L’abaissement de la France

    Monsieur le président de la République,
    Messieurs les membres du Gouvernement,
    Messieurs les membres du Parlement,
 
    je ne doute pas un instant que vos travaux d'intérêt national dont, tout naturellement, l'accomplissement revêt une importance fondamentale pour les Français, ne vous laissent guère le loisir de vous pencher sur l'état réel de notre pays.
 
    Aussi, ne prenez pas en mauvaise part ma façon quelque peu directe, je le reconnais bien volontiers, de vous interpeller par l'intermédiaire d'Yves de KERDREL sur la question de savoir où va la France. Car l'heure est venue, selon moi, de dire les choses sans fard.
 
    Yves de KERDREL : "La croissance potentielle française, estimée par le Trésor pour les quarante prochaines années, ne dépasse pas 1,7% dans le meilleur des cas, quand la planète économique va continuer à tourner à une vitesse d'au moins 4%, grâce aux pays "submergents".*
 
    Après cette mise en bouche salutaire, M. de KERDREL, excellent chroniqueur économique du mardi au grand quotidien du matin, Le Figaro, poursuit son analyse en direction de vos Excellences en ces termes :
 
    "Face à ce constat simple, soit on se donne les atouts pour libérer la croissance potentielle, desserrer les mailles absurdes qui réduisent l'esprit d'initiative et tenter de conserver un peu de notre place sur l'échiquier mondial. Soit on taxe les banques, comme on voulait taxer les industriels en prétextant de la pollution et comme on a taxé pendant trente ans l'investissement. Et dans ce cas, il faut se préparer à jouer dans une autre cour de récréation que celle du G20".*
 
    En 2011, justement, Nicolas SARKOZY doit présider la cession du G20 au plus haut niveau des chefs d'Etat et de gouvernement : mais la France, après la Grèce, le Portugal et l'Espagne, sera-t-elle encore en position de pouvoir tenir son rang ?
 
    Car la situation intérieure de notre pays se révèle de jour en jour plus préoccupante que jamais avec, en particulier, un recours quasi-convulsif à la dette publique qui ne laisse pas, désormais, d'inquiéter le plus placide des Français.
 
    Je ne crois donc vraiment pas que la solution à nos petits et grands malheurs puisse seulement tenir, avec notre Etat providence en voie accélérée de banqueroute, dans une posture de tiroir caisse au son de plus en plus creux !
 
    D'ailleurs, comme un fait exprès, l'Elysée en manque de sommet social salvateur vient tout juste de confirmer que les dirigeants des organisations syndicales seront reçus, le 10 mai prochain, par le chef de l'Etat :
 
    Je cite le communiqué : "Cette réunion sera l'occasion d'un examen des questions économiques, industrielles et d'emploi afin de dresser un bilan partagé des mesures prises face à la crise et des suites qu'il convient de leur réserver".
 
    Hélas, il n'y a sans doute qu'en France que les questions économiques, industrielles et d'emploi sont traitées à l'arrière plutôt qu'en première ligne où se battent, face à une concurrence mondiale des plus féroces, les soutiers de la République !
 
 
    * Yves de KERDREL : "Taxer les banques, c'est tuer la croissance", Le Figaro (pages Débats/ Opinions) du mardi 27 avril 2010.

Librement !
Philippe (Sully) ROBERT
Membre du Parti Libéral Démocrate
http://sully1.typepad.com & http://cozop.com/sully1/
02400 FRANCE

Philippe Robert 28/4/2010

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