Olmert refuse toujours de comprendre

« Il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre »


Depuis qu’il a remplacé le précédent Premier Ministre Ariel Sharon à son poste en décembre dernier, Ehud Olmert a refusé d’autoriser une incursion à large échelle de Tsahal dans la bande de Gaza. Les centaines de roquettes, de mortiers et des missiles qui ont transformé en otages la population et l’économie du Negev occidental du fait des bandes de lanceurs de roquettes palestiniens ne sont pas parvenus à le faire changer d’avis sur son refus de faire la guerre à l’ennemi. En effet, il a ignoré depuis des mois les appels des résidents de Sderot, et a déclaré que le feu de l’artillerie de Tsahal sur des champs vides, et les bombardements aériens de terroristes en route pour lancer des roquettes sur Israël étaient suffisants.

Le fait que les capacités de collecte de renseignements à Gaza par Israël aient été gravement amoindries à la suite du retrait de l’été dernier, le fait que les commandants en chef de Tsahal reconnaissent que davantage d’armement a pénétré à Gaza dans les dix mois passés que durant les 38 dernières années, n’ont fait aucune impression. Des rapports répétés de magasin ouvert par al Qaïda à Gaza, et sur des Gardes révolutionnaires iraniens entraînant des membres du Fatah et du Hamas dans les communautés israéliennes détruites, ont été écartés comme sans importance, hors sujet, et insignifiants.

Olmert a refusé d’envoyer des forces à Gaza pour faire face à la transformation de Gaza en une menace stratégique contre Israël, parce que ce faisant, cela impliquerait de reconnaître que son plan de retraite de Judée, de Samarie, et de quartiers de Jérusalem transformerait Tel Aviv, Jérusalem, Hadera, Afula, et Be’ersheva en communautés sur la ligne de front. Il a refusé d’envoyer des forces à Gaza parce que ce faisant, il serait démontré qu’Israël ne peut pas défendre ses villes depuis leur périphérie.

Olmert a refusé d’envoyer des forces à Gaza parce que cela impliquerait la reconnaissance qu’Israël est en guerre, et que cette guerre ne peut être ignorée en construisant des murs, ou en suscitant la haine du public [israélien, ndt] contre les résidents de Judée et de Samarie.

Il a refusé d’envoyer des forces à Gaza parce que agir ainsi équivaudrait à admettre que tous les territoires abandonnés par Tsahal ont été livrés aux ennemis d’Israël.

Il a refusé d’envoyer de forces à Gaza pour une action concertée contre les chefs terroristes palestiniens parce que, comme l’a montré le désagréable reproche que Israël a enduré jeudi, de la part de la Secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et de ses collègues du G8, la communauté internationale considère les opérations antiterroristes israéliennes à la suite du retrait de Gaza comme pas plus légitimes que ses opérations antiterroristes avant le retrait.
Ainsi, est-ce que le fait qu’Olmert ait finalement autorisé cette semaine les forces à entrer de nouveau dans Gaza signifie qu’il a désormais compris ? Est-ce que la décision d’Olmert d’arrêter les parlementaires et les ministres du gouvernement Hamas en Judée et en Samarie malgré les objections de Condi signifient qu’il a accepté que Israël doive neutraliser la capacité de ses ennemis à détruire son territoire, ses forces et ses citoyens ?

Le fait qu’Olmert ait ordonné aux avions des Forces Aériennes d’Israël de survoler le palais du dictateur syrien Bashar Assad signifie-t-il qu’il comprend que la guerre menée contre Israël fait partie du jihad mondial ?

Malheureusement, un regard attentif aux mesures antiterroristes montre clairement que non, malgré les gémissements du corps international de la presse, et des jérémiades du Département d’Etat, et de ses équivalents européens et russes, en fait, Olmert continue de refuser de comprendre.

Olmert et ses associés au gouvernement ont pointé le doigt pour le blâmer le Hamas, pour l’attaque de guérilla palestinienne contre le territoire israélien dimanche matin tout en ignorant la part égal de culpabilité des groupes terroristes du Fatah de Mahmoud Abbas. C’était le Fatah, et pas le Hamas qui a kidnappé et assassiné Elyahou Asheri, âgé de 18 ans. C’est le Fatah qui menace de faire exploser des ambassades israéliennes à l’étranger. C’est le Fatah qui menace de reprendre des attaques de tirs sur Jérusalem, et d’attaquer Israël avec des armes chimiques et biologiques. C’est le Fatah qui menace d’assassiner le caporal Gilad Shalit, pris en otage.

Alors que le directeur du Shin Bet Youval Diskin préparait la liste des chefs du Hamas que les forces de Tsahal on arrêtés en Judée et en Samarie dans la nuit de mercredi, Abbas a finalisé son accord avec le Premier Ministre du Hamas Ismaïl Hanyeh, pour la formation d’un gouvernement d’union Hamas-Fatah. Abbas et Hanyeh se sont non seulement mis d’accord pour former un gouvernement d’union, ils se sont aussi accordés pour que le Hamas devienne un membre de l’OLP. En dehors de cela, Ils se sont mis d’accord pour réaliser une force unifiée pour combattre ensemble contre Israël. Voilà comment, cette semaine, alors que Israël pointait ses fusils sur le seul Hamas, Abbas est parvenu à unifier efficacement le Hamas avec le Fatah.

Plutôt que de faire face à ce développement, Olmert et ses collègues ont choisi de l’ignorer. Et cela prend du sens bien sûr. Reconnaître que le Fatah et le Hamas sont également en guerre contre Israël signifierait que Israël ne dispose pas de l’option d’offrir la Judée, la Samarie, et des quartiers de Jérusalem à aucun de ces groupes.

La décision d’Olmert de blâmer la Syrie pour l’attaque sur Kerem Shalom est tout autant problématique. Oui, il est vrai que les ordres des opérations majeurs du Hamas, (comme celles du Fatah et du jihad islamique), proviennent de Syrie et de Téhéran. Le fait que le gouvernement reconnaisse que la guerre menée contre Israël n’est pas simplement une dispute entre Palestiniens et Israéliens sur la partition de la partie occidentale de la Terre d’Israël est à cet égard bienvenu. Malheureusement, la reconnaissance par le gouvernement du commandement depuis l’étranger de la guerre palestinienne contre Israël est utilisée non pas comme une justification pour se battre, mais comme une justification à ne pas combattre.

Olmert a utilisé le rôle de la Syrie dans les ordres d’attaques contre Israël comme une manière de mettre hors de cause les terroristes en chef locaux Abbas et Hanyeh. Plutôt que de reconnaître qu’ils sont tous les deux subordonnés et partisans de la stratégie de la guerre terroriste de Damas et de Téhéran contre Israël, Olmert et ses associés utilisent les éléments étrangers à la guerre comme une façon de dire que les Palestiniens ne sont pas responsables, même si ce sont eux qui réalisent les opérations sur le terrain.

En ce qui concerne l’opération présente de Tsahal à Gaza, il est bien clair que quels que soient les réussites que Tsahal pourra obtenir dans les quelques jours à venir, Olmert appellera à une retraite plutôt que de permettre que ces réussites tactiques se traduisent par un environnement stratégique meilleur pour Israël. Olmert, dont le but prioritaire en tant que Premier Ministre est de rejouer vingt fois en Judée, en Samarie et à Jérusalem, l’échec du retrait de Gaza, ne peut permettre au public israélien de voir la preuve, sur ses écrans de télévision, nuit après nuit, que le retrait a été un échec abyssal. Le reportage que le public israélien a vu chaque nuit depuis dimanche leur démontre avec une absolue clarté que le pays était plus en sécurité quand les communautés israéliennes séparant Gaza d’Ashkelon, et de l’Egypte se maintenaient, et quand Tsahal était déployé Gaza pour protéger le Sud d’Israël et préserver le calme à la frontière avec l’Egypte.

Pour rendre ce point tout à fait clair, cette semaine, Olmert et le ministre de la défense Amir Peretz ont ouvert la voie pour que de nouvelles images soient vues sur les écrans de télévision la semaine prochaine. Au beau milieu du tremblement de terre militaire dans le Sud, les deux hommes ont répété leur intention de détruire quatre communautés en Judée et en Samarie la semaine prochaine. Ce qu’ils refusent de reconnaître, c’est que agir ainsi pourrait rendre le public perplexe pendant un temps sur qui son réel ennemi, alors que le reportage de leur opération planifiée détruira d’un seul coup en piqué toutes les réussites que Tsahal pourra recueillir cette semaine à Gaza. Des images de la police israélienne et des forces militaires chassant de force des Israéliens de leurs foyers prouveront aux Palestiniens – encore une fois – que leur espoir de détruire Israël grâce au jihad est bien fondé.

Quand on compare la direction d’Olmert dans la crise actuelle avec la direction de l’opération défensive  » bouclier de protection  » du précédent Premier Ministre Ariel Sharon en avril 2002, le fait que cette opération n’est pas sérieuse devient parfaitement clair. Le 29 mars 2002, Sharon annonça la décision du cabinet qui précipita l’opération  » bouclier défensif « . Selon ses termes :  » Israël agira pour vaincre l’infrastructure terroriste – toutes ses composantes et ses facettes « . Il annonça ensuite que Yasser Arafat  » est l’ennemi « .

La raison pour laquelle « Bouclier défensif » fut un succès n’est pas due à ce que, après elle, l’infrastructure terroriste en Judée et en Samarie fut détruite. En effet, peu après on conclut officiellement qu’il y avait un attentat suicide à la bombe à Rishon Letzion. De fait, le terrorisme n’a jamais été réellement stoppé.  » Bouclier défensif  » a été un succès parce qu’il a posé les conditions pour que les Palestiniens ne puissent plus mener une offensive terroriste efficace depuis la Judée et la Samarie. Pendant  » Bouclier défensif « , Tsahal a réévalué ses contrôles de sécurité sur les villes et villages palestiniens dans ces zones, un contrôle qu’il n’avait pas abandonné.

Parce que Tsahal garde le contrôle de la zone, en Judée et en Samarie, plutôt que d’être obligé de tuer des terroristes par voie aérienne, comme cela est fait à Gaza où il n’a jamais réévalué son contrôle, chaque nuit, des forces de Tsahal vont dans les maisons des terroristes et les arrêtent dans leur lit sans dommage collatéral. Et chaque jour, du fait que Tsahal en a la responsabilité, il peut améliorer ses capacités de renseignement. Ces meilleures capacités rendent à leur tour possible les raids nocturnes silencieux qui permettent de préserver la sécurité des Israéliens dans leur lit.
Mais alors que le but de « Bouclier défensif » était de « vaincre l’infrastructure terroriste », l’opération en cours à Gaza, « Pluies d’été » s’est donné pour but le retour du caporal Shalit en Israël. Olmert et Peretz espèrent d’une certaine manière convaincre le Hamas et le Fatah et leurs patrons à Damas et Téhéran qu’ils feraient mieux de  » cracher  » Shalit. Ils sont supposés croire cela même si Israël a fait savoir clairement qu’il ne restera pas à Gaza et sa décision arrêtée – quel que soit le résultat de  » pluies d’été – de leur donner la Judée, la Samarie et des quartiers de Jérusalem.

Lundi, le chef du Meretz [extrême gauche, ndt], le député Yossi Beilin a déclaré à Olmert que son parti, comme les partis arabes, ne soutiendra pas le plan d’Olmert de garder le contrôle de quelques 5 à 10 % de la Judée et de la Samarie sur le long terme. Deux semaines auparavant, Beilin a rencontré la commissaire européenne aux relations extérieures de l’UE, Benito Ferrero-Waldner, et obtint de sa part un rejet clair de l’UE au plan d’Olmert de fixer les frontières d’Israël. Beilin déclara au ‘Jerusalem Post’ que Israël doit restituer toutes les communautés israéliennes aux Palestiniens et signer un accord avec Abbas à cette fin, même si Abbas est incapable ou non désireux de respecter tout engagement à combattre le terrorisme.

En délimitant cette position, Beilin répète ses actes avec le Premier Ministre d’alors, Ehud Barak après l’éruption de la guerre terroriste palestinienne en septembre 2000. Beilin, qui était ministre de la justice dans le gouvernement de Barak, s’aperçut que Barak avait perdu toute crédibilité en matière de sécurité avec l’échec de ses pourparlers de paix, et son incapacité à agir efficacement contre l’offensive terroriste palestinienne. Beilin comprit que ce que Barak craignait le plus, c’était la chute de son gouvernement et de nouvelles élections. De ce fait, Beilin fut en mesure de forcer Barak d’adopter des positions encore plus accommodantes que celles proposées à camp David en juillet 2000. Beilin convainquit Barak de donner son accord au transfert du Mont du temple et de la vallée du Jourdain à l’OLP.

Olmert, comme Barak, a été porté au pouvoir à la tête d’une coalition de gauche. Si Olmert perd cette base de soutien, son gouvernement pourrait facilement tomber. A la lumière de ceci, et du fait qu’à travers ses actions et inactions, Olmert a fait savoir clairement qu’il ne veut pas reconsidérer sa politique de reddition de la Judée, de la Samarie, et de quartiers de Jérusalem, il est difficile de croire que sa décision d’approuver les opérations de Tsahal à Gaza, et l’arrestation des chefs du Hamas, provoquera la moindre amélioration sur la situation sécuritaire d’Israël. En bref, la nature limitée des ces opérations de Tsahal cette semaine montre clairement qu’Olmert refuse de comprendre.

Caroline B. Glick

Sentinelle 5769 1/7/2006

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