La dérive du politiquement correct français

Cela fait des décennies que le dialogue existe et que tout a été fait pour amoindrir les blessures de la période coloniale et pourtant tout empire; Bush n’était qu’à six mois de son premier terme lorsque le 11 septembre eut lieu, et Israël, au même moment, avait tout tenté, avec le plan Barak-Clinton (Tabah), pour créer les conditions d’un processus de paix, Ben Laden ne mentionnait d’ailleurs même pas ce problème dans l’énumération de ses griefs à l’époque.

La dérive s'amplifie : le pli était déjà pris depuis mars 2003,mais là le P.C F (politiquement correct français) se lâche, empli de cette suffisance qui a créé précisément les conditions idéologiques d'acceptation du 11 septembre 2001 non pas comme déclaration de guerre, mais symptôme d'un mal être, la mondialisation. Ce qui implique automatiquement d'occulter, par un rétrécissement inouï de la perception, qu'Israël ou les USA ne sont en réalité que des prétextes pour un nationalisme raciste de type totalitaire qui veut prendre sa revanche. Comment ? En se portant maintenant à la tête du nouvel obscurantisme, depuis que celui du communisme est à l'agonie, et en utilisant comme cheval de Troie son revival altermondialiste pour le faire basculer de plus en plus en alterislamisme.

L'islam politique (pléonasme…mais cela rassure…) en est désormais l'avant-garde incontestable ; avec le nihilisme postmoderniste et déconstructionniste comme effigies paradoxales qui, via l'art con (temporain), ira par exemple détruire tout art possible de représentations, de critique constructive, et ce de façon similaire aux gestuelles talibanes et jacobines mettant en bas les statues de Bouddha, martelant les visages du Christ et de ses saints à coup de masse comme on peut le voir encore dans certaines Eglises et abbayes.

Dans la presse française solidement implantée, il ne reste guère que la revue Commentaire qui résiste encore à ce rouleau compresseur.

Pour combien de temps ?

Ainsi, qu'il s'agisse du dossier sur les "déserteurs " de l'armée américaine, ou du dossier sur le livre intitulé " L'OPA sur les juifs de France"en passant par l'attaque en dessous de la ceinture contre de Villiers effectué dans l'éditorial par FOG en personne, sans parler de la chronique de Claude Imbert brocardant au passage le caractère "calamiteux" de l'intervention américaine contre Saddam, il n'est question que de noircir le tableau, malgré quelques encadrés venant le nuancer, (pis que la presse démocrate américaine qui au moins reconnaît certaines avancées en Irak, tout en n’étant pas tendre avec les erreurs des conservateurs), mais qui servent en réalité d'alibi pour bien asseoir la trame de fond stipulant que sans le buscho-sionisme l'islam politique serait moins virulent, l'Iran plus cajolant, le Hamas plus conciliant, l'avenir de l'Irak moins angoissant.

Le fait que l'Irak de Saddam Hussein attendait la moindre occasion pour se comporter comme le fait aujourd'hui l'Iran, tout en massacrant et rackettant à qui mieux mieux, n'effleurent évidemment pas nos biens pensants. La mafia en Irak, ce grand pays « laïc»(soit disant), n’existerait que depuis l’arrivée américaine. De même que l’islam politique. Ou le massacre des shiites par certains sunnites. Ne parlons pas de la liberté kurde retrouvée, elle semble être inexistante pour Le Point, très féru, on le sait, en relations internationales.

De même, la révolution islamique iranienne n’a pas eu pour cause, principale, le règne du Shah et son soutien américain, mais rien n’y fera, et, tous les pays où règnent la misère souvent construite par la mal gouvernance locale, dont profitent certains prédateurs, ne sécrètent cependant pas des préposés aux martyrs piégés jusqu’à la moelle ; pourtant tout cela sera gommé, et le même discours lénifiant sera servi, en rajoutant même une louche, stipulant par exemple que l’Irak n’était pas ce repaire de « terroristes » maintenant devenu alors qu’il s’agissait d’un terrorisme d’Etat qui a engendré des centaines de milliers de morts.

L’intervention en Irak n’a fait que précipiter les choses qui étaient déjà mûres. Le chaos supposé est savamment entretenu par un potentiel de forces qui n’attendait que ce prétexte pour apparaître. Il ne fallait pas le leur donner rétorque-t-on, sauf que notre existence même comme exception démocratique pleine et entière, est un prétexte… De même Israël qui en donnant tous ses territoires, y compris ceux récupérés en 1948, ne trouverait pas grâce aux yeux de ceux-là mêmes qui n’ont rien dit lorsque les gouvernements gaullistes et/ou socialistes soutenaient et soutiennent encore les généraux algériens, Hussein, Arafat, c’est-à-dire cette corruption supposée être la seule cause de l’islamisme radical.

Si c’est vrai, comment se fait-il qu’ils n’aient rien dit ? Mais pourtant, tous ces théoriciens et journalistes sont à la tête de puissants médias, officines, Instituts, depuis les années 1960. Comment se fait-il que la réalité leur échappe encore plus et se retourne même contre eux en leur mordant la main qui la caressait pourtant dans le sens du poil ? Ne parlons pas de la « fabrique du crétin » qu’est devenu la dite Education Nationale, du feu CPE concocté à ce Sainte Hélène qu’est devenu l’Elysée-Mat (et l’on n’y danse même plus…).

Au lieu de s’en prendre donc à sa propre puissance, il faut un bush émissaire et ce sera le président du même nom et de Villiers en croquemitaine alors que tout a été fait pour muséifier la culture de l’autre en évitant de la critiquer pour ne pas la stigmatiser, ce qui est là le degré zéro de l’esprit critique pourtant au fondement de ce qui a fait aujourd’hui l’Humanité dans sa grandeur, et il faut dire, oui, qu'à ce compte là, la culture occidentale a obtenu de meilleurs résultats que l’islam tout court puisque celui-ci ne distingue pas Dieu de César. Se demander pourquoi, reconnaître ce fait, ne veut cependant pas dire que cette supériorité en matière de développement humain est programmée dans les gènes de telle ou telle ethnie (comme le croit l’extrême droite), mais qu’il existe des conditions nécessaires et suffisantes pour y arriver, et que ceci reste incontournable, qu’on le veuille ou non.

Que Le Point, veuille, lui aussi, casser le thermomètre, en allant encore plus loin dans le sens qui nous a pourtant amené au pire, libre à lui, mais c'est seulement renouer avec l'adage bien connu : la pensée française était au bord du précipice, aujourd'hui, grâce au Point, elle vient de faire un grand bon en avant (dirait Mao).

27 avril 2006

Lionel Castériou 27/1/2017

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