan II. Ces rapports ont été enregistrés et diffusés en direct à la télévision. Grâce à la commission pour la vérité et la réconciliation, le Maroc est devenu un pays plus fort, pas plus faible.
 
Plusieurs dirigeants dans la région ont l´occasion de laisser un meilleur héritage que celui reçu au début de leur mandat. Quelle que soit la popularité d´une personne, elle doit respecter le document sacré qui gouverne l´Etat. Où est le Nelson Mandel du monde arabe ? Lui aussi était immensément populaire à la fin de son second mandat, et a pourtant respecté la constitution à la lettre – acceptant de se mettre en retrait pour que les autres puissent aussi se présenter aux élections et être élus."
 
"Nous avons désespérément besoin d´un dirigeant visionnaire dans le monde arabe"
 
"Nous avons désespérément besoin d´un dirigeant visionnaire dans le monde (monarque ou républicain) qui soit capable de se tenir en retrait pour surveiller de son vivant le bon déroulement du transfert démocratique de pouvoir. Ce serait véritablement un ´cas à part´ dont nous pourrions être fiers."
 
 
 
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