Dette de la nation et de l’Etat

 

Blog de Jean-Pierre CHEVALLIER : " La plupart des gens confondent dette de la nation et dette de l’Etat

L’Etat grec est surendetté (115 % du PIB), mais ce n’est pas le plus grave car le dépassement par rapport aux normes (60 %) est encore supportable.

Si les taux grecs sont si élevés, ce n’est pas à cause du déficit de l’Etat, mais c’est à cause des déficits accumulés de la balance des transactions courantes (balance commerciale et des capitaux).

Le plus grave, ce sont les dettes de la nation par rapport à l’étranger qui sont… considérables : elles fluctuaient autour de 200 milliards d’euros (en valeur comptable), 80 % du PIB, au cours de ces dernières années et la situation réelle (en juste valeur de marché) s’est considérablement dégradée au cours de ces derniers mois (avec des sorties massives de capitaux anticipant la débâcle) alors qu’elle devrait être proche de l’équilibre.

La Banque de Grèce ne publie pas la dette nette de la Grèce en valeur de marché fin 2009 ni actuellement. Elle doit être considérable (400 milliards d’euros ?), irrattrapable.

Pour comprendre ces problèmes, il suffit de prendre l’exemple du Japon…

La dette de l’Etat japonais est encore beaucoup plus élevée que celle de la Grèce : 200 % du PIB ! mais les réserves en devises se montent à plus de 1 000 milliards de dollars, ce qui signifie que les réserves de la Banque du Japon permettront toujours de payer les créanciers, en particulier les détenteurs de bons du Trésor japonais.

En effet, les entreprises japonaises (Toyota, Sony, etc.) font entrer des devises fortes dans les caisses de la BoJ (la balance commerciale est fortement excédentaire), ce qui n’est pas le cas de la Grèce qui a, tous comptes faits, des dettes dans ses comptes finals (situation ou position nette) car les entreprises grecques ont une productivité faible, très faible, surtout par rapport aux entreprises allemandes qui exportent dans le monde entier des usines et des machines.

La Grèce devrait rembourser des centaines de milliards d’euros dans les années à venir pour redresser ses comptes (en exportant des biens et services comme le font les entreprises allemandes grâce à un très haut niveau de productivité), ce qui est impossible, irréaliste.

Si l’Etat grec reçoit une aide de 45 milliards d’euros actuellement, 120 milliards en 2 ou 3 ans, ces sommes ne seront effectivement jamais remboursées, Hans-Werner Sinn, le président de l’Ifo, a parfaitement raison de le préciser.

Tout est simple

*

Quelques petits rappels…

Ces cochons de pays du Club Med sont tous dans la même situation, avec, dans l’ordre, du pire des cancres au moins nul (en considération des rendements des bons à 10 ans de leur Trésor) : Grèce (10 %), Portugal (5,82 %), Espagne (4,17 %), Italie (4,08), France (3,34 %) contre un Bund à moins de 3 %, et la situation se dégrade de jour en jour.

Les bons à 10 ans du Trésor des pays de la zone euro sont des quasi-monnaies. L’écart, en pourcentage, de leurs rendements par rapport à celui du Bund donne le taux de dévaluation potentiel de ces monnaies par rapport à la monnaie de référence : l’ersatz de Deutschemark. Il était hier 28 avril de 36 % pour l’Italie et de 11,5 % pour la France.

Les Etats-Unis et la Canada ont beaucoup de points communs (plus que les pays de l’UE) mais leurs dirigeants n’ont jamais voulu adopter une monnaie unique qui aurait été suicidaire, ce qu’ont fait les malheureux euro-zonards.

Le job de Joe le plombier, ce sont les tuyaux et les soudures, ce n’est pas la surveillance des comptes de la banque centrale. Le job des patrons des banques centrales était de résoudre au mieux ces problèmes monétaristes. Jean-Claude Le Tricheur et compagnie portent une très lourde responsabilité, historique : ils sont les principaux responsables de la chute de l’Europe au XXI° siècle. Elle fait moins de morts que le socialisme nationaliste allemand au XX° siècle, mais les victimes sont plus nombreuses. De toute façon, les adversaires du capitalisme libéral ont toujours tort.

En France, tout le monde est d’accord pour aider la Grèce (tous les partis et ces veaux de Français comme le disait le général de Gaulle) alors que les Allemands (les électeurs qui sont aussi des contribuables avisés) et un certain nombre de personnalités y sont fermement opposés. L’écart entre la France et l’Allemagne est considérable, surtout dans la culture économique.

La connaissance de ces problèmes monétaristes alimente la spéculation gagnante, cf. mes billets précédents et… mes offres d’investissements en valeurs cotées aux Etats-Unis, ce qui permet de sortir un pied de la zone euro".

http://www.jpchevallier.com/

Jean-Pierre CHEVALLIER 29/4/2010

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