Nicolas SARKOZY est parfaitement au fait de la catastrophe annoncée

Dès lors que le système de retraite par répartition est parvenu en fin de vie pour cause gravissime d'assèchement démographique, l'année 2010 devrait logiquement, et en dernier recours, représenter le point d'orgue de toutes les mesurettes mises précédemment en oeuvre pour maintenir à flot un tel système en tout point digne de Charles PONZI hier ou de Bernard MADOFF aujourd'hui.
 
    C'est apparemment ce que semble avoir bien compris (de travers) le président SARKOZY lorsqu'il affirme, le 15 février dernier, dans une déclaration faite au cours d'une réunion à l'Elysée consacrée à l'agenda social 2010 :  
 
    "Vous connaissez les impératifs auxquels nous sommes soumis. Tous les chiffres sont sur la table. Compte tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver notre système de retraites, nous ne pouvons plus différer les décisions (…) J'ai indiqué aux partenaires sociaux qu'en aucun cas je n'accepterai que soit remis en cause le principe de la retraite par répartition, pas plus que je n'accepterai que l'on diminue les pensions des retraités".
 
    D'emblée, Nicolas SARKOZY met donc cartes sur table : le système par répartition donne toute satisfaction depuis plus de soixante ans; aussi, pourquoi traumatiser les Français (mais surtout les syndicats) en leur assénant une vérité qui fait mal (surtout aux couards de la politique) en risquant alors, par pure impéritie, de prendre plus tôt que prévu sur le coin de la figure les coups de la révolution de salut public en marche !?  
 
    Donc, pas de panique, voyons d'abord le (énième) rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR), prévu pour début avril, à partir duquel les ministres Xavier DARCOS et Eric WOERTH entameront, du moins d'avril au mois de juillet inclus, éventuellement au mois d'août si cela est nécessaire, des négociations avec les partenaires sociaux : "Ce qui fait que la question de la pérennité de nos systèmes de retraites sera réglée à l'automne prochain". Vive la pensée magique et fermez le ban !
 
    Mais vous vous rendez compte si le chef de l'Etat, en véritable homme d'Etat (qu'il n'est pas), avait osé prendre toutes ses responsabilités de président de la République en annonçant droit dans les yeux aux Français qu'il fallait désormais envisager, pour sortir du piège mortifère du système par répartition, d'opérer sur une durée où nul ne serait laissé au bord du chemin, comme il sait si bien, une transition vers la capitalisation ?
 
    "Je vous rappelle qu'aujourd'hui, il y a une retraite sur dix qui n'est pas financée. je vous rappelle qu'il y a 20 ans, il y avait deux cotisants, c'est-à-dire deux personnes qui travaillaient, pour financer la pension d'un retraité et qu'à terme malheureusement le rapport sera un retraité pour 1,2 cotisants. Aujourd'hui même, le déficit des régimes de retraites est de l'ordre de 30 milliards d'euros (…) Que nul ne doute que le moment venu, bien sûr, je prendrais mes responsabilités".
 
    J'en conclus donc que Nicolas SARKOZY est parfaitement au fait de la catastrophe annoncée pour les retraites mais que la tâche salvatrice d'assurer, tant qu'il en est encore temps, l'avenir des futurs retraités français entrant aujourd'hui sur le marché du travail lui paraît définitivement insurmontable.
 
    Dans la même veine de préservation à tout prix d'un système de retraites en état de mort clinique, le président SARKOZY peut compter sur François FILLON pour le conforter dans sa conviction que le système par répartition représente, contre toute évidence arithmétique, l'avenir des retraites en France.
 
    Donc, pour le Premier ministre : "Le système par répartition est au coeur de notre solidarité et de notre pacte républicain. Nous devons le sauvegarder. C'est ça, la priorité, pas de disserter sur un changement radical d'organisation du système auquel je ne crois pas". D'autant plus, plaide-t-il, que "Si nous ne faisons rien, il nous manquera 100 milliards par an à l'horizon 2050". Faire quoi, au nom de Dieu ?!!
 
    Avant de se montrer si catégorique dans ses belles certitudes, François FILLON devrait prendre langue avec l'ancien ministre chilien José PIÑERA célèbre pour avoir mis en oeuvre, dès novembre 1980, la transition du régime de retraite chilien par répartition à la retraite par capitalisation. C'était sous PINOCHET ? Oui et alors, les Chiliens sont tout à fait enchantés de cette réforme qui est devenue la norme au Chili.
 
    Je me permets d'ailleurs respectueusement de vous rappeler, M. le Premier ministre, que le propre frère cadet de José PIÑERA, Sebastian PIÑERA, vient d'être élu le 17 janvier 2010 président du Chili. Cela devrait grandement faciliter les relations au plus haut niveau entre nos deux pays pour une meilleure compréhension des lois de l'économie.
 
    Car la France, à tous les étages de l'Etat providence et au grand dam de la société civile, donne le sentiment (hélas Ô combien justifié) de ne pas comprendre un traître mot au monde nouveau dans lequel elle est censée trouver sa place; elle a surtout peur de tout et bat en retraite sur tous les fronts ne lui paraissant pas relever de l'exception française, cette délirante chimère qui l'empêche de s'extraire d'une honteuse bloblotte généralisée.
 
    Il y a des années lumières, les Français chantaient tous en choeur : "Aux armes citoyens/ Formez vos bataillons/Marchons, marchons/Qu'un sang impure/ Abreuve nos sillons"… Mais la France d'aujourd'hui ne connaît plus les paroles de la Marseillaise : elle ne sait plus que les siffler.   

Librement !
Philippe (Sully) ROBERT
Membre du Parti Libéral Démocrate
http://sully1.typepad.com & http://cozop.com/sully1/
02400 FRANCE
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Philippe Robert 18/2/2010

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