Altermondialisation ou Mouvement Néo-Moderne ? (1)

La première mesure vraisemblable de M. Bové sera de réduire drastiquement les subventions favorisant les exportations agricoles des grands groupes agroalimentaires et dont les surplus concurrencent les productions locales du Sud. Tandis qu’une loi imposera fortement les supermarchés.

La première mesure de madame ou monsieur le Président du M.N.M (Mouvement Néo-Moderne) consistera également à supprimer ce type de subventions anti-économiques par excellence. Mais pour ce faire la France rencontrera tout d’abord le G 22 et en particulier l’actuel président brésilien pour négocier les termes d’un futur accord qu’il s’agira ensuite de défendre auprès de l’Union Européenne.

De plus, cela ne se fera pas avant d’établir un échéancier avec les sociétés concernées pour échafauder ensemble les moyens de ne pas léser d’une part les salariés, et, d’autre part, pour faire en sorte qu’autre chose soit prévue pour compenser. Par exemple le fait que ces groupes travaillent avec les grandes organisations internationales de lutte contre la faim et la pauvreté pour créer des joints ventures à même d’aider au développement, en priorité les pays voulant se doter de structures politiques et financières indépendantes des pouvoirs mafieux.

La politique M.N.M consistera également à revoir tout le circuit allant du producteur au consommateur en faisant en sorte que ni l’un ni l’autre ne soit lésé par les dumping et autres ententes illicites. La recherche en OGM sera protégée afin de pouvoir enfin statuer définitivement sur ce point via un référendum. Il en sera de même pour les bio-technologies.

La seconde mesure de M. Bové sera sans doute d’augmenter fortement le prix de l’essence (comme l’avait fait le feu gouvernement Raffarin pour le tabac) pour, d’une part, favoriser les transports en commun, et, d’autre part, trouver de l’argent pour renflouer la Sécurité Sociale.

La seconde mesure M.N.M ouvrira le capital de la SNCF et des transports locaux pour que d’autres acteurs puissent injecter de l’argent frais afin de développer le ferroutage, et les déplacements collectifs urbains. Pour ce faire, il sera négocié avec les syndicats patronaux et les collectivités locales qu’une part de la taxe professionnelle soit consacrée au remboursement intégral de la carte orange.

Par ailleurs, il s’agira de moderniser les relations sociales au sein des entreprises de transport afin que leurs salariés soient parties prenantes de cette volonté générale. Enfin, la limitation de vitesse sur autoroute sera augmentée comme en Italie à 150 km à l’heure avec une tolérance de 20 km pour les dépassements afin d’inciter à prendre plutôt l’autoroute que la nationale ou la départementale sur lesquelles proviennent 95% des accidents, mais, en retour, la signalisation sera renforcée afin de signaler plus encore les zones obligatoires de ralentissement.

La troisième mesure de M. Bové consistera à taxer lourdement les grandes entreprises, en particulier américaines, afin que l’argent renfloue les caisses de l’Etat et, toujours, celles de la Sécurité Sociale, mais aussi celles des retraites. Les budgets de la défense et de la police seront dans ce cas considérablement réduits. L’impôt sur la fortune sera triplé, les impôts sur les salaires au-dessus de trois fois le smic seront doublés, du moins dans un premier temps, avant l’égalisation des revenus qui permettra enfin à un journaliste, voire à un directeur de quotidien parisien, (surtout de gauche), de gagner autant qu’un manutentionnaire, ou un paysan modeste.

L
a troisième mesure M.N.M consistera, elle, à baisser considérablement la taxation des entreprises, en particulier celle des petites et des moyennes, afin qu’elles puissent investir dans de nouveaux équipements, dans la recherche, dans la formation et puissent ainsi être prêtes à embaucher à terme. Plus vite les entreprises feront des bénéfices grâce à cette croissance en interne retrouvée (car tout ne peut pas provenir de la reprise américaine et de l’extension du commerce international), plus vite l’argent imposable rentrera pour financer les programmes d’intérêt commun comme la Justice, l’Equipement, la Recherche, la Sécurité publique et militaire.

La compensation pour le budget de l’Etat sera effectuée en ouvrant le capital de toutes les entreprises et institutions encore publiques y compris les hôpitaux et l’éducation nationale. Ce qui veut dire par exemple pour ces deux dernières structures que l’Etat les rend autonomes afin qu’elles puissent trouver l’argent nécessaire en vue d’atteindre leurs propres objectifs, tout en leur signifiant qu’elles ont un rôle de service public à maintenir, un rôle, soit dit en passant, qui peut être également rempli par une structure privée.

Ainsi, il ne sera pas contradictoire de mettre au point des diplômes performants et de veiller à ce que l’enseignement du grec ancien et de la littérature généraliste en langues étrangères soient maintenus, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. Or, il n’est pas possible de supprimer ainsi les petites universités, les départements généralistes, ou, en matière de santé, les petites unités, sous le prétexte d’économie car cela revient en fait à reconcentrer ce qui était censé devenir décentralisé ! Il est donc préférable de laisser aux structures concernées le soin de trouver les joints ventures à même de les aider à se développer. Le rôle de la Puissance Publique étant de superviser a posteriori si les cahiers de charges relatifs au Service Public auront bien été remplis. La Cour des Comptes aura droit de poursuite afin de bien introduire cette idée de séparation effective des pouvoirs.

Quant à la Sécurité Sociale et aux diverses protections, le salarié aura libre choix de souscrire, à la condition néanmoins qu’il le fasse effectivement et que les entreprises concernées souscrivent au cahier des charges qu’une institution indépendante aura pour fonction d’évaluer en permanence. Un tiers de la charge patronale sera transféré sur le salaire, un autre tiers sera alloué au Fond de Solidarité Retraite, le dernier tiers sera supprimé.

La transition ne se fera évidemment pas d’un coup. Le gouvernement M.N.M fera en sorte que l’actuelle Sécurité Sociale et les diverses assurances et mutuelles s’arrangent pour le mieux, d’une part, et, d’autre part, et bien qu’elles soient concurrentes sur le marché national, qu’elles puissent s’allier à l’international afin que la France puisse exporter son savoir faire en la matière. Il s’agira d’augmenter la masse critique et les réductions d’échelle afin que la santé, mais aussi la relaxation, les thérapies douces, etc, deviennent des valeurs à l’exportation, et, aussi, qu’elles attirent un nouveau type de tourisme au sein de toutes petites unités disséminées sur ce territoire français que le monde entier nous envie.

La quatrième mesure de M. Bové, sous les conseils de sa première ministre madame Buffet et de son ministre des affaires étrangères monsieur Besancenot, sera d’étendre la démocratie au sein de toutes les structures publiques et privées, ce qui impliquera à terme la disparition des hiérarchies, des cadres, des directions. Toute entreprise, qu’il s’agisse de la presse, de la production de petits pois (bio), de vêtements, de films, toute institution (y compris les prisons) sera la propriété des « citoyens » qui se mettront d’accord pour l’autogestion des tâches. Il faudra bien sûr dans ce cas sortir de l’Europe, dénoncer toutes les signatures juridiques antérieures, puisque sans cela l’atteinte à la propriété ne pourra pas être promulguée du point de vue du Droit international. Le droit à ne pas travailler sera rendu effectif par le biais d’un revenu équivalent aux deux tiers du smic (augmenté quant à lui du double). Ainsi travailleront seuls ceux qui le désirent.

La quatrième mesure M.N.M consistera à encourager la gouvernance d’entreprise de telle sorte que la participation des salariés soit accentuée, et ce y compris au niveau stratégique, du moins en proportion à leur engagement financier. Par ailleurs, la dynamique d’entreprise et surtout celle de sa hiérarchie doit être revisitée à la lumière de la nouvelle architecture informatique qui rend déjà bien plus souple les feedbacks sans passer par les échelons intermédiaires. Ainsi les divers services seront incités à prendre de plus en plus d’initiative. La formation, permanente, sera renforcée, et, le cas échéant, effectuée dans le cadre des heures de travail. La limitation de celles-ci sera rendue libre. En même temps, les Prudhommes se verront renforcées, de même que les Inspections du travail, du moins dans certaines limites, en particulier en direction des métiers pénibles et des métiers de nuit. Le gouvernement, (par le biais d’un Commissariat à l’Innovation), incitera, par diverses mesures fiscales, les entreprises capables d’innovation, effective, en la matière.

La cinquième mesure de M. Bové et de son gouvernement issu du Mouvement Social, aura pour objet d’appeler à la suppression de toutes les instances internationales comme l’OMC, la Banque Mondiale, et, bien entendu, voire en priorité, le FMI. Comme la France sera entre temps sortie de l’Europe (du fait de la « transformation » du droit de propriété en « propriété sociale »), il lui sera aisé de s’en retirer, et d’appeler en même temps à la constitution d’une instance mondiale associée à l’ONU dans laquelle la législation d’un « autre monde » sera élaborée. Par ailleurs, il sera sommé aux USA, au Royaume Uni, et en fait à tous les pays soutenant la dite Coalition en Irak de quitter ce pays sous peine de voir fermer leurs ambassades en France. Des collectes et des manifestations monstres seront organisées (au moins une fois par mois) pour aider le valeureux peuple irakien, mais aussi le peuple palestinien. L’Iran, le Vénézuéla et le Zimbabwe deviendront les meilleurs amis de la France.

En effet, concernant le Proche Orient, le Président de la République José Bové recevra le Hamas à l’Elysée et lui annoncera la rupture des relations diplomatiques avec Israël tant que celui-ci n’aura pas évacué tous les territoires occupés.

La cinquième mesure M.N.M consistera à proposer son aide en Irak selon les besoins du nouveau gouvernement irakien, et le gouvernement recevra, de sa propre initiative, toutes les parties prenantes du conflit israélo-palestinien pour observer si sa diplomatie peut apporter quelque chose de plus. La France révisera sa politique africaine et celle qui lui tient lieu de francophonie. Le fait qu’Israël en soit par exemple toujours exclu sera par exemple vécu comme un casus belli qui peut voir la France quitter, s’il y a lieu, tout organisme s’y référant. Concernant l’Iran, la France soutiendra les mouvements d’opposition et rompra ses relations diplomatiques tant que ce pays émettra des propos belliqueux. Il va de soi qu’en cas de dotation d’un équipement nucléaire militaire et de son utilisation comme chantage la France proposera un boycott général des avoirs iraniens et sa surveillance satellitaire renforcée avec déploiement de batteries patriotes, de façon identique au déploiement des Pershings devant les SS-20 soviétiques en 1981.

Le MNM écrira un nouveau projet de Constitution européenne tout en insistant sur un point : le fait que soient bien délimités les pouvoirs des États et ceux des régions en matière de régulation a posteriori. Ainsi les assemblées régionales veilleront à la péréquation de leurs avoirs financiers, ce qui impliquera qu’elles fassent attention les unes aux autres, par exemple dans le cadre d’un Pacte de développement ; tandis que les assemblées nationales se chargeront, d’une part, d’observer si tout y est conforme, et, d’autre part, de devenir une espèce de Sénat européen contrebalançant le pouvoir parlementaire issu directement des urnes afin que les peuples d’Europe n’aient pas l’impression que l’on agisse derrière leur dos.

Il s’agira également de renforcer et de réformer les instances internationales afin qu’elles soient de plus en plus à même d’aider réellement les pays en développement et non pas seulement leurs équipes au pouvoir. Un certain nombre de critères objectifs (qui ne seront pas tous comptables) permettront de valider si le degré de démocratisation est suffisant pour que la Communauté Internationale ne fasse pas seulement qu’aider à la survie, mais participe, réellement, à la construction qualitative de la modernité. C’est-à-dire le fait que les libertés de penser et d’entreprendre, dans le respect de soi et d’autrui, puissent voir le jour au sein d’institutions indépendantes permettant d’accompagner le développement et d’orienter les volontés de puissance plutôt vers l’affinement que vers la conservation négative de soi, (ce qui explique le terme « néo » accolé à « modernité »).
Car l’objectif du M.N.M consistera toujours à concilier justice et justesse, ayant comme suprême objectif le fait d’élever la France vers la place qui lui sied : aller toujours plus en avant vers la Lumière. Puisqu’il ne suffit pas de s’affranchir ; il s’agit aussi de franchir les étapes menant non plus seulement vers la croissance (ou la Modernité), mais aussi et surtout vers un plus de signification humaine, et donc un plus de qualité d’être, ou la Néo-Modernité. C’est-à-dire un Mouvement qui s’approprie le meilleur de la Tradition et le meilleur de la nouveauté issue des années 60, pour faire en sorte que la notion de développement s’étire de l’émancipation vers l’affinement.

P.S :

Pour adhérer au M.N.M, il suffit de laisser vos coordonnées à l’adresse suivante : mouvement.neomoderne@free.fr

Pour adhérer à l’altermondialisme, Internet vous pourvoira amplement en adresses diverses et variées…

A suivre…

Lucien SA Oulahbib 31/5/2006

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