“Climat: en finir avec l’imposture”


par Claude Allègre, Le Figaro,  

 


Ce n'est pas par provocation que j'ai intitulé mon livre l'imposture climatique. C'est un choix réfléchi, grave, fondé hélas. Dans cette affaire du global warming - le fameux réchauffement climatique, qui nous a été imposé par une camarilla commune évidence et qui s'est soldée à Copenhague par un échec retentissant que tout rendait prévisible – les impostures se sont en effet, au fil des mois, multipliées.

Imposture que d'affirmer – et sur quel ton! – qu'on peut prévoir, qu'on sait prévoir le climat qu'il fera dans un siècle. Idée sous-jacente: on aurait aujourd'hui démontré, et donc compris, les mécanismes de ce système ultra-complexe qu'on appelle “le climat”. Or,  à l'évidence, c'est faux. On sait, au contraire, que la méteo est imprévisible à plus de quatre jours et parfois moins. A fortiori, prétendre prévoir la météo moyenne sur dix ans relève de la pure illusion.


Imposture que d'affirmer que le changement climatique que l'on observe – sans savoir dans quel sens, finalement, il aura lieu – serait dû à un facteur unique: les teneurs en gaz carbonique de l'atmosphère. Les arguments cités à l'appui de cette thèse se sont révélés, petit à petit, faux. Exemple: la fameuse courbe en “crosse de hockey”, fruit de l'incapacité de quelques chercheurs à maîtriser certaines méthodes statistiques. Quel est le facteur dominant dans le changement climatique? On n'en sait rien, même si beaucoup d'observations accréditent l'idée que le Soleil joue un rôle majeur.


Imposture encore que l'attitude des mouvement politiques dits “écologiques” dont les leaders ignorent tout de la science et qui s'emparent des à-peu-près de quelques “scientifiques” pour tenter de justifier le coeur de leur projet électoral: l'organisation de la “décroissance” au profit des plus riches, aux dépens des plus pauvres (citoyens comme pays). Et tout cela avec des méthodes que l'on croyait disparues et que Nicolas Hulot a trahies ingénument en se confiant à La voix du Nord en 2007: “les bons sentiments ne suffisent plus, nous devons aller vers le coercitif”.


Imposture que de prétendre que les conséquences d'une augmentation de la température moyenne du globe (notion qui est elle-même, on l'a dit, une imposture) vont faire monter le niveau de la mer au point que Manhattan ou la Floride seraient déjà engloutis. Déjà, on décrit à l'envi ces “réfugiés climatiques” des îles du Pacifique, de l'océan Indien ou du Bangladesh alors que tous les phénomènes observés là-bas sont, en réalité, d'origine géologique.


Imposture aussi, et la moins grave: avoir fait croire au monde entier que le possible réchauffement climatique (dans un siècle!), c'était l'urgence planétaire. Or, les vraies urgences sont ailleurs, mais personne n'en parle: la faim dans le monde (un enfant meurt de faim toutes les six secondes), le dossier de l'eau (10.000 personnes meurent chaque jour faute d'eau potable) et, bien sûr, la pauvreté et le chômage qui minent dramatiquement l'assise de nos sociétés. Avoir mobilisé – comme – à Copenhague – les ressources financières de la planète et l'énergie des chefs d'Etat sur le climat, c'est – quelque part – effrayant ! Ce n'est pas tout: comment peut-on tolérer autour de ce problème un Climate change business qui a permis, par exemple, à la fameuse banque Lehman Brothers, via les “droits à polluer” ou l'empreinte carbone, de s'enrichir de plusieurs centaines de millions de dollars ? Au premier rang des bénéficiaires : Al Gore. Il est temps que chacun mesure le degré de spéculation et le business lucratif auquel a donné lieu le sommet de Kyoto.


Dernière imposture: avoir voulu utiliser la peur qu'inspire la crainte d'un supposé réchauffement pour essayer de contrôler le développement des pays émergents. Sur le thème : “Chinois, Indiens, Brésiliens et Africains veulent se développer comme nous. Il faut les en empêcher. Sinon, ils vont polluer NOTRE planète”. Comprendre: la planète des pays riches. A Copenhague, le mot d'ordre était donc: “Inventez, Messieurs, un nouveau mode de développement”. On leur a proposé des quotas, des inspecteurs, des interdicitons. Naturellement, les pays émergents ont dit non.


Il est temps que l'Europe se rende compte qu'elle n'est pas – ou plus – le phare de l'humanité. L'Europe a des entreprises de grande qualité et de grande valeur : arrêtons de les taxer unilatéralement. Que doit faire l'Europe? Tout simplement, être le moteur d'une écologie de progrès. Economiser l'énergie? Bien sûr, et cela veut dire oui au nucléaire de quatrième génération, oui au photovoltaïque, oui à la géothermie. Moins polluer la planète? Bien sûr, et cela veut dire oui à la séquestration du CO², oui aux OGM (pour éviter pesticides, insecticides et engrais), oui au recyclage des déchets, oui à la dépollution des océans, oui aux voitures électriques. L'avenir – notre avenir – tient en deux mots-clés: adaptation, innovation. Arrêtons de nous raconter des histoires. Ayons confiance. Non au repli frileux, oui au progrès, oui à l'Homme.

Iris Canderson 24/2/2010

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

1 613 vues

Tous les articles de Iris Canderson

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Climat unique-LI-DAC, Liens d'actualité, Petits arrangements médiatiques-Li-d-ac

 

Comments are closed. Please check back later.